« Je suis née dans une petite ville de la Saskatchewan appelée Balcarres. La ville elle-même surnommée « La fierté des Prairies », ce qui ne manque pas d’audace, pour une communauté où on trouve plus de boutiques et de commerces placardés qu’en activité.
Peu de temps après mon entrée dans le monde, on m’a installée dans l’automobile de mes grands-parents pour me relocaliser dans la réserve d’Okanese. Okanese veut dire « bouton de rose » en langue crie. La réserve n’a pas vraiment de surnom, bien que beaucoup l’aient rebaptisée « le trou de cul de l’univers », souvent après avoir perdu une élection. »
J’ai fini ce livre hier au soir, à regret tant j’ai pris de plaisir à cette lecture. Voici l’histoire de Dawn qui a grandi sur la réserve d’Okanese,« …dans notre maison verte sur la colline, avec notre mère et, parfois, notre père, jusqu’au jour où nos parents se sont séparés pour la 6945ème fois. Comme on dit, la 6945ème, c’est la bonne, et Maman s’est vraiment investie dans cette rupture. »
J’ai fini ce livre hier au soir, à regret tant j’ai pris de plaisir à cette lecture. Voici l’histoire de Dawn qui a grandi sur la réserve d’Okanese, Comme vous pouvez le constater avec ce début, la petite Dawn n’a pas sa langue dans sa poche. C’est elle qui va mener la visite de ce lieu, de cette époque, et de cette communauté. Ainsi que sa vie à elle, troublante, à la fois drôle et triste. Un peu en mode survie parfois. C’est Dawn qui va nous raconter son histoire. Sur un fond triste, elle fait de la « broderie », parce qu’elle rêve, elle travaille bien en classe, elle a de l’imagination et est parfois incomprise par les professeurs. De temps à autre elle a des moments de panique, comme des petites crises d’angoisse, elle est désorientée par des événements, par des gens, des choses qu’elle n’arrive pas à appréhender.J’ai souvent ri, mais il reste un fond triste à cette histoire.
Avec un humour décapant, souvent teinté d’ironie douce amère et souvent avec du second degré, la fillette va grandir en nous décrivant sa vie, celle des siens, ses rêves, ses chagrins et ses déceptions. Tous ses bonheurs qu’elle va chercher avec une folle énergie. parce que vivre à Okanese, ce n’est pas simple, ce n’est pas confortable.
Elle est comme on dit , »boulotte » la jeune Dawn. Elle vit ainsi entourée de ses soeurs, frères, cousins, camarades de classe. Elle se défend bien à l’école d’ailleurs, même si ça ne parait pas évident. Dawn est intelligente, pragmatique, réaliste, lucide. Elle rêve bien sûr, mais redescend toujours de ses rêves un peu triste, un peu désolée, mais toujours elle revient à elle.
J’ai adoré son regard sur son monde, sur le monde, sur ce qui l’entoure, ses questionnements improbables parfois, et cruels d’autres fois. J’ai aimé son humour parfois involontaire aussi.
L’autrice avec ce beau personnage comme fil conducteur, dessine un monde décalé, par la force des choses et des politiques. Elle dessine le profil d’une société à la marge mais pas tout à fait. Je ne rajoute pas d’extrait, mais juste ce texte au dos du roman que j’ai dévoré et adoré.
Tout est là: voici la vie sur la réserve, en haute définition. Dawn, la narratrice, revisite sa vie familiale, se replonge dans ses années d’école et s’engage résolument sur la voie de l’avenir. Situé quelque part entre le roman d’apprentissage et le récit autobiographique. « On pleure pas au bingo » est un livre qui célèbre les différences culturelles et la puissance de la prise de parole par le moyen de ce remède traditionnel et universel qu’est le rire.
Au-delà des stéréotypes et des clichés sur les chiens errants, l’alcoolisme et les soirées de bingo, c’est l’histoire d’une fille qui découvre le plaisir de la lecture. C’est l’histoire de ses rêves, de ses ambitions, de son humour décapant. C’est l’histoire d’une ado rebelle, mais sensible, capable de nous faire découvrir la beauté et l’amour qui définissent les membres de la famille. »
Très gros coup de coeur pour moi. J’espère que ce roman est trouvable dans les librairies françaises. Cette maison d’édition se situe à Wendake au Québec. Wendake est un territoire autochtone (Wendat Huron ) que j’ai visité le mois dernier. Une expérience très intéressante qui fait réfléchir à ces civilisations d’une autre manière, tout comme le fait ce roman contemporain.










« Madame me promène dans le parc. Le jardin des plantes au printemps. Moi, son envers. Tourné vers l’intérieur; à l’extérieur son manteau gris, boutonné jusqu’au cou, bien comme il faut. C’est-à-dire correctement.


