« Les groseilles de Novembre » de Andrus Kivirähk – Le Tripode, traduit de l’estonien par Antoine Chalvin

Les_Groseilles_de_novembreLe sous-titre  : « Chronique de quelques détraquements dans la contrée des kratts »

Fin d’une parenthèse absolument loufoque et savoureuse, pour une histoire estonienne, un conte où tout se détraque très vite, pour notre plus grande jubilation. Chronique d’un village où de tous temps l’estonien est chez lui, où tout est à lui, où la propriété est celle de chacun et de tous ( ou plutôt à celui qui saura s’en emparer ) : ça vole, ça chaparde, ça dérobe, en particulier dans le manoir, chez le vieux baron et sa famille : les robes de deuil pour en faire des robes de mariées, la cave et ses réserves, le bois, le blé…Car nous le savons tous, n’est-ce pas, il faut prendre les choses dont on a besoin là où elles se trouvent !

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Tout ça pour vous dire que sous des aspects cocasses, burlesques à souhait, voici un conte cruel et délicieusement immoral , enfin apparemment, car il y a une belle idée dans cette immoralité !

Le voleur peut se faire attraper, mais seulement par le Diable, qui pour punition le fera travailler en son enfer qui s’avère être un paradis:

« Comme j’étais aux commandes, je pouvais décider qui je faisais cuire à gros bouillons ou seulement chauffer à l’eau tiède. Les plus gentils et les plus généreux avec moi pouvaient se prélasser comme dans une baignoire. Mais les radins et ceux dont la tête ne me revenait pas, je les changeais aussitôt en soupe de pois, à leur en faire éclater les orteils! »

Ce qui m’est apparu pendant cette lecture, c’est que j’avais envie de lire à voix haute…Toute cette histoire est à conter, et ferait à mon avis une extraordinaire pièce de théâtre. Le langage y est truculent, d’une grossièreté de bon aloi ! Et très irrévérencieux, bien entendu.

estonia-96312_1280« Tous ces gens d’église sont arrivés chez nous à l’époque du roi Lembitu. Ils nous ont enlevé nos dieux et les ont remplacés par le leur. Ce n’est que justice s’ils souffrent maintenant! Ils n’avaient qu’à pas venir nous embêter !

-Mais qui étaient nos dieux? demanda Muna Ott. Et où ont-ils disparu ?

-Eh bien, par exemple, Kalevipoeg était un dieu, estima Ints. Un dieu grand et fort. C’est Jésus- Christ qui l’a tué. Dans le dos, évidemment. Sinon il n’aurait pas pu. »

Maîtres et valets rivalisent de roublardise et les amoureux n’ont pas la vie facile.

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Ici, vous ferez connaissance avec les kraats ( beau spécimen sur l’image ci-dessus, avec le kraat du granger), les pelunoirs, les suce-lait, les quauquemaires, le Vieux -Païen ( ou Vieux -Garçon ), les croque-mitaines, loups-garous, sorcières et démons de toutes formes et espèces, dont certaines qui miaulent, des vaches de mer, des bêtes cornues qui crachent du feu…Et les Estoniens . Un humour ravageur, en fait très noir. Cette fable ne plaira sans doute pas à tout le monde…Il faut avoir l’esprit un peu tordu pour goûter à la farce ( euh…je l’ai, je crois et j’aime bien ça ), un bon moment d’éclats de rire pour moi, et ça ne se refuse pas !

Enfin, saluons cette maison d’édition, Le Tripode, pour le choix des œuvres éditées, pour la beauté des livres eux-mêmes ( un peu comme chez Monsieur Toussaint Louverture, des livres qu’on caresse…) .

Bonus vidéo, interview de Andrus Kivirähk, pour les éditions Le Tripode.

Et du traducteur Antoine Chalvin 

« Hérétiques » de Leonardo Padura – Métailié, traduit par Elena Zayas

heretiques-padura Je termine à l’instant un grand livre, dense, exigeant et prenant…Leonardo Padura est parmi les auteurs que j’aime depuis le premier livre lu, sans déception depuis, et le voici de retour avec un véritable monument, dans lequel il déploie tout son talent de narrateur, d’architecte des mots et des histoires, avec une fascinante capacité à construire une intrigue complexe qu’on ne peut pas lâcher, et dont on sort quelque peu sonné. Ceci explique le temps dont j’ai eu besoin pour ces 600 pages. Étourdissant voyage entre les siècles et les lieux, de Cracovie à Cuba en 1939, à Cuba en 2009, puis à Amsterdam en 1643, avant de revenir à Cuba…Un triptyque magistral.

Tout au long de ce roman qui mêle l’histoire tragique du peuple juif à celle de Cuba ( de Batista à Castro via la Révolution jusqu’à aujourd’hui…), il n’est qu’un sujet, qu’un fil conducteur qui depuis toujours anime l’homme : la liberté, le désir et le besoin de liberté, la manière d’y accéder, et les drames qui découlent du manque de cette liberté.

« Car il est possible que même Dieu soit mort, en supposant qu’Il ait existé, et si on a aussi la certitude que tant de messies sont finalement devenus des manipulateurs, tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartient, c’est ta liberté de choix. Pour vendre un tableau ou le donner à un musée. Pour être du nombre ou ne plus en être. Pour croire ou ne pas croire. Et même pour vivre ou pour mourir. »

havana-222462_1280Cette phrase termine l’épilogue du roman, où j’ai retrouvé avec jubilation Mario Conde, l’ex-flic bibliophile, maintenant vieilli, toujours épris de Tamara, son amour de jeunesse, et surtout toujours entouré, de près ou de loin, par sa tribu d’amis  – j’aime tout particulièrement tous les passages consacrés à ces soirées débordantes d’amitié, d’amour, arrosées de rhum et nourries des plats savoureux de Josefina.

« […]: un gigot de porc rôti, une marmite de moros y cristianos tout brillants de l’huile parfumée des olives toscanes, des yuccas dépravés, ouverts comme le désir avec leurs entrailles humides d’une marinade d’oranges amères, d’ail et d’oignon, et une salade fleurie aux couleurs vives. Ils laissèrent pour la fin les bouteilles de vin, les bières, le rhum et même une bouteille de soda – une seule, au citron, comme l’aimait Josefina – car ce n’était pas le jour pour boire ce genre de boissons gériatriques, comme le fit remarquer le Flaco. »

StLouisHavanaL’histoire commence avec l’arrivée à Cuba en 1939 du paquebot St Louis, et l’attente, sur le quai, de Daniel, petit garçon confié à son oncle Joseph, qui espère en voir descendre ses parents et sa sœur Judith, en vain…Un autre sort que la vie cubaine attend les 937 passagers, juifs allemands…En 2007, Mario Condé est chargé par Elias Kaminsky, fils de Daniel, de retrouver rembrandtune petite toile, supposée de Rembrandt, appartenant à la famille et réapparue dans une vente aux enchères à Londres. L’enquête de Conde, hors de tout circuit officiel va nous faire remonter le temps et nous emmener de la touffeur de La Havane au rude hiver d’Amsterdam en 1643, dans la maison de Rembrandt, dans son atelier, avec ses élèves…Ce sont ces pages qui m’ont pris le plus de temps; immersion dans la pensée et la religion judaïques, dans l’histoire de ces Juifs ayant fui Cracovie pour échapper à un massacre, bien installés dans cette ville d’Amsterdam. Elias Ambrosius ne rêve que d’une chose : peindre…Mais la religion des siens le lui interdit. Soutenu par son grand-père tant aimé et son professeur, il va braver l’interdit. C’est la partie la plus dense, et aussi celle qui m’a le plus impressionnée, parce que Padura écrit là dans un style très différent, la description d’Amsterdam, du maître Rembrandt, de la diaspora juive, c’est riche, approfondi, j’ai appris beaucoup, rencontré Spinoza au passage…un véritable bonheur mais qui m’a demandé une grande concentration.

VROOM_Hendrick_Cornelisz_The_Harbour_in_Amsterdam_mEt là encore, la liberté :

« Vous avez changé ma vie, Maître. Et pas seulement parce que vous m’avez appris à peindre […]vous m’avez appris qu’être un homme libre c’est plus que vivre dans un lieu où on proclame la liberté. vous m’avez appris qu’être libre, c’est une bataille qu’il faut livrer tous les jours, contre tous les pouvoirs, contre toutes les peurs. »

rembrandt-harmenszoon-van-rijn-67621_1280Les conversations de Rembrandt avec son jeune élève juif sont absolument admirables, qu’elles traitent de la peinture, de l’art plus généralement, de foi ou de philosophie, c’est profond, fouillé, magnifique, quoi…

La dernière partie, dans La havane d’aujourd’hui, avec sa jeunesse désabusée qui s’invente sa liberté à travers des groupes, Emos, Mikis et autres et des pratiques douloureuses…Conde recherche Judy – Judith, étrange personne qu’il découvre peu à peu…Et par laquelle il va boucler le cycle de cette histoire bouleversante.

« Il la reconnut au premier regard. […]: les lèvres, les ongles et les orbites noircis, les anneaux argentés dans l’oreille visible et le nez, les cheveux rigides tombant comme une aile d’oiseau de mauvais augure sur la moitié du visage, rendaient son image inoubliable, du moins pour un homme de Néandertal comme le Conde. »

Le propos de l’auteur est clair et on sent bien chez lui la désillusion, l’impuissance face à la misère, à la corruption, à la désespérance. Le seul refuge reste l’amour et l’amitié, un peu de rhum.

« Dans un pays qui devenait, jour après jour, un enclos entouré de très hautes palissades où, selon une étrange pratique, beaucoup de coqs se battaient entre eux, chacun essayant de prendre quelque chose à l’autre et s’assurant qu’on ne lui prendrait rien à lui. » 

Havanna_Street_in_blue_2_mToutefois, quand on le retrouve dans les rues de La Havane, entouré des siens, de ses souvenirs et lieux familiers, l’humour salvateur est de retour : 

« Tu sais pas lire ? Allez, quinze pesos, paie d’abord, dit le bistrotier, et, sans bouger sa lourde fesse, il attendit que le distingué client mette les billets sur le comptoir. Après les avoir pris, comptés et rangés dans la vieille caisse enregistreuse, il lui lança enfin les cigarettes puis se mit à verser le rhum dans un verre d’une propreté qui parut plus douteuse à Conde qu’à un marxiste orthodoxe, en théorie prêt à douter de tout, ou plutôt de tous. »

Ou au lendemain de la fête d’anniversaire de Tamara ( 52 ans ) – qui donne lieu à un petit discours de Carlos le Flaco, absolument émouvant, splendide ode à l’amitié – les effets du rhum haïtien: 

« Le réveil fut des plus terribles, comme Conde le méritait : le sang battait dans ses tempes, sa nuque était brûlante, son crâne opprimait perfidement sa bouillie encéphalique. Il ne se risqua pas à palper la zone du foie par crainte que le viscère ne se soit échappé, lassé des abus. »

256px-Leonardo-padura-ffm001Alors, je sors enchantée de cette lecture, difficile certes, mais enrichissante par les thèmes de réflexion qu’elle aborde, écrite avec brio; je regrette vraiment de ne pas avoir pu assister à la rencontre avec Leonardo Padura qui a eu lieu à Lyon à la librairie « Passages »

Voici ce que Leonardo Padura dit de son livre.

 

 

Photo : Dontworry (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 

(http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

En tous cas, un coup de cœur pour ce livre ambitieux qui démontre que Padura ne dort pas sur ses lauriers et sait prendre  des risques. Il a raison , il en a les moyens.

Voyage entre l’Europe et Cuba, voyage dans le temps, avec Leonardo Padura

Promis, c’est pour la semaine prochaine, un livre très dense, assez difficile, riche en histoire, en sujets de réflexion très contemporains. Et l’écriture extraordinaire de Padura…Retour dans la vie de Mario Conde et de ses compères. Et visite dans celle du génial Rembrandt.

En attendant, à écouter, à voir, pour une petite mise en bouche

Et à lire:

http://www.apra.asso.fr/Camps/Fr/Paquebot-StLouis.html

« Marina Bellezza » de Silvia Avallone – Liana Lévi, traduit par Françoise Brun

silvia« Ce n’est pas vrai que ce qui compte, c’est où on arrive. Ce qui compte, c’est d’où on vient.»

Je l’ai attendu, ce livre, depuis que j’ai fermé l’extraordinaire « D’acier », et dévoré la nouvelle « Le lynx », en me disant : quel talent, et si jeune ! La voici à nouveau, enfin,  la belle et fougueuse Silvia, avec un roman où une fois encore, elle emmène le lecteur dans son Italie, celle de sa génération, celle de la crise, celle des désillusions et de l’abandon. Je retrouve avec un immense plaisir une écrivaine sensible mais toujours réaliste, qui jamais ne larmoie mais pose un regard très aigu et juste sur les protagonistes de son récit. Un regard sans pitié sur le monde clinquant et vain du show biz, sur sa façon de vendre du rêve ( de richesse, de célébrité, de reconnaissance, d’amour, …) à une génération qui se cherche un avenir au milieu d’un champ de ruines, qui veut croire en quelque chose pour continuer à vivre. Regard compassionnel pour ceux qui bataillent et cherchent des issues à cet avenir encombré d’obstacles de toutes sortes.

Silvia Avallone, avec toujours la même plume vive, nerveuse dont elle use pour faire vivre ses personnages, raconte ici, et d’abord, une histoire d’amour entre deux jeunes gens aussi dissemblables que possible, mais unis par un de ces amours fous furieux noués à l’adolescence, et maintenu vaille que vaille en vie, comme on protège la flamme d’une bougie contre tous les vents. Andrea aime Marina; lui, étudiant révolté, décide de reprendre une ferme et un élevage, pour retrouver les heures heureuses de son enfance auprès de son grand-père et elle, la chanteuse du radio-crochet du village qui entrevoit la gloire, l’argent, le champagne, la foule en délire, comme une revanche sur la vie. Andrea est réfléchi, mûr, sensible, et en rupture avec sa famille bourgeoise, . Marina, elle, est agaçante, égocentrique, menteuse, méchante, manipulatrice…mais belle, attendrissante quand elle veut, futile et immature.

« Pour les téléspectateurs, cette fille n’avait plus de passé, de famille, d’histoire. Sa famille, ses amis, ceux qui la connaissaient ne voyaient pas Marina mais une autre créature, irréelle  et sans mémoire, divine car libre d’exister dans l’instant même où eux n’existaient plus.

Et cependant ils survivaient, cloués, enchaînés de l’autre côté, où la réalité est triste et vide, où les chambres sont mal rangées, les fourneaux à nettoyer, et les gens se traînent en savates, les enfants se fourrent le doigt dans le nez, et il y a les factures à payer, la vaisselle sale. De ce côté-ci : du côté sombre et muet du pays. »

Mais Andrea donnerait sa vie pour elle, et endure tous les affronts qu’elle lui inflige . A travers cette histoire et  celle ébauchée de tous les autres personnages, Elsa, Sebastiano, Paola, Silvia Avallone nous livre une vision lucide et dure de notre monde actuel, et en particulier de ces jeunes qui développent des stratégies pour vivre et avancer, message d’espoir dans un moment où tout pourrait pousser au renoncement.

De superbes évocations de l’enfance, comme des flashes colorés qui percutent la rétine des personnages au détour d’une route, au bord du torrent, ou assis au bar, souvenirs tristes ou joyeux.

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« Une journée sans rien d’extraordinaire, où tes parents ont l’air heureux, et l’endroit où tu es née est baigné de lumière, l’air a quelque chose de sauvage, de ferreux, chaque chose est exactement à sa place . Et qu’importe ce qui arrivera ensuite, où ce qui est arrivé.

Qu’importent les souffrances, la fatigue, les trahisons qu’il faudra endurer. Ça vaut la peine, malgré  tout.Pour cette seule perfection d’une journée, à quatre ans avec ta famille au bord de la Balma, ça vaut la peine. »

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Les descriptions de ces montagnes piémontaises dénotent le fort enracinement de l’auteure dans sa région natale. On sent souvent dans ses mots, à travers les pensées d’Andrea, ou d’Elsa, de la rage, de la colère, du chagrin, et en même temps une force incroyable qui nous dit que tout est encore possible, dans les mains de cette jeunesse en souffrance, mais vivante ! Et la vie reste la plus forte… même si c’est au prix d’un rude combat.

« […]parce que l’imperfection de la vie est le cœur de la vie même, et qu’elle creuse et ronge implacablement de l’intérieur, qu’elle s’interpose entre nous et notre volonté, dévore comme le fait un torrent. »

Je ferme là un roman riche sans lourdeur, une écriture limpide mais profonde, comme les torrents du Monte Cucco. Et donc, j’attendrai avec la même impatience le prochain roman de cette nouvelle et magnifique plume qu’est Silvia Avallone, une plume ancrée dans son temps.

Belle et intéressante rencontre avec Bruce Machart

Je l’attendais cette soirée ! Et pas déçue du déplacement, vraiment. Il faut remercier et saluer Jean-Marc Brunier pour ces parenthèses littéraires offertes aux lecteurs dans sa jolie librairie du Cadran Lunaire.
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Un plaisir n’allant jamais seul, j’étais avec mon amie Béatrice, grande amatrice comme moi de littérature américaine. Après un musardage dans les rayons, un très grand monsieur est entré en souriant, devancé par une jeune femme, la traductrice . Et nous nous somme retrouvés réunis pour écouter Bruce Machart répondre aux questions de J.M. Brunier, puis aux nôtres. Sur le pourquoi et le comment il écrit, la réponse claire et développée a été qu’en fait, rien n’est planifié; des personnages lui apparaissent, ne demandant qu’à vivre sous sa plume, avec la question : cet homme, tel qu’il est là, que fera-t-il s’il arrive tel évènement ? Et ainsi se noue l’histoire. Il a dit surtout que la nouvelle est sa passion première. En fait les textes du recueil « Des hommes en devenir » ont été écrits avant le roman, mais aux USA comme en France, le roman est plus vendeur, et il a dû proposer un début de roman pour que ses nouvelles soient publiées. Il a été question du Texas, de ses hommes durs, impassibles, des archaïsmes qui existent encore dans cet état quant à l’éducation des garçons, et du mal à s’en défaire. De nombreuses références à Faulkner, de l’humour, de la disponibilité, des réponses claires à des questions qui l’ont parfois surpris, comme celle posée sur le « tu » et le « vous », qui n’existent pas en anglais, et entraînent des choix de traduction en français qui ne sont pas anodins…Tout ça a été très intéressant, vivant, et bien sûr, suivi d’un bon verre.
SAM_4057Bruce Machart a accepté que je fasse une photo pour vous, tandis qu’il signe mon bouquin : « Alors ? C’est « tu » ou « vous » ? avec l’accent et en riant.
Ce grand monsieur ( à vue d’œil, je dirais pas loin des 2 mètres…)  nous a parlé de son travail aussi bien qu’il écrit, et il ne nous reste qu’à attendre d’autres livres de cette plume puissante et qui promet encore de très grandes heures de lecture.