Hey, Joe ! …Parenthèse chagrine.

Il a été pour moi une des plus grandes voix de ce mythique festival de Woodstock, regardez- le, tout son corps est musique, sa personne entière est dans la musique. Il emmène avec lui un peu de notre jeunesse ( j’ avais 8 ans à l’époque, mais écouté grâce à mes frères et soeurs ) mais sa voix unique reste et continue à résonner, avec son énergie vitale qui nous fait du bien. Chapeau, Joe, et joyeux Noël parmi les étoiles .

Pause…

red-christmas-berries-67154_1280Ami(e)s blogueur(euse)s, suiveur(euse)s, lecteurs et trices, un petit mot pour vous dire que je m’absente quelques jours.

Ma fille revient après ses 5 mois au Québec, et je suis en train de lui préparer un retour de fête, un Noël pas catholique, des cadeaux païens à souhait, plein de péchés mignons, véniels et mortels ( parce qu’il n’y a que ça de bon ! ), le tout empaqueté de tendresse. Préparation, courses, cuisine, papier cadeau qui brille, rubans à faire friser, le sapin plein de rouge et blanc, avec des petits caribous en bois peint ( pour lui rappeler ce Canada qu’elle a aimé ) accrochés aux branches, des grelots qui tintent quand on passe tout près…

Un jour, elle chantera, ma fille, cette chanson-là…

Alors je vous souhaite un Noël aussi empli d’amour et de joie que celui qui m’attend et à très bientôt !

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Pour ma fille, et les premières neiges à Montréal

Ma fille m’a annoncé les premiers flocons sur Montréal, elle les attendait avec impatience…Ici, pas encore, mais je pense à elle. Alors, un poème et une chanson québécoise, pour elle.

 

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Il a neigé

Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
Le toit, les ornements de fer et la margelle
Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc
Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
Le grésil a figé la nature, et les branches
Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.
Mais regardez. Voici le coucher de soleil.
À l’occident plus clair court un sillon vermeil,
Sa soudaine lueur féérique nous arrose,
Et les arbres d’hiver semblent de corail rose.

François Coppée

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« Marina Bellezza » de Silvia Avallone – Liana Lévi, traduit par Françoise Brun

silvia« Ce n’est pas vrai que ce qui compte, c’est où on arrive. Ce qui compte, c’est d’où on vient.»

Je l’ai attendu, ce livre, depuis que j’ai fermé l’extraordinaire « D’acier », et dévoré la nouvelle « Le lynx », en me disant : quel talent, et si jeune ! La voici à nouveau, enfin,  la belle et fougueuse Silvia, avec un roman où une fois encore, elle emmène le lecteur dans son Italie, celle de sa génération, celle de la crise, celle des désillusions et de l’abandon. Je retrouve avec un immense plaisir une écrivaine sensible mais toujours réaliste, qui jamais ne larmoie mais pose un regard très aigu et juste sur les protagonistes de son récit. Un regard sans pitié sur le monde clinquant et vain du show biz, sur sa façon de vendre du rêve ( de richesse, de célébrité, de reconnaissance, d’amour, …) à une génération qui se cherche un avenir au milieu d’un champ de ruines, qui veut croire en quelque chose pour continuer à vivre. Regard compassionnel pour ceux qui bataillent et cherchent des issues à cet avenir encombré d’obstacles de toutes sortes.

Silvia Avallone, avec toujours la même plume vive, nerveuse dont elle use pour faire vivre ses personnages, raconte ici, et d’abord, une histoire d’amour entre deux jeunes gens aussi dissemblables que possible, mais unis par un de ces amours fous furieux noués à l’adolescence, et maintenu vaille que vaille en vie, comme on protège la flamme d’une bougie contre tous les vents. Andrea aime Marina; lui, étudiant révolté, décide de reprendre une ferme et un élevage, pour retrouver les heures heureuses de son enfance auprès de son grand-père et elle, la chanteuse du radio-crochet du village qui entrevoit la gloire, l’argent, le champagne, la foule en délire, comme une revanche sur la vie. Andrea est réfléchi, mûr, sensible, et en rupture avec sa famille bourgeoise, . Marina, elle, est agaçante, égocentrique, menteuse, méchante, manipulatrice…mais belle, attendrissante quand elle veut, futile et immature.

« Pour les téléspectateurs, cette fille n’avait plus de passé, de famille, d’histoire. Sa famille, ses amis, ceux qui la connaissaient ne voyaient pas Marina mais une autre créature, irréelle  et sans mémoire, divine car libre d’exister dans l’instant même où eux n’existaient plus.

Et cependant ils survivaient, cloués, enchaînés de l’autre côté, où la réalité est triste et vide, où les chambres sont mal rangées, les fourneaux à nettoyer, et les gens se traînent en savates, les enfants se fourrent le doigt dans le nez, et il y a les factures à payer, la vaisselle sale. De ce côté-ci : du côté sombre et muet du pays. »

Mais Andrea donnerait sa vie pour elle, et endure tous les affronts qu’elle lui inflige . A travers cette histoire et  celle ébauchée de tous les autres personnages, Elsa, Sebastiano, Paola, Silvia Avallone nous livre une vision lucide et dure de notre monde actuel, et en particulier de ces jeunes qui développent des stratégies pour vivre et avancer, message d’espoir dans un moment où tout pourrait pousser au renoncement.

De superbes évocations de l’enfance, comme des flashes colorés qui percutent la rétine des personnages au détour d’une route, au bord du torrent, ou assis au bar, souvenirs tristes ou joyeux.

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« Une journée sans rien d’extraordinaire, où tes parents ont l’air heureux, et l’endroit où tu es née est baigné de lumière, l’air a quelque chose de sauvage, de ferreux, chaque chose est exactement à sa place . Et qu’importe ce qui arrivera ensuite, où ce qui est arrivé.

Qu’importent les souffrances, la fatigue, les trahisons qu’il faudra endurer. Ça vaut la peine, malgré  tout.Pour cette seule perfection d’une journée, à quatre ans avec ta famille au bord de la Balma, ça vaut la peine. »

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Les descriptions de ces montagnes piémontaises dénotent le fort enracinement de l’auteure dans sa région natale. On sent souvent dans ses mots, à travers les pensées d’Andrea, ou d’Elsa, de la rage, de la colère, du chagrin, et en même temps une force incroyable qui nous dit que tout est encore possible, dans les mains de cette jeunesse en souffrance, mais vivante ! Et la vie reste la plus forte… même si c’est au prix d’un rude combat.

« […]parce que l’imperfection de la vie est le cœur de la vie même, et qu’elle creuse et ronge implacablement de l’intérieur, qu’elle s’interpose entre nous et notre volonté, dévore comme le fait un torrent. »

Je ferme là un roman riche sans lourdeur, une écriture limpide mais profonde, comme les torrents du Monte Cucco. Et donc, j’attendrai avec la même impatience le prochain roman de cette nouvelle et magnifique plume qu’est Silvia Avallone, une plume ancrée dans son temps.

Vendredi, c’est nostalgie…

Une des plus belles chansons de Dylan; mauvaise image,son moyen mais…ça rajoute au charme, non ?