Happy birthday, Charlot !

Il aurait cent ans aujourd’hui !

charlie-chaplin-62909_640Il est pour moi un des plus grands artistes du XXème siècle, avec un pouvoir de séduction qui traverse les âges je crois, un culot pour son temps assez impressionnant, une créativité inouïe et de l’esprit à revendre. 

Il dénonça tout en bloc, le monde du travail de la révolution industrielle, qui broie les hommes ( au sens propre dans « Les temps modernes » ), le sort fait aux immigrés et aux étrangers en général ( « La ruée vers l’or » ) et à ce que ces haines raciales génèrent politiquement ( « Le dictateur » ), et tout ça en nous faisant passer du rire aux larmes. La scène de fin de « The Kid » en est un bel exemple, le tragique n’est jamais dénué d’humour. On y retrouve pauvres et sans logis, les mêmes que nous croisons encore aujourd’hui dans nos villes, au XXIème siècle, les exploités, les rudoyés…Visionnaire, Chaplin ? Observateur de son temps, il  nous dit ce qui le révolte et on ne peut que constater qu’en 2014  c’est hélas encore d’actualité.

charlie-chaplin-154855_640Il avait choisi d’en rire, d’en faire rire, parce que le rire est une arme puissante. Regardons encore ces films, et montrons-les à nos enfants.

Bel article ICI

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« La dernière séance » de Larry McMurtry – Gallmeister, traduit par Simone Hilling.

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Je viens de terminer ce roman déjà ancien de Larry McMurtry. S’il n’est pas le meilleur des trois que j’ai lus ( « Lonesome Dove » restant mon préféré ), il reste néanmoins un très bon livre, où je n’ai guère trouvé l’humour de McMurtry; c’est au contraire très triste et mélancolique.

Le Texas, cher à l’auteur, années 50; petite ville provinciale, noyée par la poussière du désert voisin, où l’ennui règne en maître, surtout pour la jeunesse et en particulier pour les deux amis Sonny et Duane; entre le cinéma, où les rêves s’alimentent, la salle de billard , les flirts avec des gamines délurées, la vie va.

McMurtry a un vrai talent pour créer des atmosphères et tracer des portraits pleins de vérité, il raconte les histoires comme personne ( ah! que j’aime les histoires ! ), dessine des destins avec une sensibilité qui évite toute mièvrerie. Le thème prépondérant de ce roman est l’entrée dans le monde adulte et la découverte de la sexualité, à une époque encore pleine de pudibonderie, avec de jeunes filles ignorantes de leur corps et de ce qui s’y passe, et des garçons naïfs, bien que très sûrs d’eux. Le cinéma, ses baisers hollywoodiens, ses stars en nuisette et leurs pauses langoureuses…tout ça éveille les pulsions et génère des fantasmes. Il y a l’amour, et ce qu’on pense être l’amour, il y a une petite garce, une femme mûre amoureuse et malheureuse, une autre désabusée, Sam le Lion et son humanité, Billy le simple, Sonny et Duane, deux amis en quête de leur avenir…et tous les autres.

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Beau livre, que j’ai fini assez triste. Je n’ai pas vu le film, qui fut réalisé en 1971 par Peter Bogdanovitch, avec, s’il vous plaît ! Jeff Bridges, Cybill Shepherd, Timothy Bottoms, entre autres. Des extraits que j’ai regardés, j’ai eu l’impression, dans ce noir et blanc, d’être à Thalia, avec Sonny…

Ici, Sonny et Duane, de retour d’une virée au Mexique, apprennent la mort de leur ami Sam le Lion.

 

Pour lire les articles sur :  « Lonesome Dove »   allez par ici, 

« Et tous mes amis seront des inconnus », allez par .

Tontons orphelins

Georges Lautner est mort. Il nous a laissé une pilule contre la morosité, d’une époque où le cinéma savait ne pas se prendre au sérieux, LA perle efficace à tous coups contre le cafard : « Les tontons flingueurs ». Personnellement je ne m’en lasse pas, il est de ces films dont la re-re-re-diffusion ne me gêne pas : il faut bien former les générations futures , hein ? En tous cas, j’espère que ça entrera dans leurs connaissances de culture générale !

Bande-annonce d’époque !

Répliques et scènes cultes : une page entière sur Wikiquote !

http://fr.wikiquote.org/wiki/Les_Tontons_flingueurs

Voyage en Espagne.

Mes musiques chaudes pour ce jour de neige et de froid

Un très grand guitariste, Paco de Lucia, interprétant « Danza » de Manuel de Falla

Un des plus grands réalisateurs européens , des actrices au sommet de leur art, Luz Casal et sa voix bouleversante :  » Talons aiguilles » de Pedro Almodovar

Et les premières phrases de « Don Quichotte » de Cervantès, histoire de vous donner envie de le relire

andalusia-76927_150« Dans un village de la Manche , dont je ne me soucie guère de me rappeler le nom , vivait, il n’y a pas longtemps, un de ces gentilshommes qui ont une vieille lance, une rondache rouillée , un cheval maigre , et un lévrier. Un bouilli, plus souvent de vache que de mouton, une vinaigrette le soir, des œufs frits le samedi , le vendredi des lentilles , et quelques pigeonneaux de surplus le dimanche, emportaient les trois quarts de son revenu. Le reste payait sa casaque de drap fin, ses chausses de velours avec les mules pareilles pour les jours de fête, et l’habit de gros drap pour les jours ouvriers. Sa maison était composée d’une gouvernante de plus de quarante ans , d’une nièce qui n’en avait pas vingt, et d’un valet qui faisait le service de la maison, de l’écurie, travaillait aux champs et taillait la vigne. L’âge de notre gentilhomme approchait de cinquante ans. Il était vigoureux, robuste, d’un corps sec, d’un visage maigre, très matinal, et grand chasseur. L’on prétend qu’il avait le surnom de Quixada ou Quésada. Les auteurs varient sur ce point. Ce qui parait le plus vraisemblable, c’est qu’il s’appelait Quixana. Peu importe , pourvu que nous soyons certains des faits. »

Et un lien vers un très joli blog

http://emmila.canalblog.com/

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La grandeur de l’ Espagne ? Dans la culture…

 

 

 

 

Mort de patrice Chéreau

On apprend ce matin la mort de Patrice Chéreau. Sans doute un des plus grands metteurs en scène français de notre temps, qu’il touche au théâtre, au cinéma ou à l’opéra. Des témoignages de ceux qui ont travaillé avec lui ressort le portrait d’un homme attentif mais exigeant. . Quand je l’écoute parler, quand je regarde les expressions de son visage, passe le sentiment d’un homme d’une grande beauté.

Ici, interrogé l’an dernier sur « Rêve d’automne » de Jon Fosse, joué au musée du Louvre


Et ce film que tout le monde connait, « La reine Margot », adaptation puissante de Dumas, immense fresque tragique qui évoque ces toiles en peinture classique, chargées de corps ensanglantés et de regards éperdus. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà su tirer autant des acteurs qu’on y voit…