Retour de Haute – Loire ( 3 ) : Robert Louis Stevenson au Monastier sur Gazeille

PhotoA la Mairie du Monastier sur Gazeille, superbe et très complète exposition sur cet écrivain voyageur, qui entama là son voyage avec l’ânesse Modestine jusqu’à St Jean du Gard. Mort à 44 ans aux îles Samoa, il ne vécut que pour l’errance et la liberté de ses pas.

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Cette exposition très riche m’a beaucoup appris sur cet homme original, capable de livrer des oeuvres aussi différentes que « L’île au trésor » et « L’étrange cas du Dr Jekyll et de  Mr Hyde ». Son « Voyage avec un âne dans les Cévennes » le rendit célèbre, à juste titre, car il livre là le portrait d’une région et de sa population, et d’une époque. Ce livre est bien sûr dans nos rayons !

Avant de partir, il séjourna au Monastier sur Gazeille dont il dit :

« Dans une petite localité, nommée Le Monastier, sise en une agréable vallée de la montagne, à quinze milles du Puy, j’ai passé environ un mois de journées délicieuses. Le Monastier est fameux par la fabrication des dentelles, par l’ivrognerie, par la liberté des propos et les dissensions politiques sans égales. »

Voici quelques photos de l’exposition :

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Voici un lien qui peut vous être utile si vous vous promenez dans ce secteur

http://le.monastier43.free.fr/randonnee-stevenson.htm

Car vous n’êtes pas sans savoir que ce voyage de Stevenson a donné son nom à un fameux chemin que de nombreux randonneurs parcourent chaque année. J’en ai fait quelques segments, pas faciles, mais très beaux, et les paysages récompensent la peine.

Sur les traces d’Oliver Gallmeister, un éditeur à l’Ouest…

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Oliver Gallmeister a apporté incontestablement un renouveau dans l’édition de  littérature américaine. On aurait pu se dire »De la littérature américaine ?  Oui, et alors ? On en a déjà plein, non ? » Et bien non, il nous manquait ces écrivains-là, ceux dénichés pour nous par ce curieux-là, Oliver Gallmeister.

Plongée au coeur de l’Amérique rurale, provinciale ( parfois, on pourrait dire « primaire » ! ), d’hier et d’aujourd’hui.   Grands espaces sauvages, pêcheurs de truites et éleveurs de chevaux, ranchers et cow-boys, ou banlieues miteuses, rongées par la drogue, l’alcool, la violence, le chômage, une autre vue des USA, plus près des gens dits « ordinaires », shérif de campagne ou barmaid accorte, petit voyou ou vieux fermier plus rude que les hivers du Wyoming, des personnages inoubliables, des paysages à couper le souffle ou à faire frémir ( je viens de terminer « Pike »…)

 Vous pouvez depuis longtemps consulter le site Gallmeister ( dans nos liens « éditeurs » ), sobre et beau, comme le graphisme choisi pour les livres. Parmi les collections proposées, la Noire, Nature Writing et Totem ( format de poche ) nous ont déjà procuré d’infinis plaisirs de lecture, et ces dernières années, cet éditeur passionné emplit nos rayons de la bibliothèque de Thoissey ( et les nôtres aussi ! ) avec un public garanti et enthousiaste à chaque fois. C’est cette Amérique des grands espaces surtout qui  fascine  et  fait rêver ( on l’a vu avec notre expo sur le Far-West qui est celle qui a le mieux marché ).

Chacun y trouve son bonheur : les amoureux des chevaux, les férus de civilisation indienne, les pêcheurs à la mouche, les écologistes épris de nature encore sauvage, on y croise des personnages drôles et originaux, ou décalés, paumés, à la marge, des thèmes de réflexion infinis…Et de grandes plumes, que l’on veut suivre au fil de leurs écrits omme David Vann ou Craig Johnson.

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Oliver Gallmeister a fait le pari osé mais gagnant d’une nouvelle maison d’édition indépendante, dans un secteur pour le moins bouché. Nul doute que son enthousiasme, sa qualité de lecteur et sa capacité à dénicher des auteurs pleins de force sont les raisons de son succès ainsi que l’équipe qu’il a su former autour de lui; je pense en particulier aux traducteurs, qui font selon moi un travail extrêmement difficile et qui sont là très bons, je trouve. 

Aux Quais du polar à Lyon, l’an dernier, j’ai pu discuter avec Sophie Aslanides, traductrice de Craig Johnson, et on comprend que ce travail ne se satisfait pas d’un face à face avec le texte, mais de rencontres avec l’auteur, de visites sur les lieux , d’une imprégnation de l’atmosphère. Cette discussion démontrait aussi la passion de ces gens de métier, et  on sait alors que le livre qu’on a lu avec tant de plaisir est le fruit d’un énorme travail.

Combien de livres Gallmeister ai-je déjà présentés en « Coups de coeur » ? Beaucoup ! De Craig Johnson à Mark Spragg, en passant par David Vann, Bruce Machard et Larry McMurtry…Du bonheur, de l’évasion, de l’émotion et de l’intelligence.

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Ecoutez cet homme qui rend les lecteurs heureux :

 

Découvrez « Calvin et Hobbes » de Bill Watterson, et retombez en enfance ! Editions Hors Collection

Calvin a 6 ans et une intelligence aussi aigüe que son imagination est fertile. Son meilleur ami est Hobbes, un tigre. Qui lui fait la conversation et partage ses aventures, ses rêveries et ses jeux, ses chagrins,  ses interrogations et ses fous rires. Mais il ne parle qu’à lui ; la maman de Calvin  jette Hobbes dans la machine à laver sans ménagements et les adultes ne voient en lui qu’un animal en peluche.

Bill Watterson a créé dans cette série d’albums un personnage qui ravit autant ( plus ?) les grands que les petits. D’ailleurs de nombreux adultes empruntent ces livres dans notre bibliothèque…On souhaiterait plus encore. J’aime –  que dis-je ! – j’adore cette bande-dessinée. Tout y est intelligent et le graphisme tonique, au trait nerveux et expressif, rend désopilant le comique des situations créées par l’auteur. Certaines images de Calvin devant son assiette sont si drôles ! Quant aux dialogues…

Par ironie, les noms des deux personnages sont les noms de deux penseurs aux philosophies radicalement différentes : le théologien Jean Calvin et le matérialiste Thomas Hobbes. Ne nous étonnons donc pas des répliques si bien formulées par ce gamin déluré !

Allez ! Rien que pour vous, petit florilège :

« L’enfance est courte. La maturité infinie. »

« J’ai renoncé aux devoirs. Ils sont mauvais pour l’amourpropre. Au lieu d’essayer d’apprendre, je préfère m’aimer tel que je suis.  »

« Ce qu’il y a de drôle dans le sport, c’est de se salir.  »

« On dirait qu’une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool.  »

« La preuve la plus certaine que la vie intelligente existe ailleurs dans l’univers est qu’aucun d’eux n’a essayé de nous contacter.  »

Calvin- » Papa, raconte-moi une histoire !
Papa – Je travaille Calvin. Je t’en lirai une demain.
Calvin – JE NE DORMIRAI PAS SANS HISTOIRE !
Papa – Il était une fois un petit garçon nommé Calvin qui n’en faisait qu’à sa tête. Un jour, son papa en eut assez et l’enferma dans la cave pour le restant de ses jours. Dès lors, tout le monde vécut heureux. Fin.
Calvin – Je déteste ces histoires avec morale. »

« Il existe un rapport inverse entre ce qui est « bon pour vous » et le plaisir que vous en tirez. »

« Les seules choses que j’ai la patience d’apprendre, ce sont les trucs complètement inutiles dans la vie… »

« Les déceptions de la vie sont plus dures à affronter quand on ne connaît pas de jurons! »

« Tu crois que les adultes auront remis le monde en état quand ils nous le passeront ? »

En savoir plus sur Bill Watterson sur le site Babelio ( lien « littérature et lecture ) et titres de la série complète

« Adieu, monde cruel ! »-« En avant, tête de thon ! »

« On est fait comme des rats ! »-« Debout, tas de nouilles ! »

« Fini de rire ! »-« Allez, on se tire « !

« Que fait la police ? »-« Elle est pas belle, la vie ? »

« On n’arrête pas le progrès ! »-« Tous aux abris ! »

« Chou bi dou wouah ! »-« Quelque chose bave sous le lit ! »

« Enfin seuls ! »-« Va jouer dans le mixer ! »

« Complètement surbookés ! »-« Faites place à Hyperman ! »

« La flemme du dimanche soir »-« Gare au psychopathe à rayures ! »

« Que de misère humaine ! »-« Il y a des trésors partout ! »

« Je suis trop génial ! »-« Le monde est magique ! »

« Y a des jours comme ça ! »-« Cette fois, c’est fini ! »

Histoires d’enfances

HISTOIRES D’ENFANCES

« L’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres. »

Jean -Jacques ROUSSEAU  Dans « Emile »

A la bibliothèque du

2 Novembre au 19 Décembre

Bientôt, une bibliographie des ouvrages que la bibliothèque vous proposera sur ce thème si riche de l’enfance, le temps pour moi de la préparer…