« Le livre de Yaak – Chronique du Montana » de Rick Bass – éd. Gallmeister, traduit par Camille Fort-Cantoni


yaakChant d’amour de Rick Bass pour cette vallée du Montana où il vit depuis plus de 20 ans et cri de colère contre ceux qui la détruisent.

J’ai pris un grand plaisir à ces lignes, en particulier les scènes dans lesquelles l’auteur se promène en forêt, dans la montagne, et ses rencontres animales : coyotes, grizzly, gloutons, grouses…

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C’est un hymne à la nature telle qu’on ne la verra plus si le monde continue sur le mode rendement et rentabilité…

Site de l’Association de défense de la Yaak Valley

http://yaakvalley.org/

coyote

et une interview de l’auteur quand son livre est paru en France

http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-livre-du-yaak_812283.html

Publié aux USA en 1996, traduit en France en 2007, le constat est clair, ce livre reste d’actualité; manifeste écologiste, mais pas seulement, car on lit là, dans certains passages, de la pure poésie ( le chapitre que j’ai partagé avec vous par exemple ), à laquelle se mêle une réflexion sur nos modes de vie, sur ce qui est important à la vie d’un homme.

« Je ne veux pas dénigrer la science, ni même affirmer qu’on lui accorde trop d’importance. Je veux suggérer que nous manquons d’art et de nature. Je crois que la magie se fait plus rare de jour en jour – plus rare que le bois, le pétrole ou l’acier – et un glouton de mon espèce veut ce qui est rare et exquis. Je veux autant de hasard et de grâce que je peux en supporter. Non pas mesurer, mais garder en moi. »

A cela se mêlent des considérations sur son métier d’écrivain. Rick Bass était géologue mais s’est un jour décidé à quitter la science pour l’art.

« Je sais que le grand art peut naître d’un grand tumulte qui nous incite, au plus profond de nous-même, à inventer des histoires ordonnées à partir d’éléments de désordre. 

Et je crois, aussi bien, que le grand art peut naître d’une grande paix, d’un sentiment de stabilité et de sécurité, que des émotions puissantes génèrent un art puissant. »

Vous trouverez sur ce site une galerie de photos qui montrent ce que nous sommes en train de détruire, photos du Montana, plus généralement.

http://randybeacham.photoshelter.com/index

http://randybeacham.photoshelter.com/portfolio/G0000212l67bAHXk ( album sur Yaak Valley)

serena-ron-rash1Et inévitablement, en lisant ce récit, j’ai pensé au remarquable roman de Ron Rash, « Serena », que je vous conseille vivement, tant pour le sujet , qui rejoint celui de Rick Bass, mais sur le mode romanesque, que pour l’écriture superbe .

Partage

Je veux juste partager, là, tout de suite, avec vous, ces quelques  lignes…Je parlerai de l’oeuvre après ( bientôt fini ) , mais peut-être que l’un d’entre vous saura ?…

niagara« Certaines nuits, mon coeur bat si fort de colère que le matin, au réveil, il me fait mal comme s’il s’était frotté contre mes côtes – comme s’il s’était creusé une niche aussi lisse que les pierres sous une chute d’eau. Parfois, une expression calme, douce et placide recèle plus de force que la colère, la furie même. Je le sais, et je m’efforce d’y parvenir – d’atteindre la paix, et la force qu’elle abrite – mais je n’y parviens simplement pas. La rivière ne cesse de tomber en cascade.Son bruit résonne au creux de mes tympans. »

« Immortelle randonnée » J.C.Rufin – éd.Guérin

immortelle-randonnee-compostelle-malgre-moi-jean-christophe-ruffin-editions-guerin-chamonix-mont-blancJ’ai lu ce petit récit hier, histoire de ne pas m’agiter les neurones, un peu fatigués en ce moment…et c’était parfait.

Notre élégant ambassadeur raconte son expérience sur le chemin de St Jacques de Compostelle, en partant d’Hendaye.

Rien de mémorable…ça se lit sans déplaisir. Je suis marcheuse et je n’ai retrouvé dans cette histoire que les inconvénients physiques qu’on peut rencontrer quand on enfile les kilomètres : les pieds venant en premier ! Pour le reste, je ne m’y suis pas retrouvée, c’est très personnel, c’est vrai.

hiking-49897_640Sinon, je reprocherai à l’auteur la grande distance qu’il met entre lui et les gens qu’il rencontre; on ne sent jamais ni sympathie ni empathie chez le narrateur, que ce soit avec les autres randonneurs ou avec les autochtones qu’il rencontre, c’est assez gênant et parfois très agaçant.

Il faut prendre ce livre pour ce qu’il est : une distraction bien écrite, mais sans grande envergure ( pensons à Nicolas Bouvier, et à son « Usage du monde » …).

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