« Le bord du monde est vertical » – Simon Parcot – éditions Le Mot et le Reste

Le bord du monde est vertical par Parcot » Notre histoire commence dans un nuage, bien au-delà de la Terre, bien au-delà des montagnes. En ce nuage logeait un ange qui enroulait et déroulait du coton pour l’éternité en chantant de tristes complaintes qui parlaient d’hommes, de sueur et de sang. Car les anges aussi sont tristes, ils rêvent d’une peau pour saigner, de mains pour se toucher et d’un squelette pour éprouver la pesanteur du monde. « 

Un premier roman qui oscille, comme l’ange au bord du nuage, entre poésie et monde concret. Un livre surprenant, envoûtant, glacial.

C’est l’histoire d’une cordée chargée de se rendre dans le tout dernier hameau avant le Bord du monde, le Reculoir, pour y rétablir l’électricité. Le Bord du monde est une montagne inattaquable, personne, jamais, n’est parvenu au sommet.

« Le Bord du monde, le Bord du monde… », rumine Gaspard avec excitation, alors que le froid menace de lui coudre les lèvres. Depuis sa naissance à la Ville, il a grandi au milieu des récits d’ascensions avortées, des chutes et des disparitions inexpliquées. À douze ans, il a fait ses premiers pas sur la Grande, à dix-sept ans, il a commencé à s’y aventurer seul, plus tard, il a répété six fois l’ascension en solitaire. Par six fois il a tenté le sommet auquel il a du renoncer comme tous les prétendants du Bord du monde. « 

L’équipage qui se compose de deux chiens, d’une femme et de trois hommes s’en va bravant une tempête de neige, pour accomplir sa mission. Mais l’un des hommes a un autre objectif. Vous rencontrerez le père Salomon, curé exalté et convaincant, et ces personnages dont certains sont proches de nous par leurs pieds bien accrochés dans la réalité, mais d’autres, un peu effrayants parfois par leur côté mystique presque.

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J’ai lu ce roman avec curiosité, comme un drôle d’objet,  j’ai apprécié l’écriture poétique et certains des personnages. J’ai trouvé l’idée, le sujet, intéressants, grâce à la façon d’en parler et l’écriture qui passe d’un monde à l’autre en un glissement dans une phrase, de l’imaginaire au concret du froid et de la montagne, à la neige et au danger qui ramène bien à la réalité.

20190520_164430« Solal baisse la tête, Gaspard poursuit.

« Si je grimpe, c’est pour redescendre.

-Comment ça?

-Je grimpe pour redescendre, pour éprouver la joie de revenir en fond de vallée, là où sont les bêtes, les fleurs et les gens que j’aime.

-Mais ça, tu pourrais en profiter sans aller là-haut, n’est-ce pas? lance Solal en désignant le somment inexistant de la Grande.

-J’y arrive pas, répond Gaspard avec dépit. Lorsque je reste trop longtemps en fond de vallée, j’ai l’impression de croupir, de moisir. La routine s’infiltre dans mon quotidien puis tout perd de sa couleur et de son intensité. J’en oublie le plaisir, le plaisir de sentir le soleil sur ma peau, le plaisir de vivre aux côtés de mes proches! En un sens, je meurs, je meurs à petit feu. J’ai l’impression de passer à côté de la vie. Alors que là-haut, après plusieurs jours au contact de la pierre et de la glace avec le risque perpétuel de la mort, ça me rappelle combien la vie en fond de vallée, c’est à dire la vraie vie, est précieuse. »

On ne sait pas toujours où tout ça va nous mener, mais on sent bien une tension qui monte entre les membres de la cordée. C’est le plus intéressant, il y a de la manipulation, des non-dits… Quant à moi je me suis attachée à Solal, à Gaspard malgré son côté déraisonnable, voire un peu dingue. La qualité de l’écriture est remarquable, le propos ne m’a pas tant touchée.

« En bout de comptoir, Solal sirote sa bière en regardant Flora écarter une mèche de cheveux, révélant deux yeux pleins d’obscurité, deux billes de charbon plantées dans son visage astral. Devant lui, Gaspard semble être en grande forme. Malgré l’effort de la journée, il affiche un sourire joyeux. Sur sa peau burinée par le soleil, ses yeux brûlent de joie. Il donne l’accolade à chacun de ses amis puis les invite à sa tournée. « 

refuge-you-requin-1602777_640Entre réalité et fantasme, entre le concret d’une panne d’électricité et l’accomplissement d’une action jamais réalisée, on flotte entre deux lectures de ce même livre. Peut-être un peu trop « conte fantastique » pour moi, j’ai préféré le pan aventure risquée en milieu hostile et les personnages qui s’y ancrent. Une superbe ode à la nature, à la montagne et les défis qu’elle lance aux hommes. Le poème final est très beau, et juste. J’adhère à ce qu’il dit totalement, mais je ne vous le propose pas pour que vous le découvriez vous-même. Cet extrait plutôt.

« Les livres ne sont que les ombres de ce qui nous traverse, la trace éphémère d’un moment vécu sur la Terre, du sentiment converti en matière. Les livres sont les tentatives de retrancher quelque chose à la mort, de proposer quelque chose qui lui résiste. Mais qu’est-ce qui résiste à la mort? Mais qu’est-ce qui résiste à la mort? Qu’est-ce qui ne finit pas et que l’on retrouve dans les livres? Quel est cet éternel que l’on veut opposer à l’insoutenable finitude? La trace d’une expérience? La vérité d’un instant fugace vécu sur la Terre? L’intuition brutale de l’infini? La rencontre avec la beauté? Ou bien, cela n’est-il qu’une illusion, la tentative désespérée de laisser une marque de son passage, marque effacée par le temps, mais qui demeure encore dans les livres, sous forme de papier et de cuir? »

« Les nuits prodigieuses » – Eva Dezulier- éditions Elyzad

Les nuits prodigieuses« La nuit des Onze

Ange

Aucune route ne mène à Machado. Le temps ici n’est pas le même qu’ailleurs, non. Les habitations les plus proches sont à six heures de marche. Elles ont l’air de décors miniatures, de part et d’autre de la montagne. On ne distingue pas le mouvement des voitures et des troupeaux. Aucun bruit ne nous parvient. C’est comme j’ai dit: elles pourraient tout aussi bien être peintes à même la roche. Ce qui s’y passe ne nous concerne pas. Machado vit à son rythme, on n’y respire pas le même air. Il y a bien un curé qui monte, une fois l’an, mais on a nos propres superstitions, auxquelles on croit davantage qu’au catéchisme d’en bas. C’est tout. Machado est un monde clos. »

Mais quelle belle découverte que ce petit livre inclassable. J’y ai trouvé un conte ou une fable, une fantaisie qui n’est pas sans rappeler la littérature sud-américaine, même si cette histoire se déroule tout près de la frontière espagnole et n’est pas toujours drôle. Le village de Machado voit passer de nombreux clandestins qui vont vers la France; Machado, me direz-vous, ça sonne espagnol, non ?  Et est pourtant en France? Machado est une sorte d’enclave dans les Pyrénées, qui comme le dit Ange le berger au début de cette histoire est un monde clos, qui pourtant laisse passer, traverser des clandestins allant d’un pays à l’autre. Ceci a son importance dans l’histoire, car c’est un de ces clandestins de passage, Guillermo, qui va laisser quelque chose qui chamboulera la vie de cette bulle spatio-temporelle, et la vie d’Ange d’abord. Dans ces montagnes merveilleuses, avec Eugenia, ils s’en vont:

« Je pense souvent aux millions de pas de tous les clandestins qui ont façonné ces chemins de hasard et d’adieu. J’ai parfois l’impression qu’ils sont là, tout autour de nous, et qu’ils nous accompagnent, quand le vent soupire. c’est comme j’ai dit: des vagabonds se cachent dans les taillis.

Le crépuscule habille les visages et les sentiers d’ombres mouvantes. Eugenia s’épanouit sur la route, et rit avec une gaieté que je ne lui connaissait pas. Ses pieds minuscules ne laissent pas de traces sur le sol poudreux. »

sheep-g43648c65a_640Ange est le berger d’un propriétaire de troupeaux, Mr Bartimée. Ange est un homme simple, qui vit de peu, accompagné d’Isidro, un ouvrier agricole. Le patron est un homme rude, en particulier avec son épouse Livia.

Un jour donc Guillermo, ingénieur clandestin, va confier un dessin, le plan d’une machine à cet Ange décontenancé. Il doit fabriquer cette machine et l’emmener au fils de Guillermo, Tomás, 9 ans, déjà en France. Ce serait bête de vous dire ce que doit fabriquer Ange, ni pourquoi, mais dans cette machine certains verront le diable et d’autres dieu. Alors que la réponse est bien plus simple. En tous cas, ce pauvre Ange va fabriquer cette machine en piquant ici et là – y compris chez son patron – des pièces hétéroclites pour la fabriquer. Une fois terminée, il en sera la première « victime ».

482px-Leonardo_da_Vinci_-_RCIN_912699,_Pictographs_c.1487-90Je mets des guillemets car, comme pour beaucoup d’entre elles, c’est l’usage qu’on fait des choses et aussi le « cœur » qu’on a qui en détermine l’action. 

Nuria, l’épouse d’Hostien, va être assassinée:

« J’ai touché le visage glacé de Nuria, ses mains, sa peau. Ce que j’ai d’abord pris pour une fleur rouge sur sa poitrine. Une putain d’idée stupide. Et même maintenant, j’y pense et je ne vois que la fleur.

J’ai contourné le lit, tiré les rideaux. Le soleil éclairait comme un phare. Éclairait ça. Rouge. Couleur invivable. On devrait l’interdire. Mon pied a buté sur quelque chose. La lame. Manquait la main. La plaie, la lame, la main, le nom. Qui? »

Chronique courte et qui se contente de dire mon enthousiasme pour vous inviter à aller faire un tour à Machado, mais quand même je ne vous laisserai pas en plan sans vous parler juste un peu des quatre sœurs, anachroniques et merveilleuses conteuses, Ada, Ida, Zelna et Florinda ( déjà rien que pour elles la lecture vaut le coup) :

« Quatre silhouettes voûtées surgissent derrière un bouquet de mélèzes rouges. Dans le petit matin, elles descendent à la queue leu leu vers la place du Velo Polvoroso. Vêtues de grandes robes à crinoline, elles font quand elles marchent un bruit de torrent. Ce sont les Impératrices. Elles sont sœurs, et la cadette doit avoir plus de cent ans.

Il y a longtemps, quand elles étaient jeunes, un homme les a aimées toutes les quatre. Un riche marchand à la peau sombre et au parler d’ailleurs. Il les couvrait de cadeaux et de toilettes chamarrées: elles étaient l’attraction du village. Le marchand, lui, n’appréciait pas qu’on lui demande d’où il venait. Il répondait qu’il était français, parfaitement français, puisqu’il habitait l’Empire. Alors on l’a surnommé l’Empereur, pour se moquer. On le disait avec une sorte de courbette ironique pour le faire enrager. Il n’était pas d’ici, c’est tout. Le soupirant est mort depuis longtemps, mais les quatre sœurs ont conservé leur titre dérisoirement clinquant d’Impératrices. »

Les femmes dans ce livre sont magnifiques, toutes, Livia, Ada, Zelna, Ida, Florinda et aussi Eugenia, et Nuria,Talia… Quant aux hommes, ils sont sanguins, colériques, immodérés, sauf les deux bergers, Ange et Isidro, doux comme leurs agneaux. 

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Bonheur, Rosa; Shepherd of the Pyrenees; Brighton and Hove Museums and Art Galleries; http://www.artuk.org/artworks/shepherd-of-the-pyrenees-74284

Voici une superbe histoire métaphorique sur l’amour, mais aussi sur la solidarité. En commençant cette lecture, je ne m’attendais à rien de particulier, et là, j’ai été « chopée »  aux premiers mots par la voix d’Ange et sa façon de s’exprimer ( beau travail sur les voix ):

« Et la vie de Machado se déroule sans penser au reste de la Terre. Même moi, qui travaille ici depuis tout petit, à la ferme de Ventanas, on m’appelle toujours « le gamin d’en bas ». On se moque un peu de moi, je crois qu’il n’y a pas de raison, non: c’est simplement que je viens d’en bas, c’est tout. »

Je m’arrête donc là, encore enchantée par cette si belle histoire pleine de magie, de charme(s), de nature, encore envoûtée par les voix des quatre Impératrices, majestueuses et bonnes. 

Quant à la machine, je ne saurais dire si je souhaiterais la posséder…A vous de voir, à vous de lire. En tous cas :coup de cœur !

Ange et Eugenia, fin du roman:

« Je l’observe à la dérobée. Les idées trottent dans ma caboche, de-ci de-là, comme le mouton à deux têtes. Dix minutes passent en silence, puis Eugenia recommence à bavarder de tout et de rien avec moi. Elle ne parle plus de reconstruire la machine et semble avoir déjà oublié cette conversation. Elle tourne dans ses doigts la médaille de Saint Gilles, qu’elle a trouvée dans la montagne, et qu’elle presse souvent contre ses lèvres. Ça ferait une bonne relique d’amour, oui. »

Pour toutes les femmes de ce beau roman et pour Ange le Tendre:

« Pyrénées, instants volés » – Photographies d’Arnaud BEGAY, textes de Anne-Lasserre-Vergne, éditions CAIRN

Voici un exercice inhabituel pour moi, vous parler d’un livre de photographies  émaillé de textes de très belle qualité. Une amie m’a confié ce livre d’un proche, le photographe Arnaud Begay. Je connaissais déjà quelques photographies qui avaient dialogué avec les toiles de cette amie peintre lors d’une exposition.

Arnaud Begay, qui vit dans les Pyrénées et les arpente depuis fort longtemps, voit enfin son regard sur ces montagnes tant aimées publié dans ce bel ouvrage.

« Dans cet ouvrage, Arnaud nous livre le regard qu’il porte sur ces monts, il nous l’offre comme un cadeau. Son regard n’est nullement circonscrit. Il échappe à son époque. D’où cette vision personnelle à laquelle nous ne pouvons rester indifférents. Une vision qui nous parle par(delà le silence étonnant des montagnes. Un regard solitaire, loin des curistes, des touristes, des skieurs, des grimpeurs, des parapentistes, des coureurs de trail…Le regard d’un vagabond qui s’attarde, qui prend le temps d’observer, d’admirer, de rêver. « 

 

Pour tout vous dire, je ne connais pas les Pyrénées et ne suis pas amatrice de haute montagne. Pourtant, j’ai aimé m’y promener à travers les photos d’Arnaud Begay et son œil si patient, si attentif. En lisant les texte d’Anne-Lasserre-Vergne, j’ai croisé Baudelaire, Henry Russell

« Quelque chose d’admirable vint bientôt mettre le comble à ma joie. Juste à l’entrée des neiges nouvelles, le sol étincelait, comme si tous les diamants et les rubis de l’Inde étaient tombés dessus en pluie brillante. À chaque brin d’herbe pendaient des gouttes parfaitement rondes, où se jouaient tour à tour en tremblant toutes les couleurs du prisme, suivant la direction et la force de la brise, et l’angle où on les regardait. L’herbe avait l’air en feu, ou pleine d’étoiles et de lueurs électriques, et faisait mal aux yeux. Jamais assurément les rosées de la plaine n’ont une scintillation si merveilleuse, et il me semble que les gouttes d’eau elles-mêmes se transfigurent sur les montagnes. »

Octave Mirbeau, Alfred De Vigny, et notre grand Victor Hugo parmi tant d’autres. J’ai eu des préférences parmi ces photos, ce sont celles qui mêlent ciel et eau – lacs, torrents, ruisseaux, cascades – et puis toutes les brumes d’automne ou de printemps, toutes celles où on entend l’eau et où la brume nous caresse le visage.

 

Ainsi la photo de couverture qui évoque tant ce décor entre le flou du ciel et de l’eau, cette île embrumée, magique, là sont les fées des légendes, c’est certain…

« Arnaud Begay nous propose de considérer autrement ces lieux devenus mythiques. il nous incite à les revisiter, comme les poètes, les dramaturges revisitent certains grands mythes. Si un beau vers renaît toujours de ses cendres, les Pyrénées semblent s’accorder une nouvelle naissance grâce à ses prises de vues. Je pense à André Gide: « Nathanaël, que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée ! ». Que la beauté soit dans notre regard, et non dans la chose regardée ! »

 

Certaines m’ont interrogée et j’ai constaté avec plaisir que l’auteure des textes s’interrogeait aussi sur les mêmes. Par exemple sur une photo d’un cairn enguirlandé… Trace du passage humain qui entend dire et montrer qu’ici il a laissé une trace.

« Les Pyrénées se passent-elles de l’homme? L’ignorent-elles majestueusement?

Avec juste raison, peut-être. Que pensent-elles de ce cairn enrubanné comme un sapin de Noël? Devenu incongru. Simple offrande à la montagne? Ou volonté enfantine de s’approprier le sommet? Grimpeur triomphant qui signe à sa manière ce qu’il considère comme une victoire. Mais en est-ce une? »

Or Arnaud Begay a une prédilection pour les lieux où seule la montagne est présente. De l’homme, seuls quelques refuges, vaguement de loin quelques maisons au fond d’une vallée, mais ici, dans ce livre, ce sont ces montagnes pleines de contes, de légendes, de fées qui imposent leurs falaises, leurs pics, leurs neiges, leurs lacs,…et comme il est dit elles se passent bien de l’homme. Le respect, la patience, l’amour qu’on perçoit dans l’objectif du photographe fait de ce livre comme le dit l’auteur non pas un énième livre sur les Pyrénées, mais un tout autre regard sur ces montagnes, vides d’hommes. On laisse les lieux aux isards, aux marmottes, à la flore, ces petites plantes tapies dans les rochers et à toutes les fées, bonnes ou mauvaises.

 

Très beau livre, j’y ai appris de nouvelles choses, y ai lu et vu de la poésie sur les pas de nombreux auteurs, poètes artistes, et sous la plume délicate de Anne Lasserre-Vergne, en parfaite harmonie avec le photographe. Elle cite par exemple Octave Mirbeau – qui comme moi « se sent cerné par les monts » et dont j’aime l’esprit:

 » Peut-être pardonnerais-je aux montagnes d’être des montagnes et aux lacs des lacs, si, à leur hostilité naturelle, ils n’ajoutaient cette aggravation d’être le prétexte à réunir, dans leurs gorges rocheuses et sur leurs agressives rives, de si insupportables collections de toutes les humanités. »

Un très beau livre qui allie brillamment les mots et l’image, mais plus que ça, un souffle de ces Pyrénées majestueuses et sauvages et une réflexion sur notre place dans notre environnement; à feuilleter et à méditer.

Je termine sur un de mes poètes préférés cité ici: Jules Supervielle

« Comme du temps de mes pères les Pyrénées écoutent aux portes

Et je me sens surveillé par leurs rugueuses cohortes.

Le gave coule, paupières basses, ne voulant pas de différence

Entre les hommes et les ombres,

Et il passe entre les pierres

Qui ne craignent pas les siècles

Mais s’appuient dessus pour rêver. »