Antidote à la grisaille et à la pluie…

PelourinhoBahiaBrazil_01_mVu, hier, un reportage sur la perle Salvador de Bahia où vécut Jorge Amado – « Trop baroque, trop sensuel, trop exotique, trop folklorique » – , et où se déroule nombre de ses romans ( ajouter Itabuna, sa ville de naissance, et Ilheus, où il vécut aussi, capitale du cacao ).Vous pouvez lire, si comme moi vous aimez cet écrivain, cet article .

Le groupe Olodum, que vous pouvez écouter et voir dans ces vidéos, est né dans le cœur de Bahia en 1979, dans le quartier du Pelourinho, dépeint par Amado à maintes reprises. Dans « Dona Flor et ses deux maris », la belle et charmante Dona Flor, cuisinière émérite de renom endure l’infidélité de son époux adoré Vadinho, jusqu’à sa mort : « Si beau et si mâle, si expert dans le plaisir ! Une fois de plus les larmes envahirent les yeux de la jeune veuve. Elle essaya de ne pas penser à ce qu’elle se remémorait malgré elle et qui n’était pas convenable pour un jour de veillée funèbre. »

500x375_traditional_bahia_street_kitchen_salvador_da_bahia_brasil_mLisez ce livre savoureux à tous points de vue! Et comme rien n’a changé au Pelourinho – le quartier reste plein de « vauriens », mais surtout de miséreux et d’enfants perdus – des personnes  à l’esprit amadoïen ( oui, je dirais ça, je me permets un néologisme, et voilà ! ) ont créé Olodum, pour lutter contre les discriminations raciales et sociales, dont vous pouvez tout apprendre sur ce site.

Michael Jackson ou Paul Simon ont joué avec ce groupe…Regardez, écoutez, et réchauffez-vous au soleil de Salvador de Bahia  !

Et surtout :  lisez le grand Jorge…

« Je ne suis pas né pour être célèbre ni illustre, je ne me mesure pas à cette aune, je ne me suis jamais senti un écrivain important, un grand homme : juste un écrivain et un homme. Enfant grapunia — des terres du cacao –, citoyen de la ville pauvre de Bahia, où que je me trouve je ne suis qu’un simple Brésilien marchant dans la rue, vivant. Je suis né coiffé, la vie a été prodigue avec moi, elle m’a donné plus que je n’ai demandé et mérité. Je ne veux pas dresser un monument ni poser pour l’Histoire en chevauchant la gloire. Quelle gloire ? Pff ! Je veux seulement conter quelques histoires, certaines drôles, d’autres mélancoliques, comme la vie. La vie, ah ! cette brève navigation de cabotage ! »

« Navigation de cabotage » ( Gallimard, 1996 )

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