« Parmi toutes les autres » -Hélène VEYSSIER, éditions Buchet – Chastel

« Tu veux me montrer à quoi ressemble ton chef-d’œuvre. Tu t’assieds à la table. La main en suspens et comme hésitant d’abord au-dessus du papier, de gauche à droite et d’un seul trait chaque fois, tu ébauches la silhouette de trois personnages. Ensuite, t’écartant un peu du dessin pour juger: « Voilà, c’est comme ça », tu as l’air heureux.

Ce court roman raconte la rencontre entre Edgar Degas et une jeune fille de 15 ans, petit rat à l’opéra de Paris qui y gagne chichement sa vie.

De nombreux hommes viennent assister aux ballets, aux entraînements aussi, surtout pour regarder ces petites si charmantes et si jeunes. Bref. Parmi eux, Edgar Degas qui vient « croquer » ces petites danseuses pour ses toiles qu’on connait tous.  C’est la petite Adèle qui sera son sujet de choix, et elle sait qui il est. Et c’est ainsi qu’un jour, elle l’emmènera dans sa modeste chambre, et Degas se sentant ensuite vaguement honteux je suppose, lui laissera un dessin, l’ébauche de « Portrait de famille ».

« Je te dois cela, Edgar Degas, je te dois ma naissance à la culture, à l’art, je te dois la découverte du bonheur d’apprendre. C’est un cadeau immense dont ut ne sauras jamais rien. Pourtant, quand je repense à  nous, c’est aussi de la colère qui me vient, de ton dédain, du sot mépris de certains hommes pour qui n’est pas de leur monde. »

Avec pudeur et une grande délicatesse, l’autrice nous raconte la vie de cette jeune fille, qui se mariera avec le libraire chez lequel elle va chiper des livres. Une vie d’amour avec un homme tendre, une enfant, Sophie. Mais en arrière plan, plane Degas, sa peinture, et ses petites danseuses…et sa famille.

« La famille Bellelli, le même que vous aviez reproduit au crayon dans ma chambre ce jour maintenant lointain…Je m’en souvenais parfaitement, sur la grande feuille que j’avais extraite du carton à dessin de ma cousine, et sur laquelle vous aviez dessiné, il y avait une femme et deux fillettes: trois personnages, c’est tout. Je restais devant le tableau, interdite, émue, étrangement inquiète. »

Oscillant entre une histoire d’amour – peut-on vraiment la nommer ainsi? – et la vie d’une jeune épouse, c’est l’histoire d’Adèle, qui voyant les œuvres de Degas, plus tard, s’interroge sur l’image que le peintre lui renvoie, s’interroge aussi sur la famille de Degas .

Je suis un peu perplexe, non pas sur la qualité du roman, tendre, délicat et qui pose des questions, tout en nous mettant dans l’esprit d’une jeune fille de 15 ans en admiration devant un Degas qui en pas mal de plus. Cette histoire me questionne. Autres temps, autres regards sur le monde et sur les relations hommes-femmes – mais ici, c’est une relation homme-fillette, à peine adolescente…Bref. « Ce beau livre qui conte un amour tu », a quelque chose de dérangeant. Et pour moi de très triste.

Ce qui m’y a plu est la vie que se construit la danseuse, avec son époux libraire et sa fillette, et son intelligence. 

« Enfin, si un jour quelqu’un, quelqu’un qui vous aurait connu, à qui peut-être vous auriez parlé de moi, car il arrive, n’est – ce – pas qu’on évoque des relations insignifiantes, si quelqu’un se souvient de la petite danseuse, alors, qu’il entende en écho l’histoire de votre tableau et la mienne, et qu’ainsi j’existe. »

« Bacon, juillet 1964 » – Gilles Sehban, éditions Le Rouergue /La Brune

9782812624674« Les deux hiboux

1.

Qui n’a fait l’expérience devant une image photographique d’une sorte de fascination mêlée de déception: on s’approche plus près et pourtant. Ce fantasme de l’image vérité, photographique et bien plus encore filmique puisque c’est non seulement l’image mais aussi la voix de l’artiste qui nous est livrée, nulle part je ne l’ai senti avec plus de brutalité que dans un documentaire de 1964, d’une durée de vingt et une minutes, sur le peintre Francis Bacon. Ce document a résisté à toutes mes lectures sur l’artiste comme si, autant de fois que je regarderais ce documentaire et à autant de moments de ma vie, il ne cesserait de m’asséner une vérité énigmatique. »

J’ai beaucoup aimé la série de romans intitulée  » Le royaume des insensés », et je retrouve ici, dans ce livre qui n’est pas un roman la plume délicate, précise et intelligente de Gilles Sehban. Je ne suis pas surprise du tout de son intérêt pour Francis Bacon, si vous avez lu les romans, vous comprenez ce que je veux dire. Francis Bacon a quelque chose de ces « insensés », c’est certain; sa peinture m’a toujours fascinée tout en provoquant parfois une certaine répulsion. Bacon, c’est la chair à vif, c’est l’être à vif.

20230603_134940« On a beaucoup glosé sur l’effet que produisaient les toiles de Bacon. Le malaise qu’elles provoquaient. On a parlé de boucherie, d’horreur, de psychiatrie. On a souligné le tragique qui entourait la peinture de Bacon et lui-même a fini par développer une vision superstitieuse dans laquelle sa peinture portait malheur. À chaque grande rétrospective, la mort d’un amant. Comme s’il y avait un prix terrible à payer et que pour qu’apparaissent les figures sur la toile, il fallait qu’elles se détruisent dans la vie. Fréquenter Bacon n’était pas sans risque. Et l’approche de ses œuvres, aujourd’hui encore, ne va pas sans un certain sortilège. »

Se basant sur un documentaire tourné en 1964 pour la Radio Télévision Suisse par Pierre Koralnik, il nous propose son regard sur ce film de 21 minutes. Tourné dans l’atelier du peintre, à Reece Mews, entouré d’amis, d’amants, et d’alcool, Francis Bacon se réjouit de répondre en français à Émile de Harven.

https://www.rts.ch/play/tv/redirect/detail/10695142

Gilles Sehban a visionné de nombreuses fois ce documentaire et nous en propose ici une analyse, regardant partout: Bacon, sa peinture, certes, mais le lieu et les personnes qui le remplissent. Leurs regards, remarques, gestes, paroles, il nous en donne son interprétation, bien évidemment avec Bacon au centre, qui fume, boit, bouge, sourit. Et se délecte de parler français.

L’œuvre est bien sûr fortement présente, et l’auteur, avec sa finesse de regard, permet de mieux comprendre de quoi elle est faite, si dérangeante, étrange, toute en torsions, mouvements et déchirements des corps, sang, chair, comprendre qui sont les maîtres de Francis Bacon – Velasquez et Rembrandt  – et ses inspirations, les Euménides et l’Orestie particulièrement.

20230603_134953« Dans son panthéon personnel, sans doute Eschyle joue-t-il un rôle particulier. On se souvient que d’une certaine façon, c’est par lui que Bacon entre dans l’histoire de la peinture avec son célèbre triptyque Trois études de figures au pied d’une crucifixion. Cette œuvre de 1944 est en effet inspirée de sa lecture des Euménides, dernière pièce constituant précisément la trilogie de l’Orestie, comme si la forme théâtrale était venue suggérer la dramaturgie du tableau. »

Ce qui est fascinant dans le regard de Gilles Sehban sur ce documentaire, c’est sa précision. Par exemple, se mettre à la place du journaliste, qui a sans aucun doute traité des sujets plus faciles, et regarder lui aussi Bacon qui parle, un peu poseur, un peu crâneur, l’entourage des amis et amants, les nouveaux, les anciens récalcitrants à ce « jeu ».  Et Francis Bacon qui joue, lui aussi, pourtant on sent que sur sa peinture il est d’une grande sincérité car lui-même n’est jamais bien certain de ce qu’il réalise.

« Bacon était connu pour avoir détruit de nombreuses toiles. On peut même dire que cette destruction a été systématique jusqu’à l’âge de trente-sept ans, puisque seules dix toiles subsistent de cette préhistoire. Il semble que Bacon ait souhaité apparaître tout armé aux yeux de la postérité. Cela témoigne d’une insatisfaction chronique de soi. Et d’un désir absolu de contrôle. Mais cette destruction n’a pas touché que les œuvres de jeunesse. Elle apparaît même comme un système, une possibilité, un horizon. Lui arracher les toiles avant qu’à nouveau il les détruise. Ainsi, poussant jusqu’au bout sa propre logique, Bacon affirme-t-il dans son premier entretien avec David Sylvester que c’est surtout quand les tableaux sont les plus réussis que la tentation de les détruire lui vient. »

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Pour finir – avec le dernier et beau paragraphe du livre -, j’ai été très attachée par ce personnage hors normes, je n’avais jamais rien lu de sa vie, je n’en connaissais que quelques bribes, et je remercie Gilles Sebhan pour le regard qu’il a porté, attentif, sur le documentaire et sur ce peintre dérangeant, et génial, me permettant de mieux connaître cet homme. Ce livre se lit aisément, belle écriture comme toujours, finesse, délicatesse, j’ai vraiment aimé.

« Et c’est ainsi qu’il a pris l’avion, alors qu’il était au plus mal, pour retrouver son jeune ami madrilène. Sans doute comme un hommage, il venait de peindre un taureau solitaire sur l’écru de la toile, dont la corne semble transpercer la frontière entre un monde et un autre. C’était un peu comme s’il avait eu la prescience qu’il allait livrer son dernier combat.  À l’hôpital, deux sœurs se sont occupées de lui. Elles se souviennent d’un être délicat, qui se souciait de ne pas déranger les autres malades. Il est mort une nuit, quatre jours plus tard. On l’a incinéré dans un cimetière, sans cérémonie, sans personne. Les vautours avaient fini de se disperser. La fête était finie. »

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Plus que demain dimanche pour une exposition absolument magnifique !

IMG_1455Avant toute chose, je m’excuse auprès des artistes de la qualité des photos, je suis mal équipée, je n’ai pas pu éviter les prises électriques, ou les reflets des grandes fenêtres, ça ne rend pas grâce à leurs œuvres, mais ici tous les liens pour mes lecteurs pour visiter les sites de chacune et chacun.

Aujourd’hui, visite de cette exposition au Château d’Ars, un enchantement, tant pour le lieu que pour les artistes présents, à découvrir absolument. Je vous mets les liens vers leurs sites respectifs.
Pour la sculpture d’Estelle Reverchon, élégante et vivante, comme cette femme qui se perpétue dans son ombre.
Pour les extraordinaires aquarelles de Léon Sojac et les encres de Chine sublimes de Raphaëlle Gonin 
Pour les peintures sur bois d’Aurelle Richard à l’ambiance mélancolique et raffinée.
Pour les lumineux pastels de Jacques Perrodin, et une galerie de portraits exceptionnels
Et enfin les textes de Catherine de Guiran.

IMG_1431J’ai tout aimé, et trouvé une grande virtuosité en particulier dans les encres de Chine de Raphaëlle Gonin ( j’ai un faible pour le noir et blanc ), qui dialoguent tendrement avec les aquarelle de Léon Sojac, touchantes. Plein les yeux !
Allez-y demain si vous pouvez, un beau moment dans un décor exceptionnel.
On ne regrettera que la brièveté de l’exposition dans le temps, ça mériterait bien au moins une semaine de plus !

https://goo.gl/photos/Gt3EXtzvP1yGhTEL6

Bientôt un livre, mais en attendant…

« Ce qui a vraiment un sens dans l’art, c’est la joie.  Vous n’avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez vous rend heureux ? Tout est là . »
Constantin Brancusi

Spéciale dédicace à  mes plus fidèles amis blogueurs, et plus particulièrement à CultURIEUSE et Kali, un peu de beauté dans un monde de brutes

http://www.brucerileyfilm.com/

« Hérétiques » de Leonardo Padura – Métailié, traduit par Elena Zayas

heretiques-padura Je termine à l’instant un grand livre, dense, exigeant et prenant…Leonardo Padura est parmi les auteurs que j’aime depuis le premier livre lu, sans déception depuis, et le voici de retour avec un véritable monument, dans lequel il déploie tout son talent de narrateur, d’architecte des mots et des histoires, avec une fascinante capacité à construire une intrigue complexe qu’on ne peut pas lâcher, et dont on sort quelque peu sonné. Ceci explique le temps dont j’ai eu besoin pour ces 600 pages. Étourdissant voyage entre les siècles et les lieux, de Cracovie à Cuba en 1939, à Cuba en 2009, puis à Amsterdam en 1643, avant de revenir à Cuba…Un triptyque magistral.

Tout au long de ce roman qui mêle l’histoire tragique du peuple juif à celle de Cuba ( de Batista à Castro via la Révolution jusqu’à aujourd’hui…), il n’est qu’un sujet, qu’un fil conducteur qui depuis toujours anime l’homme : la liberté, le désir et le besoin de liberté, la manière d’y accéder, et les drames qui découlent du manque de cette liberté.

« Car il est possible que même Dieu soit mort, en supposant qu’Il ait existé, et si on a aussi la certitude que tant de messies sont finalement devenus des manipulateurs, tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartient, c’est ta liberté de choix. Pour vendre un tableau ou le donner à un musée. Pour être du nombre ou ne plus en être. Pour croire ou ne pas croire. Et même pour vivre ou pour mourir. »

havana-222462_1280Cette phrase termine l’épilogue du roman, où j’ai retrouvé avec jubilation Mario Conde, l’ex-flic bibliophile, maintenant vieilli, toujours épris de Tamara, son amour de jeunesse, et surtout toujours entouré, de près ou de loin, par sa tribu d’amis  – j’aime tout particulièrement tous les passages consacrés à ces soirées débordantes d’amitié, d’amour, arrosées de rhum et nourries des plats savoureux de Josefina.

« […]: un gigot de porc rôti, une marmite de moros y cristianos tout brillants de l’huile parfumée des olives toscanes, des yuccas dépravés, ouverts comme le désir avec leurs entrailles humides d’une marinade d’oranges amères, d’ail et d’oignon, et une salade fleurie aux couleurs vives. Ils laissèrent pour la fin les bouteilles de vin, les bières, le rhum et même une bouteille de soda – une seule, au citron, comme l’aimait Josefina – car ce n’était pas le jour pour boire ce genre de boissons gériatriques, comme le fit remarquer le Flaco. »

StLouisHavanaL’histoire commence avec l’arrivée à Cuba en 1939 du paquebot St Louis, et l’attente, sur le quai, de Daniel, petit garçon confié à son oncle Joseph, qui espère en voir descendre ses parents et sa sœur Judith, en vain…Un autre sort que la vie cubaine attend les 937 passagers, juifs allemands…En 2007, Mario Condé est chargé par Elias Kaminsky, fils de Daniel, de retrouver rembrandtune petite toile, supposée de Rembrandt, appartenant à la famille et réapparue dans une vente aux enchères à Londres. L’enquête de Conde, hors de tout circuit officiel va nous faire remonter le temps et nous emmener de la touffeur de La Havane au rude hiver d’Amsterdam en 1643, dans la maison de Rembrandt, dans son atelier, avec ses élèves…Ce sont ces pages qui m’ont pris le plus de temps; immersion dans la pensée et la religion judaïques, dans l’histoire de ces Juifs ayant fui Cracovie pour échapper à un massacre, bien installés dans cette ville d’Amsterdam. Elias Ambrosius ne rêve que d’une chose : peindre…Mais la religion des siens le lui interdit. Soutenu par son grand-père tant aimé et son professeur, il va braver l’interdit. C’est la partie la plus dense, et aussi celle qui m’a le plus impressionnée, parce que Padura écrit là dans un style très différent, la description d’Amsterdam, du maître Rembrandt, de la diaspora juive, c’est riche, approfondi, j’ai appris beaucoup, rencontré Spinoza au passage…un véritable bonheur mais qui m’a demandé une grande concentration.

VROOM_Hendrick_Cornelisz_The_Harbour_in_Amsterdam_mEt là encore, la liberté :

« Vous avez changé ma vie, Maître. Et pas seulement parce que vous m’avez appris à peindre […]vous m’avez appris qu’être un homme libre c’est plus que vivre dans un lieu où on proclame la liberté. vous m’avez appris qu’être libre, c’est une bataille qu’il faut livrer tous les jours, contre tous les pouvoirs, contre toutes les peurs. »

rembrandt-harmenszoon-van-rijn-67621_1280Les conversations de Rembrandt avec son jeune élève juif sont absolument admirables, qu’elles traitent de la peinture, de l’art plus généralement, de foi ou de philosophie, c’est profond, fouillé, magnifique, quoi…

La dernière partie, dans La havane d’aujourd’hui, avec sa jeunesse désabusée qui s’invente sa liberté à travers des groupes, Emos, Mikis et autres et des pratiques douloureuses…Conde recherche Judy – Judith, étrange personne qu’il découvre peu à peu…Et par laquelle il va boucler le cycle de cette histoire bouleversante.

« Il la reconnut au premier regard. […]: les lèvres, les ongles et les orbites noircis, les anneaux argentés dans l’oreille visible et le nez, les cheveux rigides tombant comme une aile d’oiseau de mauvais augure sur la moitié du visage, rendaient son image inoubliable, du moins pour un homme de Néandertal comme le Conde. »

Le propos de l’auteur est clair et on sent bien chez lui la désillusion, l’impuissance face à la misère, à la corruption, à la désespérance. Le seul refuge reste l’amour et l’amitié, un peu de rhum.

« Dans un pays qui devenait, jour après jour, un enclos entouré de très hautes palissades où, selon une étrange pratique, beaucoup de coqs se battaient entre eux, chacun essayant de prendre quelque chose à l’autre et s’assurant qu’on ne lui prendrait rien à lui. » 

Havanna_Street_in_blue_2_mToutefois, quand on le retrouve dans les rues de La Havane, entouré des siens, de ses souvenirs et lieux familiers, l’humour salvateur est de retour : 

« Tu sais pas lire ? Allez, quinze pesos, paie d’abord, dit le bistrotier, et, sans bouger sa lourde fesse, il attendit que le distingué client mette les billets sur le comptoir. Après les avoir pris, comptés et rangés dans la vieille caisse enregistreuse, il lui lança enfin les cigarettes puis se mit à verser le rhum dans un verre d’une propreté qui parut plus douteuse à Conde qu’à un marxiste orthodoxe, en théorie prêt à douter de tout, ou plutôt de tous. »

Ou au lendemain de la fête d’anniversaire de Tamara ( 52 ans ) – qui donne lieu à un petit discours de Carlos le Flaco, absolument émouvant, splendide ode à l’amitié – les effets du rhum haïtien: 

« Le réveil fut des plus terribles, comme Conde le méritait : le sang battait dans ses tempes, sa nuque était brûlante, son crâne opprimait perfidement sa bouillie encéphalique. Il ne se risqua pas à palper la zone du foie par crainte que le viscère ne se soit échappé, lassé des abus. »

256px-Leonardo-padura-ffm001Alors, je sors enchantée de cette lecture, difficile certes, mais enrichissante par les thèmes de réflexion qu’elle aborde, écrite avec brio; je regrette vraiment de ne pas avoir pu assister à la rencontre avec Leonardo Padura qui a eu lieu à Lyon à la librairie « Passages »

Voici ce que Leonardo Padura dit de son livre.

 

 

Photo : Dontworry (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 

(http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

En tous cas, un coup de cœur pour ce livre ambitieux qui démontre que Padura ne dort pas sur ses lauriers et sait prendre  des risques. Il a raison , il en a les moyens.