Belle exposition près de chez nous

fareins5 Nous rentrons à l’instant de Fareins, commune de l’Ain, où le parc public du château accueille la Biennale d’Art, sculpture et parcs, et ce jusqu’au 14 Juillet. Très belle exposition, vraiment, initiée par une association à découvrir sur ce site, dans un parc arboretum où les frondaisons des chênes, hêtres, cèdres et autres essences en majesté font de la concurrence aux belles œuvres proposées sur la promenade tout en leur offrant un écrin à leur mesure. Quelques sculptures de land art, j’aime ! 

Le reste de l’expo est dans le château, avec de jolies surprises. Alors profitez des beaux jours pour allier promenade dans un très joli parc et découverte d’artistes contemporains de grand talent. Bravo à cette initiative associative qui offre de la beauté aux yeux de tous gracieusement et éveille la curiosité .

Les photos ne rendent pas justice aux œuvres, je m’en excuse : l’orage arrivait, la pluie aussi et le vent, j’ai pris ça un peu vite ! A voir mieux sur le site en lien, et encore mieux : en vrai, dans le parc !

 

 

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Lectures à voix haute : le bilan !

affiche lectures jpeg 4Le soleil tapait bien fort, mais brillait joliment sur le cloître des Ursulines dimanche, à Thoissey.

9h30, installation de l’exposition sur les décors peints du département de l’Ain, en compagnie de Jacques, le président de l’association et quelques autres personnes; belle expo d’ailleurs, très riche et complète. Le vent nous joue des tours, tournant en tous sens, il faut lester les grilles d’affichages avec de ces gros galets de Saône, trouvés au long d’un mur…Ce petit cloître ( privé depuis 1792 ), aux premières heures de cette journée est encore empli de fraîcheur; près d’un soupirail un chat tout blanc surveille cette agitation soudaine, prêt à déguerpir dans la cave. Je reste ensuite seule, pour attendre les visiteurs, mais le matin est calme…

SAM_3979Je me fais plaisir à regarder ces vieux murs, que la  charmante  propriétaire a su garder « dans leur jus », comme on dit, sans restauration excessive, gardant ainsi tout le charme des arcades de pierre dorée , surmontées d’un garde-fou de fer forgé qui donne à ce haut mur une note aristocratique. Un joli moment de paix, agrémenté par la rencontre d’un jeune homme chinois, qui se trouve là chez la propriétaire, et qui vient me saluer…s’en suit une longue conversation vraiment agréable, sur la littérature, entre autres( ça vous étonne ?) . Accueil de qualité, s’il en est.

 

SAM_3977Midi, on ferme et rejointe par mon mari, c’est l’heure du repas, avec une spécialité locale : la cagouille…Qui consiste en une fricassée d’escargots agrémentée comme il se doit de beurre aillé et persillé, servie avec des pommes de terre sautées et une salade verte. Servi sous chapiteaux, sur l’esplanade de la MJC, ce repas est le moment pour moi de revoir des personnes connues, et de discuter un peu…La chaleur monte ( le rosé aidant…), je retourne au cloître, pour ouvrir l’expo à 15 h, et commencer à me concentrer pour mes 30 minutes de lecture…Que je vous parle de mon programme : un certain nombre d’heures de recherches, de réflexion et de travail pour établir un ensemble cohérent, et en capacité de tenir l’auditoire. J’ai fait des découvertes magnifiques, mon option étant lumière et couleurs…Long séjour sur Gallica, épluchant les manuscrits ( oh ! merci Internet ! ), passage dans ma bibliothèque où se trouve la correspondance de Van Gogh…Je vous conseille de lire ces lettres absolument poignantes, bouleversantes, pour mieux comprendre qui fut cet homme totalement peintre, et rien d’autre.

SAM_3976Non content de peindre, voulant être compris, il écrivait ses toiles en quelque sorte, pour les donner à voir à son frère et à ses amis…

MirbeauOctave Mirbeau…Nom d’un chien ! Quelle plume ! Et quelle volonté de défendre les artistes, avec quel talent!  Les impressionnistes, vilipendés par la critique, ont trouvé en lui un ardent défenseur, et un extraordinaire œil sur leur travail. Je me suis régalée à  fouiller dans les articles qui paraissaient alors dans la presse, et à dénicher son regard sur Monet, Van Gogh, Gauguin ou Boudin…Je ne saurai trop vous conseiller de lire « La 628 E 8 »  dont j’ai lu un passage intitulé « Le port, patrie du peintre », extrait qui parle du port comme lieu de formation d’artistes et de Rembrandt.

starry-night-van-gogh-wallpaperl-urlo-allargate-larea-della-coscienza-qnhbu1r4 640px-Claude_Monet_1899_Nadar_crop Et c’est lui encore qui m’a donné son regard sur Van Gogh – portrait d’une sensibilité extrême et d’une grande intelligence – et sur Claude Monet.

SAM_3975 Pour celui-ci, j’ai ajouté quelques lettres de Belle-Ile en 1886 ( vues et lues au Musée des Beaux-Arts de Quimper en 2011 sur l’expo  » De Turner à Monet, la découverte de la Bretagne par les paysagistes au XIXe siècle  » – magique Turner! – et enfin, morceau de roi, quelques extraits de lettres de Clémenceau à son ami Monet. 153 lettres du Tigre ont été collectées et réunies dans un livre :  » Georges Clémenceau à son ami Claude Monet : correspondance » éditions Réunion des Musées nationaux ( je vais l’acheter bien évidemment, je veux tout lire ! ), et pour vous une courte missive ICI; ces lettres sont des pépites, la trace d’une amitié exceptionnelle et sans faille. Mais alors, la verve de Clémenceau, son humour, tout cela a été une découverte totale, et un enchantement de lecture absolu…

JPP 020C’est donc ce petit programme que j’ai présenté aux auditeurs, venus nombreux, au moins 40  personnes, je crois, et dans des conditions un peu « hot ! A 16 h, le petit jardin du cloître était le royaume du soleil:  lumière , couleurs…et chaleur ! C’est pourquoi nombre de personnes se sont réfugiées avec leur chaise à la seule ombre d’un mur ( pas visible ici, c’est à gauche, caché par l’arbre ), les autres affrontant les températures de l’enfer ! La toile à mon côté m’a été prêtée par mon amie Nadine Pillon ( son site est dans mes liens « artistes » ) à laquelle j’ai pensé très fort en préparant ces lectures. Quant à moi, portée par ces textes si beaux, par l’envie d’en offrir toute la saveur au public, j’ai mis tout mon cœur, toute ma conviction à ma lecture…et il me semble que ça a bien marché. On m’a embrassée, serré la main, remerciée, pour les textes, pour les découvertes, c’était trop court ou pas assez long….Vous comprendrez que je suis contente…point de lecteur somnolent en vue ! ( ça, c’est pour quelqu’une qui se reconnaitra…). Un grand moment de bonheur, ce partage que je voulais comme un hommage aux artistes du pinceau, capables de faire naître  » l’illusion complète de la vie… » ou « la fête miraculeuse de la vie » par le travail acharné et obsessionnel de la lumière et de la couleur, ces mêmes artistes se révélant être des plumes d’exception, faisant surgir cette vie dans leurs écrits aussi…

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Si je n’ai pas présenté beaucoup de romans ces derniers temps, c’est que ces préparatifs m’ont absorbée, et j’ai lu, beaucoup, quand même.

Je précise que l’exposition et la lecture étaient bien évidemment ouvertes à tous, et gratuites.

Pour moi, riche, belle, réjouissante journée. Et je remercie une fois encore l’Association des Amis du Vieux Thoissey et de son canton de m’avoir fait confiance pour cette manifestation. Je remercie également la très gentille habitante des lieux, qui m’a offert une pause café et conversation dans le si joli décor de sa maison. Je pense avoir d’autres photos bientôt, je les partagerai avec vous.

 

 

 

 

Lectures à voix haute, avec l’association Les Amis du Vieux Thoissey et de son Canton

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Quelques photos…

J’ ai peu d’images, dans ces moments, je ne pense pas trop à prendre des photos, et mon appareil n’est pas terrible, mais bon, je partage celles-ci avec vous.

Et allez voir celles de mon collègue Gruznamur, qui y a passé les 3 jours le veinard et n’a pas vu les mêmes personnes que moi, ses photos sont très réussies.

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Samedi, promenade sur les Quais du Polar, à Lyon

SAM_3758Les Quais du Polar fêtaient leurs dix ans d’existence durant ces trois jours. Et l’affiche avait, une fois de plus, de quoi faire rêver. Alors bon, vous commencez à me connaître, j’avais fait mon programme et ce samedi, avec mon mari, nous sommes allés faire le plein de futures lectures, et de rencontres mythiques !

71 auteurs invités, et invité d’honneur, pas moins que…James Ellroy. Affiches et autres objets marqués du Dalhia Noir, le grand monsieur ( il est très grand ) a attendu avec nous l’ouverture des portes du Palais du Commerce à 10 h, saluant à droite à gauche ses lecteurs – dont moi, oui – assez surpris de le voir là, chemise à ramages et mains dans les poches; ce sombre auteur à la réputation sulfureuse, plutôt souriant et comme en promenade, a passé la journée entière à discuter et signer, signer et discuter ( je ne vous raconte même pas la file d’attente !!! ). 

SAM_3749 - Copie10h, Hôtel de Ville, première conférence : Quand les légendes contre-attaquent: mythes,  super-héros et légendes dans le polar, modérée par une journaliste du journal Le Point ( pas bien réveillée je pense, ses questions étaient un peu confuses ) face à Craig Johnson, Åsa Larsson, Emmanuel Grand  et un géant, Warren Ellis, qui m’a bien fait rire. Il est arrivé, gigantesque, crâne rasé, barbichette et long manteau de cuir, il s’est installé, a croisé les bras, fermé les yeux, et a tapé un petit somme ! Ceci dit, il a répondu des choses très intéressantes chaque fois qu’il ouvrait un oeil , aux questions posées sur son premier roman, « Gun machine », son oeuvre se composant essentiellement de scénarios de comics, mais le personnage est déstabilisant ! Les plus pertinents ont été l’ami Craig et Åsa Larsson, nouvelle venue ( avec succès ) dans le polar nordique, nous parlant l’un des légendes cheyennes et craw et l’autre des samis, au Nord de son pays – la Suède – où elle vit.

SAM_3750Puis retour au Palais du commerce, où j’ai filé tout droit au stand tenu par les libraires du « Bal des Ardents », parce que s’y trouvaient Craig Johnson et aussi Bruce Holbert, dont le fascinant roman « Animaux solitaires » a été un grand moment de lecture. Encore un géant ! Et alors que je demande à sa voisine de traduire pour moi, un monsieur me dit : « Je vais le faire, moi !  » C’était Oliver Gallmeister lui-même, et j’ai pu lui dire ainsi toute l’admiration que j’ai pour son travail, les bonheurs de lecture que m’offre sa maison. Il m’a donc servi de traducteur pour m’adresser à Holbert, un colosse barbu à grosse voix qui m’a dit : « Ma grand-mère est montée à cheval jusqu’à 85 ans, elle ne faisait pas confiance aux voitures! » dans un  rire tonitruant, rappel d’une scène que j’avais mise dans mon post sur ce livre :   » Les chevaux ne tombent pas en panne et ils n’ont pas besoin d’essence.  « 

Imaginez la joie d’une lectrice comme moi, sortie de sa campagne pour serrer la SAM_3764main de son cow-boy préféré, discuter avec la très bavarde mais néanmoins sympathique et intéressante Maud Tabachnik, saluer l’espagnol Rafael Reig ( dont je suis en train de lire le livre ) un homme charmant et doux ( quand on le lit, la vache ! il cache bien son jeu ! ) qui a écrit une très jolie dédicace dans mon bouquin, Didier Daeninckx ( un fidèle des Quais ) , George Pelecanos ( waouh ! ), Tim Willocks ( écouté dans la semaine à la Grande Librairie), Victor del Arbol, Dominique Sylvain, Olivier Truc, Camilla Läckberg ( la cohue ! ), la liste est trop longue…Un regret : je ne suis pas arrivée à rencontrer R.J.Ellory, ce sera une autre fois, j’espère. Et nous avons pu voir l’exposition des planches originales du Dahlia Noir par Miles Hyman : splendide !( un aperçu ICI et son site officiel ), l’oeuvre de Jean-Luc Navette, tatoueur et  illustrateur, noir, très noir, voire morbide.

SAM_3767Nous avons terminé la journée par une seconde conférence, encore plus intéressante que la première : le polar, comme un nouveau western, modérée cette fois par Michel Abescat, de Télérama. Nous avons retrouvé Craig Johnson, Ace Atkins, Bruce Holbert et Antonin Varenne, qui se sentait  – physiquement – minuscule à côté de ces trois monstres en santiags ! La conversation s’est déroulée en abordant le thème des personnages, des codes de l’écriture et enfin des paysages; comment le western renaît inlassablement à travers d’autres genres, le polar s’y prêtant bien. Je m’abstiens de vous résumer tout ça, mais ce fut une heure et demie géniale, avec quatre auteurs très ouverts, bien que très différents. Nous avons regretté l’absence de Bertrand Tavernier qui devait mais n’a pas pu être présent; je l’avais écouté il y a deux ans, c’était extraordinaire. Cette rencontre se déroulait Chapelle de la Charité et le matin dans une salle de l’Hôtel de Ville, toutes deux pleines d’ors et de lustres. Quand j’ai vu Johnson après, il m’a dit que ça l’impressionnait, ce genre de lieu : « Eh ! On n’a pas ça chez nous, dans le Wyoming! Ah ah ah !!! » et de rire à gorge déployée. Il reste je crois le personnage le plus apprécié ( la queue pour ses dédicaces rivalisait sans soucis avec celle d’Ellroy ! ) sur ce festival où il revient régulièrement. Il écoute, il répond avec plaisir, on sent son goût des autres, et sa jovialité en fait un des types les plus sympathiques du moment !

J’ai pris quelques photos, mais je ne pense pas avoir le droit de les mettre ici. Je les partagerai en privé avec ceux qui le veulent. 

SAM_3769Ce que je veux dire d’abord sur ces Quais du Polar, c’est  qu’il y règne une ambiance formidable. C’est le genre lui-même, riche de ses multiples variantes et facettes, qui amène un public de tous horizons géographiques, sociaux et culturels et donne un mélange de très bon aloi. Disons les choses comme elles sont, ce festival présente un échantillon très large de lecteurs de tous poils, une réappropriation de la lecture s’opère par un large public hétéroclite, c’est formidable. Voir tous ces gens qui soupirent  » Oh, j’aurais du venir avec une valise ou deux » ou « Ohlala ! Tout ce qu’il me reste à lire ! Je ne vais jamais y arriver !  » et votre Livrophage au désespoir devant ce même constat…

Et toutes les conversations qui se nouent entre de parfaits inconnus, tous ces amoureux des livres…Se sentir en famille, c’est ça…

Sur les Quais, ne sont payantes que les séances de cinéma et les animations des musées ( mais peu chères ), tout le reste est gratuit, l’enquête dans la ville, les visites de l’école de police, les ateliers pour les enfants, les lectures publiques, etc… volonté justement de faire de ce festival des rencontres populaires au plus beau sens du terme.

Je souhaite encore une très longue vie aux Quais du Polar, moments électrisants quand on aime ça. 

SAM_3761Vous pouvez lire ICI ce qui était proposé cette année, ainsi que les résultats des prix attribués à chaque édition ( concours de nouvelles, prix du meilleur polar européen ) . Je vous répète juste qu’il y avait 71 auteurs – c’est pour ça que je vous laisse aller voir vous-même sur le site cette belle liste ! – , et 150 bénévoles . Vous y découvrirez aussi les évènements sur l’année, car les Quais restent là tout le temps, jeux, rencontres et expositions, ainsi que les adresses des librairies partenaires, à fréquenter sans modération!