Si je compte jusqu’à trois et que mon ombre est toujours sur le sol, c’est que je suis vivante…Je me récite cette phrase entre deux respirations. Même si je dois aller vite, je prends le temps d’articuler distinctement chaque syllabe dans ma tête; je sais que si je bute ne serait-ce que sur un mot, je devrai tout recommencer. Ça ne plaisante pas les formules magiques, surtout celles qu’on utilise souvent. Moi, je compte dès que la vie devient trop grande. Je dois la réajuster sans cesse avec ces trois chiffres pour me sentir dedans. »
Voici le récit d’une collégienne un peu solitaire. Elle a bien Laetitia, sa copine futile qui aime le shopping, mais elle, elle est « à côté ». Elle, c’est une rêveuse qui lit Prévert. Elle croise régulièrement un jeune homme qui est manifestement et dans tous les sens du terme, à la rue. La rencontre va se faire, improbable, elle et sa vie tranquille, lui…on découvre vite qu’il se drogue, et qu’il utilise son corps pour payer sa dope. Il se vend à des hommes, furtivement, de nuit, il vit ainsi. Enfin si on appelle ça vivre. Elle, rêveuse, idéaliste, elle va bien sûr en tomber amoureuse et décider de le sauver, par son amour qui ne cessera de grandir au fil des jours. C’est cette rencontre qui est là racontée. Pour une histoire pleine de souffrances, de joies brèves mais lumineuses, une sorte de chaos émotionnel et physique plutôt douloureux. La lecture et Prévert sont un lien entre eux de plus.
« Lire est la seule chose que je fais POUR DE VRAI, la seule chose importante. C’est parce que je n’entendais personne que je me suis mise à écouter les mots. Ils ont de suite su quoi faire. Au milieu des cours de récré et des dimanches pleins d’ennui, ils se sont glissés là où il fallait, dans des creux inconnus, pour les remplir tout entiers. «
Certaines scènes sont à la limite du soutenable pour peu qu’on soit sensible à la jeunesse perdue – égarée? -. Des pages difficiles à soutenir sans avoir envie de chialer. Et de se dire que laisser ainsi de jeunes gens se perdre, c’est d’une infinie violence et d’une immense tristesse. Se perdre, certes, mais s’aimer par contre…d’un amour fou et sans amarres, qui se nourrit de lui-même et de poésie. Sous l’égide du grand Prévert qui les accompagne dans cette dérive amoureuse. Car c’en est une.
Selon moi il n’y a rien à dévoiler de plus. C’est une histoire d’amour terrible, intense et sauvage. Un amour désespéré. J’en sors assez bouleversée.
Une chanson dans l’histoire, « Maglia », texte de Victor Hugo et la voix de Serge Reggiani:
« À la suite de la publication par un révérend anglais, en 1857, d’un livre évoquant tout ce qu’il était possible de trouver sur une plage, des milliers de gens se lancèrent à la recherche de coquillages. Buccins, saint-jacques, conques spiralées et autres couteaux. Ils nettoyaient ces maisons vides jusqu’à ce qu’elles brillent comme de la céramique. C’était autant de souvenirs de la mer en carbonate de calcium dans lesquels les amants voyaient des bouts de leur histoire particulière et que les enfants conservaient dans des coffres avec leurs billes, leurs bilboquets et leurs petits canons en bois. Des années plus tard, on trouverait au milieu d’immenses vitrines de musées des scarabées numérotés, des mâchoires de requin, des oiseaux tropicaux aux ailes déployées et aux yeux de verre, la classification obsessionnelle du monde naturel. Des gorilles mourraient en Afrique pour être remontés et exposés à New York. Personne ne verrait ni les coutures ni les clous. »
C’est ici un extrait certes assez long, le premier paragraphe de ce livre très difficile à partager. Ce début n’annonce pas vraiment le propos majeur de ce livre compliqué à chroniquer pour moi. A savoir un pan de l’histoire du Brésil dans les années 80 après l’assassinat d’un député et à travers une famille. La narratrice est la fille de cette famille, passionnée de taxidermie – elle est aux anges en trouvant des os. À la station-service:
« »Fais voir un peu ce que tu as dans les mains, là ». J’ai serré plus fort parce que je me suis dit que tout devait lui appartenir, les pompes à essence, le boui-boui graisseux, les femmes toutes nues, le petit fémur. Il a souri. « C’est un os de moufette, ça. » a-t-il dit, puis il a repris son travail sur le vélo.
Moufette. À mon retour à la maison, j’irais ranger l’os dans une boîte à chaussures avec mes autres trésors, parmi lesquels un bout de carapace de tatou, quatre graines de kapokier, quelques pignes de pin et mes dents de lait. Ma mère n’aimait pas du tout cette collection. »
C’est ici le temps d’après les attentats, d’après les assassinats, des temps qui imprègnent encore profondément la société brésilienne. Bien que la dictature soit passée, des traces persistent, et celles-ci affleurent à travers cette famille, celle de Cecilia. Elle, elle est partie, a quitté le Brésil, mais revient quand elle apprend au téléphone que son père est à l’hôpital. Des pages très belles sur la vie de famille, au temps de l’insouciance. Mon article sera court, parce que comme plutôt rarement je trouve ce livre très difficile soit à résumer, soit à décortiquer. C’est une atmosphère parfois pesante qui imprègne les pages, ce sont parfois des pans de lumière, grâce à Cécilia, sa fraîcheur, son goût pour la taxidermie – c’est étrange, non, ce goût-là…? -, son intelligence sensible, sa finesse d’analyse des vies qui l’entourent. Sa relation avec son frère, avec son ami aussi. Cécilia est la lumière de ce livre au fond sombre et pessimiste – enfin je trouve, moi, que le ton est pessimiste. Il n’en reste pas moins que c’est un livre très intéressant, très prenant, avec quelque chose qui pousse à tourner les pages. Il y a là beaucoup d’amour aussi, entre les membres de cette famille un peu décalée, mais beaucoup de choses tues, parce qu’il y a la presse – le père est député – , les bruits qui courent, les infamies politiques et journalistiques. Enfin, il y a les éveils sexuels, les résurgences, les retenues qui cèdent, les révélations si difficiles à assumer parfois. Ce livre en fait est très riche parlant de la société brésilienne, d’une famille, de la sexualité, des frustrations, et de ce qui apaise. C’est très beau, en fait. Quand Vinicius se confie à sa sœur:
« Ciça, pendant ces mois-là je me regardais dans la glace et je me disais: « Je suis pédé. » C’était le moment le plus difficile de ma journée. Mon cœur battait plus vite, j’avais envie de me faire du mal, je sentais la culpabilité en travers de ma gorge qui m’empêchait de respirer. Les pédés fiers de la génération suivant ne comprennent pas comment on pouvait éprouver ce sentiment qui, parfois, oui, était de la haine de soi. Il n’y avait pas d’arc-en-ciel, Ciça, rien que des coups à prendre. Des coups à prendre et la peur panique de mourir du sida. »
Voilà. Je ne peux rien en dire d’autre. Certains livres sont » indicibles », on en saisit toute la richesse seulement en les lisant. Celui-ci est un de ceux-là.
J’ai beaucoup aimé pour le ton, l’ambiance, les questions qu’on se pose et pour Cécilia, attachante entre tous. Pour les questionnements de toutes sortes qui jaillissent chez les personnages, le père député étant très intéressant et ambivalent. Un livre d’une grande richesse. Tous mes passages préférés sont ceux en compagnie de Çiça et de ses osselets .
Considérez que je ne vous ai livré ici qu’une infime part de tout ce que recèle ce roman. Je termine avec cette phrase, citation extraite du livre de Martin Nastassja : »Croire aux fauves » éditions Verticales, 2019
« Les ours ne supportent pas de regarder les yeux des humains, parce qu’ils y voient le reflet de leur propre âme. Un ours qui croise le regard d’un homme cherchera toujours à effacer ce qu’il y voit. C’est pour ça qu’il attaque, s’il voit tes yeux, inévitablement. «
Vinicius écoute The Cure, mais moi, je préfère quant à la musique et le Brésil, ce morceau:
« Tu veux me montrer à quoi ressemble ton chef-d’œuvre. Tu t’assieds à la table. La main en suspens et comme hésitant d’abord au-dessus du papier, de gauche à droite et d’un seul trait chaque fois, tu ébauches la silhouette de trois personnages. Ensuite, t’écartant un peu du dessin pour juger: « Voilà, c’est comme ça », tu as l’air heureux.
Ce court roman raconte la rencontre entre Edgar Degas et une jeune fille de 15 ans, petit rat à l’opéra de Paris qui y gagne chichement sa vie.
De nombreux hommes viennent assister aux ballets, aux entraînements aussi, surtout pour regarder ces petites si charmantes et si jeunes. Bref. Parmi eux, Edgar Degas qui vient « croquer » ces petites danseuses pour ses toiles qu’on connait tous. C’est la petite Adèle qui sera son sujet de choix, et elle sait qui il est. Et c’est ainsi qu’un jour, elle l’emmènera dans sa modeste chambre, et Degas se sentant ensuite vaguement honteux je suppose, lui laissera un dessin, l’ébauche de « Portrait de famille ».
« Je te dois cela, Edgar Degas, je te dois ma naissance à la culture, à l’art, je te dois la découverte du bonheur d’apprendre. C’est un cadeau immense dont ut ne sauras jamais rien. Pourtant, quand je repense à nous, c’est aussi de la colère qui me vient, de ton dédain, du sot mépris de certains hommes pour qui n’est pas de leur monde. »
Avec pudeur et une grande délicatesse, l’autrice nous raconte la vie de cette jeune fille, qui se mariera avec le libraire chez lequel elle va chiper des livres. Une vie d’amour avec un homme tendre, une enfant, Sophie. Mais en arrière plan, plane Degas, sa peinture, et ses petites danseuses…et sa famille.
« La famille Bellelli, le même que vous aviez reproduit au crayon dans ma chambre ce jour maintenant lointain…Je m’en souvenais parfaitement, sur la grande feuille que j’avais extraite du carton à dessin de ma cousine, et sur laquelle vous aviez dessiné, il y avait une femme et deux fillettes: trois personnages, c’est tout. Je restais devant le tableau, interdite, émue, étrangement inquiète. »
Oscillant entre une histoire d’amour – peut-on vraiment la nommer ainsi? – et la vie d’une jeune épouse, c’est l’histoire d’Adèle, qui voyant les œuvres de Degas, plus tard, s’interroge sur l’image que le peintre lui renvoie, s’interroge aussi sur la famille de Degas .
Je suis un peu perplexe, non pas sur la qualité du roman, tendre, délicat et qui pose des questions, tout en nous mettant dans l’esprit d’une jeune fille de 15 ans en admiration devant un Degas qui en pas mal de plus. Cette histoire me questionne. Autres temps, autres regards sur le monde et sur les relations hommes-femmes – mais ici, c’est une relation homme-fillette, à peine adolescente…Bref. « Ce beau livre qui conte un amour tu », a quelque chose de dérangeant. Et pour moi de très triste.
Ce qui m’y a plu est la vie que se construit la danseuse, avec son époux libraire et sa fillette, et son intelligence.
« Enfin, si un jour quelqu’un, quelqu’un qui vous aurait connu, à qui peut-être vous auriez parlé de moi, car il arrive, n’est – ce – pas qu’on évoque des relations insignifiantes, si quelqu’un se souvient de la petite danseuse, alors, qu’il entende en écho l’histoire de votre tableau et la mienne, et qu’ainsi j’existe. »
« Tout ce que vous entassez hors de votre cœur est perdu. »
Jean Giono.
« Fracasse
– Imagine les plus beaux jours de septembre, les arbres encore verts, la chaleur humide, la lumière déclinante, provocante, qui te fiche le cafard d’un coup.
C’est Javerne qui m’a raconté ça une fois qu’on s’est croisés en ville. »
Avec cette citation en exergue et les quelques mots du tout début du roman, vous rencontrez déjà deux des principaux personnages de ce livre étrange qui se déroule dans un hameau perdu dans les montagnes. Là vivent aussi Emaney, une femme qui a tout plaqué, mari et enfants pour s’installer dans un chalet où elle crée des vêtements assez particuliers. Emaney crée et vend ses robes originales et pour ça elle utilise les réseaux sociaux. Fracasse le poète, amoureux d’elle, finit par la retrouver et s’installe dans le hameau. Quant à Javerne, il vit ici en marginal pacifique, et puis enfin il y a Maïko, dont on se demande d’où elle vient et ce qu’elle fait là. Fracasse, quant à lui, sait bien raconter les histoires, il a la verve, le nerf…il recherche Rosalba, la déesse de sa vie, disparue il ne sait où.
« Grande gigue mal assurée, poulain instable, statue aux très longs cils, Rosalba rend les mecs nerveux ou sentimentaux, ce qui revient au même. Proie des hommes sans rien y comprendre, je redis ton nom Rosalba, mais il s’effiloche et je n’ai plus de toi qu’une image floue.
Tes beaux pieds écrasent l’herbe d’une autre prairie.
Personne ne connait ta personne. »
Ainsi ce petit livre inhabituel met en scène des personnages au caractère tracé à grands traits, puis définis plus finement, les uns après les autres, ce qui fait d’eux des sujets un peu mystérieux, compliqués à comprendre. Bref, l’auteur nous installe dans un huis clos au sommet, avec ces êtres quand même marginaux, tous. J’ai décidé après avoir lu cette histoire de ne rien dire de plus. Pourquoi? Parce qu’arrivée à la page 129, je lis la lettre de Fracasse à Emaney, et arrive la TROISIÈME PARTIE…Et là…eh bien je ne peux rien dire; mais ça rend ce livre absolument étonnant, ça m’a bien fait sourire aussi, et puis ça a éclairé les choses un peu mystérieuses et difficiles à interpréter des pages précédentes. Une précision donc : évitez de lire la quatrième de couverture. Ce serait un peu trop en savoir avant de lire cette drôle d’histoire.
Alors vous pouvez aller rencontrer la créative Emaney et ses réseaux sociaux, voir Fracasse se languir d’amour pour elle, croiser Javerne le marginal et la silencieuse et discrète Maïko, là haut dans ces montagnes enneigées. L’ensemble donne un livre intelligent, parlant au fond de la solitude et des artifices dont on croit qu’ils nous en sortiront. Lettre de Fracasse, l’amoureux éconduit et moqué, à Emaney:
« À une styliste
Comme la chenille, Rosalba s’est métamorphosée. Envolée.
Je m’adresse donc à l’Emaney des réseaux, celle qui taille, celle sui coud, qui pique, coache, édicte et proclame, traînant après elle tous les cœurs.
Celle qui vit des regards d’autrui comme la plante d’eau fraîche. Qui s’est donné une vie véritablement créatrice.
Tu es demeurée étrangère à mes regards, Emaney, tu m’ignores plus encore que celle sui t’a précédée, cette Rosalba niée, effacée, humiliée. Si par extraordinaire tu as remarqué ma présence, aussitôt j’ai fait l’objet de tes railleries. Dans la compagnie d’hommes frustes, tu as médit de moi. L’amour courtois, tu en ignores jusqu’à l’existence. Or sache, belle indifférente, que c’est parce que celui que tu considères comme un imbécile a fait de toi l’héroïne d’un récit qu’on commence à parler de toi et que tu vivras. »
J’ai été mitigée sur les deux premières parties, je ne voyais pas trop où allait cette histoire et Emaney m’a beaucoup agacée, puis à la fin, vous savez, c’est comme on se dit parfois: « Ah mais c’est donc ça!!! ». Intéressant . Et j’ai beaucoup aimé Javerne. Original, avec un ton bien choisi, une lecture intrigante.
Signés de son nom ou de l’un des quatre pseudonymes ( Ignaz Wrobel, Theobald Tiger, Kaspar Hauser, Peter Panter) sous lesquels Kurt Tucholsky était tout aussi célèbre, les textes courts et rogatons qui composent ce livre ont été sélectionnés par l’éditeur parmi les très nombreux écrits que l’auteur a publiés dans des recueils, journaux et revues entre 1913 et 1932*.
L’édition allemande des œuvres complètes de Kurt Tucholsky compte vingt et un volumes. »
Chroniquer un tel ouvrage n’est pas simple pour moi en tous cas. De par sa forme, textes courts et rogatons* ( *babioles, bricoles, objets de rebut…) en particulier. Cet article sera donc court, mais…mais je vous invite à découvrir cet ouvrage, aussi percutant et intéressant par sa forme que par son fond. Si vous notez les dates auxquelles ces textes ont été écrits, en Allemagne, vous comprendrez vite aussi la pertinence de ces textes. Si l’humour est bien présent, on sent aussi une inquiétude profonde, un poil désespérée face au monde de l’époque – une guerre qui finit et une autre qui pointe sa face moche. Alors l’auteur choisit l’humour, la dérision, une tentative de légèreté qui cache un profond désarroi, mais il affirme avec force sa réaction à la stupidité du monde qui l’entoure, monde qui semble toujours refaire les mêmes erreurs, errements. Comme dit en 4ème de couverture:
« Désespérément engagé, il ne peut que constater, impuissant, que les hommes ne cessent de faire les mauvais choix, ce qui inspira à Erich Kästner cette belle formule pour le décrire: « Un petit Berlinois grassouillet qui, muni d’une machine à écrire, voulait arrêter une catastrophe. »
Toutes les institutions en prennent pour leur grade, église, état ( je ne mets pas de majuscule ), les institutions, quoi. Et franchement j’ai ri souvent, et j’ai été émue aussi souvent. Quel courage d’écrire un tel ouvrage en des temps aussi incertains. Que de talent à écrire au fond un désespoir avec tant d’esprit et de sensibilité. Car ce livre est sensible sous ses airs bravaches. Il dit la peine à vivre dans un pays qui bascule vers le pire, il dit la force à préserver en soi pour ne pas couler. J’ai tellement aimé cette lecture, je ne suis pas certaine d’en dire ce qu’l faut, mais en tous cas, j’en dis ce que j’y ai trouvé: du talent pour mettre de la dérision dans des situations souvent foncièrement tristes, de mettre un sourire là où il ne va pas de soi.
« Il n’existe aucune possibilité d’échapper à sa famille. Mon vieil ami Theobald Tiger a beau chanter:
« T’embarque jamais au grand jamais
Avec les tiens à l’aventure-
Tu le regrett’rais, tu le regrettr’rais,
Ce serait la déconfiture!
Ce petit couplet ne fait que révéler une extrême méconnaissance de la vie. Il est en effet bien inutile de faire le moindre effort pour partir à l’aventure avec sa famille-vous avez d’emblée votre place attitrée à bord de la galère.
Et si le monde entier venait à disparaître, vous pourriez encore craindre qu’un ange plein de grâce vienne vous accueillir dans l’au-delà et, agitant un rameau céleste, vous demande: « Dites-moi, ne serions-nous pas parents? » À cet instant, horrifié, anéanti, vous décampez à toute vitesse. En enfer.
Peine perdue. Tous les autres y sont déjà. »
Un objet livre qu’on ouvre avec curiosité et dont on sort plus riche, par la vision d’une époque sous un angle original, par la voix d’un homme sombre sous ses airs légers, par la mise en page alternant les textes, les rogatons, les montages photos.
Je ne sais vraiment pas si j’ai dit ce qu’on doit dire de ce livre. J’ai dit avec mes mots ce que je résumerais ainsi: un livre extrêmement intelligent, percutant, impertinent, drôle et profondément sensible. D’autres feront mieux que moi, plus « pointu », plus creusé, plus précis et détaillé…en gros plus professionnel – je ne le suis pas. Tenez, ce rogaton-ci illustre bien ce que je dis, un conseil sur mesure pour moi:
« Ne vous laissez jamais impressionner par un professionnel qui vous dit: « Cher ami, voilà maintenant vingt ans que je procède ainsi! » . On peut en effet mal faire quelque chose pendant vingt ans. »
Merci à « La dernière goutte » de m’avoir permis cette lecture peu commune et si marquante. MERCI !!!