On va faire court…

Lu ce matin, cet article dans Livres Hebdo…

« Les libraires ont été séduits cette année par des textes dotés d’un solide souffle romanesque. En phase avec les médias, ils n’ont pas hésité à porter en tête de palmarès des ouvrages de 500 pages avec en littérature française « Au revoir là-haut « de Pierre Lemaitre et en littérature étrangère « Canada » de Richard Ford. »

Oh là là ! 500 pages, ils sont fous, ces types !

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Eh ! Franchement, ça ne vous fait pas rire ?

David Vann, interview au Nouvel Obs’ : à lire si on veut mieux comprendre

Je le trouve très dérangeant, ce type…ça me plaît, d’ailleurs. Il est bon d’être dérangé, ça fait avancer, je pense. David Vann provoque; il a, je trouve, quelque chose de très violent en lui, c’est le sentiment que j’ai eu lors de la rencontre  organisée chez notre libraire. Je redoute le dernier livre, quatrième, où, dit –  il,  il finira de régler ses comptes avec « la famille »; qu’écrira t-il ensuite ?

Tout ça avec sa gueule d’ange, ses yeux clairs et son sourire de faune …et malgré tout quelque chose de glaçant, comme l’Alaska d’où il est originaire.

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Ambigüité, je trouve que ça le définit assez bien.

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Ici, il s’exprime sur son pays, qui l’a chassé plus ou moins implicitement à la suite de ce qu’il a écrit sur un  massacre à l’arme à feu dans un lycée :  » Dernier jour sur terre », à paraître en France, mais qui n’a pas rencontré le succès aux USA. Et pour cause…Lisez ce que dit Vann de la relation de ses compatriotes avec les armes, de l’hypocrisie ambiante, et écoutez sa colère et sa virulence…cet assassin dont il parle, ç’aurait pu être lui :

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20130405.OBS6997/david-vann-les-americains-sont-trop-debiles-1-2.html

« Et tous mes amis seront des inconnus » de Larry McMurtry – Gallmeister, traduit par Laura Derajinski – collection Américana

Le titre de ce roman est celui d’une chanson country traditionnelle mélancolique,

« All my friends gonna be strangers » .Vous pouvez l’écouter là :

J’ai fait la connaissance de  Larry McMurtry avec « Lonesome dove », une vraie découverte, un extraordinaire voyage et cette écriture, toujours empreinte d’ironie et d’humour, où la dérision ramène chacun à sa plus juste place face à la nature, au côté irrémédiable de la vie – la mort, donc ! – , face aux éléments et au temps…

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C’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé ce ton. Autre époque – le début des années 60 – , mais toujours une sorte de déambulation des personnages d’un lieu à un autre, d’une situation à une autre. Quel gentil garçon, ce Danny ! C’est ainsi qu’on peut le qualifier : plutôt naïf, sentimental, émotif et…parfois un peu bête de toutes ses qualités ! En tous cas voici un roman qui me réconcilie avec la lecture,enfin une histoire, avec des choses qui se produisent, parfois totalement impossibles mais on y croit, comme on croit aux ogres et aux fées quand on est un enfant. Je veux des histoires, du rêve – voire du cauchemar ! – du voyage et des personnages qui ne me ressemblent pas, et qui ne ressemblent pas à mon voisin…Et force est de constater que depuis quelques temps, c’est aux USA que je trouve cet oxygène. Larry McMurtry nous parle du Texas, du ciel du Texas, son Danny n’aime pas San Francisco, il préfère l’immensité du ciel texan :

« Le Texas, c’était ce ciel, c’était le ciel qui me souhaitait à nouveau la bienvenue. La terre m’importait peu – elle était morne, monotone, constellée de petites villes laides. C’était le ciel qui m’avait manqué, et à le voir ainsi dans son éclat matinal, je compris soudain pourquoi je n’avais pas été moi-même pendant ces derniers mois. Il était d’une telle profondeur, d’une telle grandeur, d’une telle immensité incroyable, il englobait tant de choses, il offrait un tel espace vaste et généreux, qu’à l’avoir ainsi au-dessus de soi il était impossible de ne pas se sentir plus déterminé. […]Je n’aurais rien pu ressentir dans un endroit où je n’avais jamais remarqué le ciel. »

Le périple de Danny, qui  d’étudiant devient écrivain publié, dont le roman va être adapté par la Columbia, est d’une drôlerie et d’une exubérance telles qu’on le suit le sourire aux lèvres, au gré de ses aventures amoureuses, nombreuses;  car Danny tombe sans cesse amoureux…A bord de sa vieille Chevrolet, El Chevy, comme il la nomme amicalement, il laisse aller ses pensées confuses, retardant sans cesse les décisions.houston

 » El Chevy et moi nous éloignâmes en douceur d’Austin. J’étais visiblement devenu un Conducteur. Le volant avait une sensation agréable entre mes mains. J’aimais la façon dont la route glissait sous moi, j’aimais voir les panneaux, doubler les voitures, traverser sans encombre les petites villes. Dès que j’étais en mouvement, mes sensations semblaient revenir. A l’instant où je m’arrêtais, les sensations me fuyaient. je n’étais pas certain d’avoir envie d’aller à Houston, où je serais sans aucun doute obligé de m’arrêter et de faire face à plein de choses. »

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Ce roman est le premier de Larry McMurtry. il est l’auteur de plusieurs best-sellers adaptés à l’écran. Il a reçu le prix Pulitzer pour « Lonesome Dove » et un Oscar pour le scénario du « Secret de Brokeback Mountain », en 2006.

En tous cas, je pense que je lirai ses autres livres, tant j’ai pris plaisir à celui-ci et à « Lonesome Dove ».

Lecture drôle, intelligente, qui coule sans envie d’arrêter, quel plaisir !

Hier, au Cadran Lunaire à Mâcon, David Vann


Rencontre exceptionnelle hier soir chez notre libraire avec David Vann, pour la sortie de son dernier roman « Impurs » chez l’excellent Gallmeister, traduit par Laura Derajinski .

J’ai lu ce roman par petits morceaux…insoutenable est pour moi le mot qui me vient en pensant à cette histoire. Depuis « Sukkwan Island », on sait qu’en ouvrant un livre de Vann, on plonge dans un univers de douleur. Eh bien là, vraiment, il décroche la palme !

Comme je le disais à des amies, il n’est pas question ici de dire si on a aimé ce texte ou non, c’est remarquablement écrit et construit. La question est : vais-je supporter ou non !

Ecouter parler de la genèse de ce livre ( et des autres d’ailleurs) a été très intéressant et éclairant. De plus, l’homme est souriant, drôle ( ça, on ne l’aurait pas cru ! ) et fort sympathique. Son interprète était Sophie Aslanides, dont j’ai déjà parlé, traductrice chez Gallmeister de Craig Johnson et de Ron Carlson.

Un article de l’Express est titré  » Le confident du diable  » ! Bien vu !

http://www.lexpress.fr/culture/livre/litterature-etrangere/david-vann-le-confident-du-diable_1243820.html

On peut remercier la librairie du Cadran Lunaire d’avoir organisé cette rencontre. David Vann est également aux Assises Internationales du roman de la Villa Gillet à Lyon ( programmes à votre disposition à la bibliothèque ).

IMPURS

Edmond Baudoin au Cadran Lunaire, à Mâcon, joli moment…

DALI

Dimanche, je suis allée au Cadran Lunaire à Mâcon, notre librairie en titre, pour rencontrer Edmond Baudoin, invité pour une dédicace à l’occasion de la sortie de son livre « Dali », qui parait conjointement à une exposition consacrée à l’artiste au Centre Pompidou.  Il a d’abord expliqué de façon très intéressante et poétique son travail . Voici un homme au talent connu et reconnu, qui avec des mots simples,  nous a fait écouter la musique du trait, le silence de la page blanche, qu’on rend plus musicale d’un coup de pinceau, l’onde de la ligne courbe, le grincement des dents de scie et la tonalité linéaire de la ligne droite…Quel homme charmant, souriant et  en vrai dialogue avec ceux venus le rencontrer. J’ai passé un très beau moment à l’écouter, puis à le regarder peindre ses dédicaces, tout en nous expliquant les vertus de ses pinceaux et quelques anecdotes sur ses diverses rencontres de par le monde; pas avare de sa conversation, et d’une grande simplicité et humanité. C’est tout ça qui m’avait tant touchée quand Bruno m’avait fait lire

id paulinette162« Piero »

id paulinette161que j’ai acheté et que Mr Baudoin m’a si joliment dédicacé.

Comme nos rayons ne sont pas très riches en bandes dessinées, j’ai demandé des livres de Baudoin à la DLP, mais nous avons le roman graphique réalisé avec Fred Vargas, « Les quatre fleuves », chez Viviane Hamy, où l’on voit comme ce monsieur a su saisir la personnalité du commissaire Adamsberg.

Voici le lien vers le site officiel d’Edmond Baudoin

http://www.edmondbaudoin.com/