Samedi, promenade sur les Quais du Polar, à Lyon

SAM_3758Les Quais du Polar fêtaient leurs dix ans d’existence durant ces trois jours. Et l’affiche avait, une fois de plus, de quoi faire rêver. Alors bon, vous commencez à me connaître, j’avais fait mon programme et ce samedi, avec mon mari, nous sommes allés faire le plein de futures lectures, et de rencontres mythiques !

71 auteurs invités, et invité d’honneur, pas moins que…James Ellroy. Affiches et autres objets marqués du Dalhia Noir, le grand monsieur ( il est très grand ) a attendu avec nous l’ouverture des portes du Palais du Commerce à 10 h, saluant à droite à gauche ses lecteurs – dont moi, oui – assez surpris de le voir là, chemise à ramages et mains dans les poches; ce sombre auteur à la réputation sulfureuse, plutôt souriant et comme en promenade, a passé la journée entière à discuter et signer, signer et discuter ( je ne vous raconte même pas la file d’attente !!! ). 

SAM_3749 - Copie10h, Hôtel de Ville, première conférence : Quand les légendes contre-attaquent: mythes,  super-héros et légendes dans le polar, modérée par une journaliste du journal Le Point ( pas bien réveillée je pense, ses questions étaient un peu confuses ) face à Craig Johnson, Åsa Larsson, Emmanuel Grand  et un géant, Warren Ellis, qui m’a bien fait rire. Il est arrivé, gigantesque, crâne rasé, barbichette et long manteau de cuir, il s’est installé, a croisé les bras, fermé les yeux, et a tapé un petit somme ! Ceci dit, il a répondu des choses très intéressantes chaque fois qu’il ouvrait un oeil , aux questions posées sur son premier roman, « Gun machine », son oeuvre se composant essentiellement de scénarios de comics, mais le personnage est déstabilisant ! Les plus pertinents ont été l’ami Craig et Åsa Larsson, nouvelle venue ( avec succès ) dans le polar nordique, nous parlant l’un des légendes cheyennes et craw et l’autre des samis, au Nord de son pays – la Suède – où elle vit.

SAM_3750Puis retour au Palais du commerce, où j’ai filé tout droit au stand tenu par les libraires du « Bal des Ardents », parce que s’y trouvaient Craig Johnson et aussi Bruce Holbert, dont le fascinant roman « Animaux solitaires » a été un grand moment de lecture. Encore un géant ! Et alors que je demande à sa voisine de traduire pour moi, un monsieur me dit : « Je vais le faire, moi !  » C’était Oliver Gallmeister lui-même, et j’ai pu lui dire ainsi toute l’admiration que j’ai pour son travail, les bonheurs de lecture que m’offre sa maison. Il m’a donc servi de traducteur pour m’adresser à Holbert, un colosse barbu à grosse voix qui m’a dit : « Ma grand-mère est montée à cheval jusqu’à 85 ans, elle ne faisait pas confiance aux voitures! » dans un  rire tonitruant, rappel d’une scène que j’avais mise dans mon post sur ce livre :   » Les chevaux ne tombent pas en panne et ils n’ont pas besoin d’essence.  « 

Imaginez la joie d’une lectrice comme moi, sortie de sa campagne pour serrer la SAM_3764main de son cow-boy préféré, discuter avec la très bavarde mais néanmoins sympathique et intéressante Maud Tabachnik, saluer l’espagnol Rafael Reig ( dont je suis en train de lire le livre ) un homme charmant et doux ( quand on le lit, la vache ! il cache bien son jeu ! ) qui a écrit une très jolie dédicace dans mon bouquin, Didier Daeninckx ( un fidèle des Quais ) , George Pelecanos ( waouh ! ), Tim Willocks ( écouté dans la semaine à la Grande Librairie), Victor del Arbol, Dominique Sylvain, Olivier Truc, Camilla Läckberg ( la cohue ! ), la liste est trop longue…Un regret : je ne suis pas arrivée à rencontrer R.J.Ellory, ce sera une autre fois, j’espère. Et nous avons pu voir l’exposition des planches originales du Dahlia Noir par Miles Hyman : splendide !( un aperçu ICI et son site officiel ), l’oeuvre de Jean-Luc Navette, tatoueur et  illustrateur, noir, très noir, voire morbide.

SAM_3767Nous avons terminé la journée par une seconde conférence, encore plus intéressante que la première : le polar, comme un nouveau western, modérée cette fois par Michel Abescat, de Télérama. Nous avons retrouvé Craig Johnson, Ace Atkins, Bruce Holbert et Antonin Varenne, qui se sentait  – physiquement – minuscule à côté de ces trois monstres en santiags ! La conversation s’est déroulée en abordant le thème des personnages, des codes de l’écriture et enfin des paysages; comment le western renaît inlassablement à travers d’autres genres, le polar s’y prêtant bien. Je m’abstiens de vous résumer tout ça, mais ce fut une heure et demie géniale, avec quatre auteurs très ouverts, bien que très différents. Nous avons regretté l’absence de Bertrand Tavernier qui devait mais n’a pas pu être présent; je l’avais écouté il y a deux ans, c’était extraordinaire. Cette rencontre se déroulait Chapelle de la Charité et le matin dans une salle de l’Hôtel de Ville, toutes deux pleines d’ors et de lustres. Quand j’ai vu Johnson après, il m’a dit que ça l’impressionnait, ce genre de lieu : « Eh ! On n’a pas ça chez nous, dans le Wyoming! Ah ah ah !!! » et de rire à gorge déployée. Il reste je crois le personnage le plus apprécié ( la queue pour ses dédicaces rivalisait sans soucis avec celle d’Ellroy ! ) sur ce festival où il revient régulièrement. Il écoute, il répond avec plaisir, on sent son goût des autres, et sa jovialité en fait un des types les plus sympathiques du moment !

J’ai pris quelques photos, mais je ne pense pas avoir le droit de les mettre ici. Je les partagerai en privé avec ceux qui le veulent. 

SAM_3769Ce que je veux dire d’abord sur ces Quais du Polar, c’est  qu’il y règne une ambiance formidable. C’est le genre lui-même, riche de ses multiples variantes et facettes, qui amène un public de tous horizons géographiques, sociaux et culturels et donne un mélange de très bon aloi. Disons les choses comme elles sont, ce festival présente un échantillon très large de lecteurs de tous poils, une réappropriation de la lecture s’opère par un large public hétéroclite, c’est formidable. Voir tous ces gens qui soupirent  » Oh, j’aurais du venir avec une valise ou deux » ou « Ohlala ! Tout ce qu’il me reste à lire ! Je ne vais jamais y arriver !  » et votre Livrophage au désespoir devant ce même constat…

Et toutes les conversations qui se nouent entre de parfaits inconnus, tous ces amoureux des livres…Se sentir en famille, c’est ça…

Sur les Quais, ne sont payantes que les séances de cinéma et les animations des musées ( mais peu chères ), tout le reste est gratuit, l’enquête dans la ville, les visites de l’école de police, les ateliers pour les enfants, les lectures publiques, etc… volonté justement de faire de ce festival des rencontres populaires au plus beau sens du terme.

Je souhaite encore une très longue vie aux Quais du Polar, moments électrisants quand on aime ça. 

SAM_3761Vous pouvez lire ICI ce qui était proposé cette année, ainsi que les résultats des prix attribués à chaque édition ( concours de nouvelles, prix du meilleur polar européen ) . Je vous répète juste qu’il y avait 71 auteurs – c’est pour ça que je vous laisse aller voir vous-même sur le site cette belle liste ! – , et 150 bénévoles . Vous y découvrirez aussi les évènements sur l’année, car les Quais restent là tout le temps, jeux, rencontres et expositions, ainsi que les adresses des librairies partenaires, à fréquenter sans modération!

La livrophage crève la dalle !

Deux livres, deux sources de déception et d’ennui, du coup je suis en colère!

absolution« Absolution » de Olafur Jóhann Olafsson ( Seuil ) , qui ne m’a pas intéressée DU TOUT ! Je passe , donc.

lackberg« L’oiseau de mauvais augure » de Camilla Läckberg…

Franchement, je ne comprends pas ce qu’on lui trouve. C’est gentillet, propret, on ne ressent pas grand chose : ni inquiétude, ni angoisse, pas d’humour, pas de poésie; c’est plat, tranquille, les personnages sont lisses, on n’a pas de surprise…Erica prépare son mariage et déprime à cause des kilos de sa grossesse qui vont gâcher la robe et Patrik Hedström mène une enquête, voilà, quoi…

Et puis quelques clichés avec la télé – réalité qui vient perturber la vie tranquille de la petite ville, des jeunes déphasés, du fils à papa à l’orphelin …Pfffff ! Rien de plus profond dans la réflexion, rien de creusé… Franchement ! Si Actes Sud se met à nous servir de la soupe tiède! Et de toutes façons, quand je vois qu’ils vont nous sortir le tome 4 de « Millénium », ce qui veut dire que peu importe l’auteur, pourvu qu’on ait les ventes…Ecœurant !

colère

Je suis arrivée à dénicher un Annie Proulx qui va me réconcilier avec ce que j’appelle la littérature, et les livres offerts par mon copain – celui qui sait ce que j’aime – que je vais me dépêcher de lire, parce que là, franchement, la barbe ! ( et je reste polie, je ne sais même pas pourquoi  ! )

Mort hier de Jean Fabre, fondateur de « L’école des Loisirs »

mille secrets de poussins

Décédé à l’âge de 93 ans, Jean Fabre créa en 1965 cette maison d’édition jeunesse devenue une référence dans ce métier avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, âgés alors respectivement de 26  et 20 ans.

Grâce à lui, furent publiés en France les plus grands auteurs et illustrateurs du moment : Maurice Sendak, Tomi Ungerer, Arnold Lobel ou Léo Lionni.

SendakEn 1970, gros succès avec les Barbapapa de Annette Tison et Talus Taylor .

Aujourd’hui, le catalogue propose 5700 titres, parmi lesquels  ceux de Claude Ponti, Catharina Valckx ou le très regretté Mario Ramos, et toujours la même exigence d’intelligence et de variété, tant graphique que littéraire…

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Nos enfants peuvent lui dire « Merci ! » et je ne dirai jamais assez le plaisir que j’ai pris personnellement à la lecture de ces albums aux enfants.

Lire l’article de Livres hebdo et un petit tour par ici pour rencontrer quelques auteurs de cette belle maison d’édition.

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Bilan de 2013, vite fait…

Cau ( o ) sette, qui aime les livres, elle aussi ! SAM_2165

Si je dresse le bilan de ce blog, devenu en Septembre 2013 un blog personnel, après avoir été un blog « officiel » ou « institutionnel », je ne sais pas comment dire ça, eh bien c’est plutôt positif en 4 mois; autant de suiveurs ( même si pour certains d’entre eux, ces pages sont une vitrine ou un passage en mesure d’amener du monde vers leur site, bof, je n’ai rien contre), en tous cas un peu plus de commentaires et quelques copines virtuelles, avec qui j’ai des affinités humaines et idéologiques ( on peut dire ça comme ça ), intellectuelles en tous cas. Pour moi, des découvertes de sites passionnants  comme « Encore du noir » ou « CultURIEUSE » pour ne citer qu’eux .

Vous savez, en zone rurale, plein de choses sont difficiles d’accès, y compris les échanges, et ce blog me fait plaisir de ce point de vue, même si j’aimerai toujours plus les rencontres « en vrai » !

Mon ancien gravatar, visage de bois, en pleine forêt des Cévennes…

gravatarMa seule frustration c’est le manque de discussions à propos des livres dont je parle; les copines n’ont pas beaucoup de temps pour lire et regardent leur pile monter et menacer de s’effondrer sans avoir eu le temps d’y toucher, d’autres ne commentent pas pour diverses raisons ( peur de ne pas bien s’exprimer ou de « laisser des traces » sur le net… ) . Mon truc, rien à faire, ce sont les livres et la lecture, le besoin d’avoir un partage de ces choses que j’aime tant;  parfois je suis un peu sceptique sur ce qui m’est apparu au fil des lignes et j’aimerais bien savoir ce qu’en pensent les autres…Je ne fais aucun complexe par rapport à de nombreux blogs sur la littérature, bien plus « pros » , plus pointus, mais qui très souvent, enlèvent toute envie parce qu’ils racontent tout . Rares sont ceux qui savent ne pas dévoiler, mais dire des choses simplement attirantes, qui éveillent la curiosité et qui vont donner envie d’ouvrir le livre et vite ! ( « Encore du noir », par exemple; je ne sais pas qui est l’auteur, peut-être un libraire, je ne sais pas, ce n’est pas important, en fait ). Et je ne sais pas si j’y arrive, mais je m’y efforce, croyez-moi !

Affiche réalisée par Bruno, pour des lectures publiques en 2012 sur la gastronomie, le polar étant alors notre choix pour sa richesse en textes sur le sujet !

sérienoire2(1)Je pense aussi au « Coin de la limule », blog pour lequel j’ai un attachement particulier.

Par ailleurs, j’ai envie de créer un club de lectrices, mais il faut assez de personnes qui le veulent  aussi, trouver un mode de fonctionnement simple, ouvert et pas  genre « on reste entre nous » si vous voyez ce que je veux dire ! Eh bien ce n’est pas facile, et puis j’ai quelques autres priorités en ce moment et je ne m’en occupe pas encore à fond de ce truc…

Ma librairie préférée où sévit mon libraire préféré qui se reconnaîtra…

cadran-90118Je crois que nous sommes nombreux à tenir un blog pour le simple plaisir de l’expression, parce que ça nous emmène vers des recherches que l’on n’entreprendrait pas autrement, enfin, c’est mon cas, et des découvertes; et puis, – n’est – ce pas, Thomas Fiera ! – vers le réconfort de se sentir moins seul face à des inquiétudes, voire des angoisses devant le monde tel qu’il va, de gueuler un bon coup…On trouve dans vos blogs, camarades, de belles images, de jolis mots, des phrases fortes, de la colère, du bonheur, des inventions de toutes sortes dans les mains d’une petite fée ou d’un œil – objectif, de la rage à la pointe d’un crayon, de la révolte sous les doigts qui courent sur un clavier, et puis du rêve et de la douceur, de la poésie et de l’humour, le don de vos ailleurs, en dessins, en recettes, en mots et en musique …

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Alors poursuivons ces quelques échanges, ils me donnent plein d’énergie et sont devenus un plaisir quotidien pour lequel je vous remercie tous.

Un tour chez la Limule

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Oui, ce post est de la publicité, mais c’est pour la bonne cause, celle des bons endroits, des bons livres et d’un super sympa vendeur en librairie !

Je suis avec une régularité de métronome les articles de mon ami du coin de la Limule, qui travaille à la librairie « Le cadran lunaire » à Mâcon. Je vous invite à faire un tour aussi dans l’antre de l’animal, en particulier pour les entretiens  réalisés avec Fred Bernard, Nicolas Dumontheuil et Philippe Nicloux, auteurs de bande-dessinée, mais pour tout ce qu’il écrit ( bien )  en général. Si vous êtes de la région, rendez-lui visite aussi au Cadran Lunaire ( rue Franche ). Euh…il ne ressemble pas trop à une limule, on est d’accord ! 

Cette librairie très active, propose régulièrement des rencontres avec des auteurs, c’est là que j’ai pu entendre David Vann et le formidable Edmond Baudoin, j’ai raté Fred Bernard…En été, la librairie organise un pique-nique collectif chez un hôte à la campagne, où chacun apporte quelque chose, et j’ai 5fredbernardainsi pu rencontrer et écouter Nancy Huston !  Bien entendu, c’est gratuit !

En plus, maintenant, il y a mon copain la Limule et ses conseils éclairés et enthousiastes sur la BD ( croyez-moi, il vous ferait acheter le rayon, méfiez-vous !) et sur le reste aussi bien évidemment.

http://lecoindelalimule.blogspot.fr/

http://www.cadran-lunaire.fr/