« Une fenêtre par où s’échapper » – Madeleine Allard- éditions Québec-Amérique

« Cette nuit, comme presque toutes les nuits, Lucie ne s’endort pas, elle regarde le lit au-dessus du sien et elle réfléchit.
    « Je ferme les yeux des milliers de fois par jour. Des milliers de fois, mes paupières clignent pour mouiller mes yeux. On appelle ça un réflexe. Des

milliers et des milliers de fois le même clignement, le même réflexe. Des fois, je ferme les yeux pour d’autres raisons aussi, comme à cause du vent ou des graines ou des oignons que maman coupe. Ça aussi c’est une sorte de réflexe. Ce n’est pas ma volonté. Ce n’est pas ce que je veux vraiment. Ça se fait tout seul. »
Lucie cligne des yeux. »

Et Lucie, huit ans, tout au long de ce livre nous décrit ses angoisses et le regard qu’elle porte sur sa soeur Suzanne, sur la Fatigante, sa grand-mère et sur la Furie, sa mère. Cette lecture m’a attristée, angoissée, et j’ai ressenti beaucoup d’attachement pour Lucie.

Voici donc un roman que j’ai trouvé assez perturbant et surtout triste. Nous entrons par ces premiers mots dans une famille où les femmes sont la majorité. Lucie a une soeur, Suzanne, une grand-mère nommée la Vieille Fatigante, et puis il y a la mère, Denise qui loge en elle la Furie. Denise est vraiment l’axe – qui ne tourne pas toujours bien rondement – de cette famille.

« Denise n’avait pas toujours été cette mère -là, celle qui s’impatientait, qui ne prenait plaisir à rien, qui était imprévisible. Il n’y avait pas toujours eu la Furie en elle.
À une autre époque, Denise avait cru qu’il suffisait d’y mettre du sien, de se lever chaque matin sans se poser de question, de juste faire ce qu’elle avait à faire, jour après jour après jour pour repousser la noirceur, et de s’efforcer de faire jaillir des étincelles pour entretenir le feu qui brûlait en elle, car c’était au milieu de ce feu que naîtrait quelque chose qui ressemblerait au bonheur. »

Bien sûr, il y a le père, Robert, un très beau personnage, celui qui permet autant que faire se peut de garder une sorte d’équilibre à cette famille. Il reste discret dans le récit, mais il veille, il est pour moi en tous cas celui qui veille, celui qui répare, celui qui rend la vie moins pesante.

« C’est un samedi matin que, pour l’encourager à  abandonner les petites roues, celles qui faisaient d’elle la risée de ses sœurs et de tout le voisinage, Robert, le père de Lucie, l’avait emmenée dans un magasin de la paroisse pour lui faire choisir une nouvelle monture. Parmi une foule de bicyclettes usagées, installées pêle-mêle sur des supports, Lucie avait vu loin derrière un tas de roues et de guidons, une bicyclette blanche avec des taches roses et un siège banane. »

Car la mère, elle, est je pense atteinte de troubles profonds, je ne mettrai pas de terme trop connu, comme bipolaire, parce que je pense que c’est un personnage très complexe avant tout, une femme qui s’engage dans plein de choses, puis l’envie lui passe, elle coule, remonte à la surface, de man!ère assez constante. Ce qui génère chez la petite Lucie, vous l’imaginez, beaucoup de chagrin, d’inquiétude, un sentiment d’insécurité. Un regard juste sur ces femmes:

« Tant de fois elle a vu sa mère, sa grand-mère et sa belle-mère debout devant une fenêtre à regarder dehors. Maintenant elle comprend. Elles s’échappaient. C’est ça qu’elles faisaient. Elles s’échappaient dans le souvenir ou dans le rêve, elles s ‘imaginaient une autre vie, elles redevenaient des petites filles qui s’inventent un avenir, celui qu’elles auraient pu avoir si tout n’avait pas déraillé.[…] C’était ça qu’elle faisaient. Elles s’échappaient pour calmer la Furie. »

La plus grande partie du roman se passe dans l’appartement, et on a donc un sentiment de « cocotte minute » sous pression, qui pourrait exploser à tout moment. Le père est celui qui autant qu’il peut maintient une sorte de normalité, de stabilité, mais Denise, oscillant d’un état joyeux et « normal » à l’abattement ou la colère, laisse peser une sorte de violence contenue, en tous cas, une violence que Lucie ressent sans je pense parvenir à la nommer ainsi, parce qu’elle n’est qu’une petite fille.
C’est un très beau livre, qui m’a personnellement bouleversée, comme chaque fois que je lis sur l’enfance. 

Ce roman est une ambiance, difficile au long court, mais la vie y est présente par ces jeunes filles confrontées à une mère malade – parce qu’elle l’est, pour moi c’est une évidence. Très belle écriture en tous cas, et j’ajoute qu’il y a aussi, en tous cas je l’ai senti comme ça, une poésie dans cette histoire entre ombre et lumière. On garde Lucie au cœur et la Furie au creux du ventre, comme Lucie, à la fin de ce beau et bouleversant roman. Lucie, et sa petite fille qui la regarde, un matin:

« Lucie regarde sa fille un instant sans rien dire. Elle ne pourra pas écrire. Elle sent la furie qui monte. Elle sent aussi au même moment un amour immense lui serrer le coeur. Ces yeux si doux, cette morve croûtée au bord du nez, cette vulnérabilité déstabilisante, si fragile, complètement livrée au monde. Mais pourquoi ne dort-elle pas? Qu’est ce qu’elle veut? Tout bouge, tout tangue, tout lutte. Lucie sent l’amour et la Furie qui montent à tour de rôle, qui s’affrontent, l’une cherchant à dominer l’autre. Et finalement Lucie cède […]

Lucie s’accroupit devant sa fille. Pose une main sur son épaule.

-Qu’est-ce- que tu fais dans la cuisine à cette heure-là, tu t’endors plus? »

J’ai été bouleversée par ces femmes, j’ai aimé le père, celui qui répare et pas que les vélos, j’ai beaucoup aimé la petite Lucie et Lucie adulte. Un roman vraiment touchant qui dit beaucoup de choses sur les femmes quel que soit leur âge. 

« Les arbres de Nagasaki » – Véronique Brindeau- arléa -La Rencontre

« Les arbres sont d’un autre temps. Ceux de Nagasaki, d’un autre temps encore.
Ce sont des sapins, des magnolias, un chêne bleu du Japon. Et puis aussi: un grenadier, un frêne épineux. Quelques plaqueminiers à nouveau chargés de kakis, écarlates dans le ciel d’automne. Un buisson d’azalée qui a refleuri. Ce sont deux camphriers immenses, marquant le seuil d’un sanctuaire dont il ne reste rien. »

Ainsi commence ce recueil qui nous propose une promenade dans la ville de Nagasaki en suivant les arbres rescapés de la bombe au plutonium qui fut larguée sur la ville le 9 août 1945. J’ai lu ce petit livre avec une grande émotion, et ce post sera court ( le livre compte 77 pages ).
On a de ces évènements des échos lointains ou plus proches selon nos âges, mais on a tous je pense vu sur les écrans de télévision des images de cette atrocité, le largage de bombes sur une ville, sur cette ville . Je préfère vous confier, pour finir, cet extrait au sujet du pin miraculé,

« Le « pin miraculé »

[…]

Symbole d’espoir après le raz-de-marée du 11 mars 2011, cet arbre fut le seul à se maintenir parmi les quelques soixante-dix mille pins qui faisaient la célébrité et la beauté de la région de Rikuzentakata avant d’être anéantis par la vague infernale qui atteignit ici dix-sept mètres de hauteur. On déplora plus de dix-huit mille victimes. Six cent kilomètres de littoral furent ravagés, des villes entières balayées, des ports, digues et brise-lames détruits. […]

D’un âge estimé à environ cent soixante – dix ans, haut de vingt-sept mètres, le « pin des miracles » n’aura pourtant survécu que peu de temps. Le jour du séisme, ses racines avaient séjourné pendant plus de dix heures non seulement dans l’eau de mer mais aussi dans des hydrocarbures. »


Avec une langue sobre et délicate, l’autrice nous mène auprès de ces arbres survivants, nous parle d’eux, de leur vie attaquée et pour certains revenue contre toute attente, comme la plupart de ceux dont elle parle dans cette promenade. Ce texte épuré est d’une grande beauté dans sa simplicité, dans sa sobriété, parvenant à nous amener à une émotion simple, mais qui surgit au fil des mots de façon évidente et très forte.

De nos jours on parle beaucoup de « résilience », terme mis un peu partout, parfois sans sens profond.
Là, dans le portrait de ces arbres, il est question pour eux de ça, la résilience dans son sens le plus précis :

« Capacité (d’un écosystème, d’une espèce) à retrouver un état d’équilibre après un évènement exceptionnel. »

J’ai adoré ce petit livre, si bien écrit, délicat et précis dans ses descriptions, sobre, jamais emphatique, il en surgit par les mots de l’autrice la vie de ces arbres, leur histoire, leur « corps » et leur « esprit » comme si nous pouvions les toucher, eux, leurs blessures et leur force.
Magnifique, inutile de vous en dire plus. Juste quelques passages. Et cette magnifique phrase finale:

« Parfois aussi, née des bois échoués, une musique se souvient, qui transmet aux vivants l’écho de ce qui a été perdu, des êtres et du paysage, dans un monde qui survit à nos plaies »

« L’illusionniste » – Edouard Jousselin -Rivages

« Bonjour à tous, eh bien, d’abord, merci. Merci de votre présence, pour cette première de La Réceptionniste.
Ce théâtre n’est pas très grand, mais je suis heureux de le savoir comble pour cette soirée. Je crois reconnaître quelques visages familiers dans l’audience. Merci de votre confiance, j’espère qu’elle sera récompensée et que vous passerez un très bon moment.

Vous le savez peut-être, c’est ma première pièce; cependant je ne demande pas l’indulgence du débutant pour moi, faites-le, je vous prie, pour les acteurs qui ont dû intégrer mes dernières remarques ce week-end encore. Ils sont tous fantastiques, vous verrez. »

Et à mon très grand plaisir, revoici Edouard Jousselin, dont j’avais lu les deux précédents romans avec délectation, le revoici, l’illusionniste, et je suis impressionnée par la capacité de cet auteur encore jeune à renouveler sa façon d’écrire, ses sujets, la malice qu’il y met parfois, et surtout, une grande intelligence et un sens du récit assez incroyable. Il m’a menée par le bout du nez du début à la fin. Ce qui m’a plu, vraiment, c’est la construction complexe – pas autant que dans « La géométrie des possibles » tout de même – et le sentiment, en lisant, qu’il s’amuse. Il se joue de ses personnages, des lectrices et lecteurs, il s’insinue aussi dans l’histoire, et ma foi, une fois de plus je suis bluffée ! Tout ici est jeu de miroirs, jeu de dupes, jeu :

« Etienne approche du miroir de la salle de bains. S’y regarde intensément droit dans les yeux. Grimace, serre les dents. Lève le poing.

C’est à moi que tu parles? C’est à moi que tu parles? »

L’histoire débute donc dans un hôtel sur une plage, un soir de réveillon. On rencontre une réceptionniste charmante, qui fait très bien son travail, une jeune femme dont l’auteur ne fait pas une caricature, mais en fait un vrai personnage, avec de la réflexion, un joli sourire, bref, elle est adorable, Charlotte.  Un soir de cafard, Étienne Pois – c’est le nom de cet auteur cafardeux – se livre, elle lui parle, simplement, et ça lui fait du bien. Elle lui raconte une drague lourdingue et en lisant, on la voit, jeune femme rayonnante et souriante, qui parle d’un mec vraiment nase et Étienne en rit.  Puis il réfléchit sur son sort, sa vie et ce qu’on lui propose.

« Son agent est un con, il l’a deviné dès leur première entrevue. Mais quoi, il n’allait pas faire la fine bouche, aucun choix ne s’offrait à lui; un agent con spécialisé en comédiens ratés, comme les petits avocats des petits délinquants. » 

Et puis à partir de là, le livre va de glissement en glissement, c’est à dire que l’histoire se déplace doucement, avec la vie des personnages, avec eux, l’histoire mute. Je vous l’avais dit, cet écrivain n’est certainement pas « ordinaire », parce que cette construction déstabilise, on se concentre fort, et après un réveillon en bord de mer, un couple…puis des scènes de leur vie commune, on glisse encore, temps et espace, et on se retrouve à Paris, dans un théâtre, avec Edouard Jousselin qui bavarde avec le metteur en scène de sa pièce. Nous y voilà. Oui, parce qu’il l’a écrite, cette pièce.

Au fil des vies contées de ses personnages comme au fil de l’eau d’une rivière qui jamais n’est la même, finalement, comme dans le roman précédent, eh bien il nous balade, mais moins géographiquement qu’humainement. Il nous infiltre dans la vie de ses personnages, ceux de la vraie vie métissés avec ceux de la pièce… ceux de la pièce, et lui là-dedans. Vous suivez?
Vous savez, il m’a fait rire, il m’a bluffée, il m’a vraiment épatée par son incroyable talent d’auteur joueur, oui, parce qu’il joue, se joue du lecteur, de ses personnages . Vraiment pour moi ses livres ne ressemblent à aucun autre,  – et j’ai beaucoup beaucoup lu – ( car je ne suis pas jeune, ben non! ) . On croit toujours que le dernier livre lu a été le meilleur, et puis arrive Edouard Jousselin avec Charlotte, et voilà, l’aventure se poursuit. Je sais que des érudits diront mieux que moi et avec plus d’analyse « sérieuse », certes…mais mon objectif n’est pas de faire une explication de texte ( oooh non, misère ! ), mais juste vous dire que si vous ratez Edouard Jousselin et son écriture, vous aurez vraiment raté quelque chose. Ce roman, comme les précédents se lit comme un roman d’aventure, humaine. Je tiens à l’extrait suivant, Charlotte au théâtre:

« Le rideau s’ouvrit et elle fut saisie par le décor qui ne ressemblait pas exactement au hall de son hôtel. [•••]

La petite musique de fond aussi avait figuré dans une playlist de la fin d’été, la version instrumentale du titre Big Big World d’Emilia.

Mais ce qui la troubla plus encore, c’était la réceptionniste de la pièce, le personnage principal. La comédienne ne lui ressemblait pas, elle était plus vieille, déjà ridée, moins blonde aussi, mais enfin, tout avait été fait pour approcher ses traits, ses goûts, ses attitudes, le maquillage, la coiffure, la manière de se tenir, les musiques qu’elle aimait, sans évoquer, bientôt, son élocution, son vocabulaire, les petites  postures que Charlotte se savait prendre. »

Attention ! On est mené par le bout du nez jusqu’aux derniers mots, c’est simplement génial. Je vous ai proposé ici quelques extraits choisis, qui ne disent vraiment pas grand chose de la complexité du livre, du côté « tordu » d’Edouard Jousselin et je lui lance un grand merci et lui dis : Surtout, continuez !

« La vérité de cette histoire, mesdames et messieurs, et Edouard la connait très bien, c’est qu’il ne s’est rien passé dans cette pièce qui mérite d’être conté, ni ce soir-là ni jamais »

https://youtu.be/wpkS2DU_qMs?si=iwuikkT5xUKtHM8y

« Ma propriété privée » – Mary Ruefle, Le Castor Astral, récit- traduit par Céline Leray (anglais )

« CRAYON DE PARCOURS DE GOLF »

Au commissariat, ils m’ont demandé quelque chose de discret et court. Mary, ont-ils dit, ça s’appelle un discours. Ils m’ont conduite dans un patio à l’arrière où ils allaient toujours déjeuner et m’ont montré un petit arbre malheureusement mourant. Une créature dotée de quatre pattes l’avait en partie rongé. Rien de trop exagéré, ont-ils dit. J’ai promis que non mais en mon for intérieur, j’ai songé que la « créature dotée de quatre pattes », elle, avait vraiment exagéré, mais que l’arbre lui n’exagérait pas en pensant que l’agonie était une position étrange et misérable dans laquelle se retrouver. »

Me voici fort mal à l’aise avec ce savoureux petit recueil. Il s’agit de poésie. Prose. De cette poésie des petites choses, de morceaux de vie, de pensées. Un petit recueil où l’improbable est la vie, où la vie est faite de petits bouts, d’instants et de petites choses (comme des clés). Un recueil aussi – la partie que j’ai adorée -où cette femme donne des couleurs à la tristesse, aux tristesses de toutes sortes.

« La tristesse blanche est la tristesse des dents, des os, des ongles et des étoiles, oui, mais c’est aussi la tristesse des céréales, des bonnets de douche, de la mousse littéraire, c’est la tristesse des cheveux blancs de tante Jenny qui font comme un drap sur son corps, qui lui arrivent aux orteils alors qu’elle est malade et alitée, terrifiant les enfants qui défilent devant elle un par un pour un adieu. C’est la tristesse des ondes qui parcourent sans fin l’espace, c’est la voix de John Lennon interviewé, sa voix de plus en plus faible tandis que les ondes traversent une éternelle succession de galaxies, pas tout à fait ici, mais quand même…

 

Ainsi ce recueil égrène les couleurs de la vie et des sentiments, c’est loufoque, tendre, triste, beau. La poésie ne se commente pas, elle se lit, elle se respire et se ressent, elle s’insinue en douceur en nous et à la fin de cette lecture, j’ai eu la sensation d’avoir fait un joli voyage à travers couleurs, objets, sentiments et sensations. Loufoque parfois, tellement doux et parfois si drôle. alors article court, je finis avec ce texte:

« Autocritique

Typiquement, dans mes poèmes, une femme est assise seule et ne fait strictement rien. Quand elle regarde une mouche qui se déplace sur la table, elle entame une conversation avec elle. Il se passe quelque chose d’extrêmement spectaculaire et c’est la fin du poème. Cela se répète tous les jours durant autant de jours qu’il y a de poèmes dans un recueil, laissant la femme éreintée. »

Cette lecture m’a fait beaucoup de bien, une sortie de route dans un univers autre que celui dans lequel nous vivons, essayons de penser, de rêver. Elle parle d’Henry Miller, de Giacommetti, de Brahms.

« Vous pouvez écouter Brahms, vous pouvez regarder du Giacometti, vous pouvez lire Henry Miller, mais chacun vous dira à sa manière qu’il n’y a rien d’autre, absolument rien d’autre que les étoiles qui vous observent de haut, y compris quand vous pensez lever les yeux pour les admirer. »

Un petit bijou délicieux fait de sentiments, sensations, des textes sensuels.

J’ai toujours pensé que la poésie ne se commente pas, ne se décortique pas, la poésie se savoure, se respire, mais ne « s’analyse » pas. Sinon elle perd tout son charme surprenant. Surtout ce recueil et cette voix souvent très drôle et très belle toujours.