« Les huit vies d’une mangeuse de terre » – Mirinae Lee, traduit de l’anglais (Corée du sud ) par Lou Gonse, éditions Phébus

« Prologue

L’idée me vint pendant mon divorce.

J’avais quarante sept ans et des kilos en trop. Je n’avais pas d’enfants pour combler ma solitude, mes jours silencieux. Je n’étais pas l’une de ces femmes modernes indépendantes qui décident tôt de ne pas avoir d’enfants. J’avais voulu en avoir un, mais mon mari ne pouvait pas m’en donner – son oligospermie, m’avait-il dit. J’aurais aimé tenter une FIV, mais il avait refusé, jugeant le processus trop humiliant. J’étais furieuse lorsque j’appris qu’il s’était inscrit dans une célèbre clinique de fertilité à Gangnam avec cette autre fille, de douze ans sa cadette, un mois avant que notre divorce soit prononcé. »

La narratrice de ce début est la femme qui recueillera les biographies des résidentes de l’établissement pour lequel elle travaille. Et qui recueillera la vie en huit épisodes de l’incroyable Mme Mook.

Je reconnais sans peine que cette lecture a été difficile pour moi. Pour plusieurs raisons, la première étant ma quasi totale ignorance de l’histoire et de la culture coréenne. Alors je me suis concentrée sur cette femme, son histoire, ou plutôt ses histoires multiples, vraies ou fausses, les huit vies de Mook Miran dont on est presque obligé de croire ce qu’elle raconte, tout en sachant qu’elle brode, cache, ment. Huit vies en temps de guerre.

« J’appris plus tard dans mon existence que tous les meurtriers, à leurs propres yeux, ont des raisons légitimes pour commettre leurs crimes. Je ne faisais pas exception: je pensais que ma décision était justifiée, si ce n’est pardonnée. Et, à dire vrai, je ne ressentis que peu de culpabilité. La différence entre un tueur et moi était qu’au moins je me sentais coupable de ne pas avoir de remords. »

« Mangeuse de terre », ce titre m’a « interpelée » – mot galvaudé mais ici adapté au sujet. Dans la maison de retraite « Soleil couchant », consacrée essentiellement aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, on rencontre Mme Mook Miran,100 ans, qui partage sa chambre avec grand mère Song Jae soon qui régulièrement s’enfuit. La rédactrice et glaneuse d’histoires, divorcée et malheureuse va trouver ici un sujet captivant, qui avec Mme Mook s’avérera plus complexe, plus tortueux, plus incroyable qu’elle ne pouvait l’imaginer. 

Mme Mook, donc, c’est la mangeuse de terre dont les vies multiples vont être ici explorées. Mangeuse de terre elle l’est enfant, sa première vie. Cette propension à manger de la terre se nomme la géophagie (une forme de « pica », trouble qui consiste à manger des choses non alimentaires). On va suivre cette femme hors du commun, on va l’écouter raconter sa vie, parfois en la faisant passer pour celle d’autres personnes et  lecteur ou lectrice ne sachant pas dénouer le vrai du faux. Ce qui est sûr, c’est que dans la Corée en guerre, cette jeune femme « caméléon » qui enfant aimait goûter la terre avec délectation va vivre huit vies au fil des guerres, des rencontres, des événements des années 50 qui engagèrent son pays. 

« Le vent du nord soufflait de nouveau sur mon visage, Madame Mook respirait profondément, les narines dilatées, comme celles d’un taureau excité. Je savais ce dont elle se gorgeait.

Tout en la regardant dans ses yeux vulpins, je lui posai la question que je n’avais pas osé lui poser plus tôt, pour laquelle je sentais presque une obligation morale, tel un prêtre face à un condamné dans le couloir de la mort

Je lui demandai si elle avait jamais eu des regrets à propos des meurtres qu’elle avait commis.

Elle grogna.

– Cela vous mettrait-il plus à l’aise? demanda-t-elle. parce que si je dis que je le regrette, ça signifie que je ressens un peu de culpabilité?

Elle ferma les yeux et ouvrit la bouche. Elle prit une nouvelle inspiration, et un sourire, candide et innocent, apparut sur son visage.

-Je ne m’autorise aucune pitié, ma chère, et je ne m’accorde aucun pardon. »

De nom en nom, de lieu en lieu, on suit Mook Miran jusqu’à son retour à une vie ordinaire, son séjour à la maison de retraite. Face à ce personnage hors normes, la glaneuse de mémoire et rédactrice biographe pour les personnes âgées de l’établissement va rester fascinée par le récit de Mook. Conte-t-elle la vérité ou bien affabule-t-elle? L’histoire est-elle bien celle de la vieille femme? C’est un vrai sac de nœuds, bien serrés, qui fait de ce livre une liste de questions qui restent longtemps dans un coin de la tête. En tous cas, un récit de guerres et d’aventures toutes plus folles les unes que les autres. 

Je vous propose ici une brève ellipse, ce livre est complexe, comme le sont les vies de cette femme dont le dernier nom est Mook Miran et dont on ne sait jamais, en lisant, qui elle est vraiment de celles dépeintes au long de ces huit vies, ou si elle fut bien les huit. C’est le côté passionnant du roman, ces ambigüités perpétuelles, les lieux, les vies, 8…Quand l’employée de la maison de retraite lui demande 3 mots pour résumer sa vie, Mook en propose sept: esclave, reine de l’évasion, meurtrière, terroriste, espionne, amante et mère.

Je reconnais que plusieurs parties ont été pour moi difficiles à lire faute de références historiques, mais c’est un roman aussi d’aventures, qu’on peut juger improbables, puis non, c’est donc aussi « la vérité » qui est mise en question. 

Foisonnant, complexe et très bien écrit. Les phrases finales:

« Alors que personne ne regardait, j’ai ouvert un peu plus sa bouche, aussi doucement que possible.

Et elle était là- sa langue.

L’escroc sans retenue qui lui avait permis de s’en sortir une vie après l’autre.

Sans surprise, elle était recouverte d’une couche de terre, tel du sucre acidulé sur un bonbon. »

Juillet, juste quelques notes de lecture

En Juillet, je fais une pause. D’ici là,  j’ajouterai peut-être un ou deux livres, mais je ne suis pas certaine d’y arriver. Peu de sorties en juillet, quelques unes en août, et septembre sera chargé. Donc je vais lire, et prendre du temps, des vacances, de l’air et du soleil. 

Une note de lecture, cependant,  pour un livre sorti en 2024: « Le rêve du jaguar » de Miguel Bonnefoy (auteur franco-vénézuélien ), aux éditions Rivages. Un gros gros plaisir de lecture. J’en avais entendu parler, mais j’ai retrouvé là tout l’imaginaire sud américain que j’ai tant aimé chez Gabriel Garcia Marquez, et un certain nombre d’auteurs édités aussi chez Métailié. J’ai donc pris un immense plaisir à cette lecture, que je ne commente pas. Mais ce livre est une pépite ! Les premières phrases:

« Au troisième jour de sa vie, Antonio Borjas Romero fut abandonné sur les marches d’une église dans une rue qui aujourd’hui porte son nom. Personne ne peut dire précisément à quelle date il fut trouvé, on sait seulement que tous les matins, toujours au même endroit, une femme misérable avait l’habitude de s’asseoir là pour déposer devant elle une écuelle en calebasse et tendre une main fragile aux passants du parvis. Quand elle vit l’enfant, elle le repoussa d’un geste dégoûté, mais son attention fut soudainement attirée par une petite boîte brillante, cachée entre les plis du lange, que quelqu’un avait laissée là comme une offrande. »

Tout l’imaginaire et tous les sortilèges de ce continent sont ici déployés, un immense bonheur de lecture.

Et une chanson.

« Bons baisers de Tanger – Une enquête de Gabrielle Kaplan » – Melvina Mestre, éditions Points

« Prologue

La lune se reflétait sur une mer d’huile. Le vent s’était atténué. Pas un souffle. Plus un drapeau ne claquait. À la surface de l’eau, le calme plat: les bâtiments ne tanguaient pas d’un pouce, ni les gros paquebots et les quelques courriers d’Algésiras ou Gibraltar, ni les barcasses de pêcheurs ou les vedettes rapides.

Plus rien ne bougeait dans le port de Tanger. pas un clapot sous les coques sombres des navires. Même les milliers de mouettes qui survolaient la ville en continu s’étaient tues. « 

Mon article sera court sur ce roman d’enquête, celle-ci menée par Gabrielle Kaplan, détective privée. Il s’agit donc d’un roman 3ème d’une série qui met en scène Gabrielle Kaplan, je n’ai pas lu les autres mais il me semble que ce n’est pas si grave. Je ne suis absolument pas familière de ce genre , assez différent à mon sens du roman policier. Alors mon article ne sera pas très long, cette histoire est d’une complexité conséquente, avec plein de personnages, l’autrice mêlant personnes réelles et fictives, faits réels et fictifs, bref, il est difficile ici de séparer le vrai du faux, et ça, c’est plutôt amusant. Gabrielle est censée être une épouse à la recherche de son mari dont elle est sans nouvelles:

« Elle se leva pour ouvrir la fenêtre: la vue sur le détroit était à couper le souffle. Une perspective panoramique jusqu’à la mer, englobant toute la baie de Tanger. À quelques encablures, l’Espagne. Il faut dire que l’hôtel était construit sur un belvédère sans aucun vis-à-vis.

Après cette courte halte dans sa chambre, elle fit exactement ce qu’on attendait d’une épouse en quête de son mari: se rendre sur son lieu de travail, à la Compagnie nord-africaine et intercontinentale d’assurances, pour y rencontrer le patron, tâcher d’en savoir un peu plus au sujet de son vrai-faux époux et des raisons de sa disparition.

Elle s’était changée, et comme le temps était couvert, pour les besoins du personnage elle avait enfilé sur sa robe à fleurs à trois jupons un petit caraco au crochet parfaitement tartignole. Une couverture insoupçonnable. »

Bien sûr, j’ai aimé Gabrielle, et surtout, j’ai aimé la plongée dans Tanger des années 50. Un pays et une ville que je ne connais absolument pas, et qui ici grouillent de personnages interlopes. C’est l’ambiance que j’ai préférée. Et une grande envie de voir Tanger, qui , je le sais bien, a dû considérablement changer.

Je ne parlerai même pas de l’enquête de Gabrielle, mais de l’écriture, remarquable, précise, vivante, c’est elle qui m’a aidée à entrer dans l’histoire. La qualité aussi des portraits, femmes ou hommes, l’élégance de l’ensemble, comme les codes de cette époque dans les réunions cocktails et autres, fréquents, où se jouent pas mal de choses. Je crois que ce roman ferait un film épatant, façon années 50, avec des acteurs à « gueule », des femmes glamour à fume-cigarette, et de la lumière, du soleil, des ruelles. Regard sur une soirée qui rassemble « le tout Tanger », snob, superficiel, et ambigu:

« Kaplan continua à se mouvoir dans cette foire aux vanités, parmi les convives grisés et grisants, le visage dissimulé derrière son voile en mousseline. Elle avait le don de se rendre « transparente », et de se glisser dans une assemblée sans qu’on la remarque.

Des personnalités du tout-Tanger, ces exilés de luxe qui avaient fui les privations, les rationnements de nourriture et de plaisirs, ou les interdits, s’étaient regroupées autour de David Herbert, un aristocrate anglais emperruqué et vêtu d’une gandoura chatoyante, l’arbitre de la vie mondaine locale, dont la principale occupation consistait à amuser la galerie. Cabotin, il mettait une ambiance du tonnerre en dansant comme un damné. Pour ces mondains, la moindre excentricité était accueillie comme un trait de génie. »

La base de ce roman est historiquement juste, et suivre Gabrielle Kaplan en espionne dans cette ville a été un vrai plaisir. Belle écriture qui ne néglige pas une certaine poésie, des sentiments, et surtout une atmosphère parfaitement réussie, genre film avec Humpfrey Bogart, vous voyez ? De l’élégance, de la classe. Et une piqûre de rappel sur une époque qui protégea des personnages fort peu recommandables. Par exemple on croise ici la famille Guérini, marseillaise et puissante, et quelques allemands pas plus recommandables. Enfin, bon, quant à moi j’ai passé un excellent moment, une sortie de route de lecture que j’ai beaucoup appréciée.

J’ai rôdé sous le soleil de Tanger et dans ses ruelles, sur les pas de la belle Gabrielle car elle est belle, j’en suis certaine. Deux épilogues referment le livre, qui quoi qu’il en soit est passionnant pour ce qu’on apprend sur ce lieu et cette époque, et qui est écrit de très belle façon, mêlant fort bien l’histoire-  l’Histoire- et le romanesque. Agréable lecture.

« Comme une lanterne sur les ruines » – Cécile Schouler, éditions du Panseur

« Chapitre 1

Si je compte jusqu’à trois et que mon ombre est toujours sur le sol, c’est que je suis vivante…Je me récite cette phrase entre deux respirations. Même si je dois aller vite, je prends le temps d’articuler distinctement chaque syllabe dans ma tête; je sais que si je bute ne serait-ce que sur un mot, je devrai tout recommencer. Ça ne plaisante pas les formules magiques, surtout celles qu’on utilise souvent. Moi, je compte dès que la vie devient trop grande. Je dois la réajuster sans cesse avec ces trois chiffres pour me sentir dedans. »

Voici le récit d’une collégienne un peu solitaire. Elle a bien Laetitia, sa copine futile qui aime le shopping, mais elle, elle est « à côté ». Elle, c’est une rêveuse qui lit Prévert. Elle croise régulièrement un jeune homme qui est manifestement et dans tous les sens du terme, à la rue. La rencontre va se faire, improbable, elle et sa vie tranquille, lui…on découvre vite qu’il se drogue, et qu’il utilise son corps pour payer sa dope. Il se vend à des hommes, furtivement, de nuit, il vit ainsi. Enfin si on appelle ça vivre. Elle, rêveuse, idéaliste, elle va bien sûr en tomber amoureuse et décider de le sauver, par son amour qui ne cessera de grandir au fil des jours. C’est cette rencontre qui est là racontée. Pour une histoire pleine de souffrances, de joies brèves mais lumineuses, une sorte de chaos émotionnel et physique plutôt douloureux. La lecture  et Prévert sont un lien entre eux de plus.

« Lire est la seule chose que je fais POUR DE VRAI, la seule chose importante. C’est parce que je n’entendais personne que je me suis mise à écouter les mots. Ils ont de suite su quoi faire. Au milieu des cours de récré et des dimanches pleins d’ennui, ils se sont glissés là où il fallait, dans des creux inconnus, pour les remplir tout entiers. « 

Certaines scènes sont à la limite du soutenable pour peu qu’on soit sensible à la jeunesse perdue – égarée? -. Des pages difficiles à soutenir sans avoir envie de chialer. Et de se dire que laisser ainsi de jeunes gens se perdre, c’est d’une infinie violence et d’une immense tristesse. Se perdre, certes, mais s’aimer par contre…d’un amour fou et sans amarres, qui se nourrit de lui-même et de poésie. Sous l’égide du grand Prévert qui les accompagne dans cette dérive amoureuse. Car c’en est une.

Selon moi il n’y a rien à dévoiler de plus. C’est une histoire d’amour terrible, intense et sauvage. Un amour désespéré. J’en sors assez bouleversée.

Une chanson dans l’histoire, « Maglia », texte de Victor Hugo et la voix de Serge Reggiani:

« Parmi toutes les autres » -Hélène VEYSSIER, éditions Buchet – Chastel

« Tu veux me montrer à quoi ressemble ton chef-d’œuvre. Tu t’assieds à la table. La main en suspens et comme hésitant d’abord au-dessus du papier, de gauche à droite et d’un seul trait chaque fois, tu ébauches la silhouette de trois personnages. Ensuite, t’écartant un peu du dessin pour juger: « Voilà, c’est comme ça », tu as l’air heureux.

Ce court roman raconte la rencontre entre Edgar Degas et une jeune fille de 15 ans, petit rat à l’opéra de Paris qui y gagne chichement sa vie.

De nombreux hommes viennent assister aux ballets, aux entraînements aussi, surtout pour regarder ces petites si charmantes et si jeunes. Bref. Parmi eux, Edgar Degas qui vient « croquer » ces petites danseuses pour ses toiles qu’on connait tous.  C’est la petite Adèle qui sera son sujet de choix, et elle sait qui il est. Et c’est ainsi qu’un jour, elle l’emmènera dans sa modeste chambre, et Degas se sentant ensuite vaguement honteux je suppose, lui laissera un dessin, l’ébauche de « Portrait de famille ».

« Je te dois cela, Edgar Degas, je te dois ma naissance à la culture, à l’art, je te dois la découverte du bonheur d’apprendre. C’est un cadeau immense dont ut ne sauras jamais rien. Pourtant, quand je repense à  nous, c’est aussi de la colère qui me vient, de ton dédain, du sot mépris de certains hommes pour qui n’est pas de leur monde. »

Avec pudeur et une grande délicatesse, l’autrice nous raconte la vie de cette jeune fille, qui se mariera avec le libraire chez lequel elle va chiper des livres. Une vie d’amour avec un homme tendre, une enfant, Sophie. Mais en arrière plan, plane Degas, sa peinture, et ses petites danseuses…et sa famille.

« La famille Bellelli, le même que vous aviez reproduit au crayon dans ma chambre ce jour maintenant lointain…Je m’en souvenais parfaitement, sur la grande feuille que j’avais extraite du carton à dessin de ma cousine, et sur laquelle vous aviez dessiné, il y avait une femme et deux fillettes: trois personnages, c’est tout. Je restais devant le tableau, interdite, émue, étrangement inquiète. »

Oscillant entre une histoire d’amour – peut-on vraiment la nommer ainsi? – et la vie d’une jeune épouse, c’est l’histoire d’Adèle, qui voyant les œuvres de Degas, plus tard, s’interroge sur l’image que le peintre lui renvoie, s’interroge aussi sur la famille de Degas .

Je suis un peu perplexe, non pas sur la qualité du roman, tendre, délicat et qui pose des questions, tout en nous mettant dans l’esprit d’une jeune fille de 15 ans en admiration devant un Degas qui en pas mal de plus. Cette histoire me questionne. Autres temps, autres regards sur le monde et sur les relations hommes-femmes – mais ici, c’est une relation homme-fillette, à peine adolescente…Bref. « Ce beau livre qui conte un amour tu », a quelque chose de dérangeant. Et pour moi de très triste.

Ce qui m’y a plu est la vie que se construit la danseuse, avec son époux libraire et sa fillette, et son intelligence. 

« Enfin, si un jour quelqu’un, quelqu’un qui vous aurait connu, à qui peut-être vous auriez parlé de moi, car il arrive, n’est – ce – pas qu’on évoque des relations insignifiantes, si quelqu’un se souvient de la petite danseuse, alors, qu’il entende en écho l’histoire de votre tableau et la mienne, et qu’ainsi j’existe. »