On reste en Afrique

Avec Miriam Makeba, surnommée Mama Africa. Née en Afrique du Sud, militante politique, naturalisée guinéenne, puis algérienne en 1972, elle devient citoyenne d’honneur française en 1990. Décédée en 2008, elle reste une incarnation de la lutte anti-apartheid.

Ici en concert avec Bongi sa fille unique, en 1980

 

Petits voyages musicaux

C’est l’été et  vous êtes nombreux à être en vacances, partis, au repos…J’ai ralenti mon rythme de lecture, et suis entre deux livres, dont un difficile, sur lequel je prends mon temps. Je relâche un peu la pression, bien qu’encore chez moi. S’occuper du jardin, partir en promenade avec le pique-nique, aller peut-être écouter un des concerts qui fleurissent à droite à gauche un peu partout à cette saison…Et ce matin, je me rappelle de ce beau concert de Rokia Traoré, en plein air et il y a déjà quelques années, un pur moment de bonheur. Alors ce matin, c’est l’Afrique, et une pensée pour le Mali

« L’heure du chacal » de Bernhard Jaumann – éd.du Masque, traduit par Céline Maurice

chacalImmersion dans l’histoire de la Namibie…

Ah, c’est sûr que ce n’est pas ce que nous connaissons le mieux, ce qui rend le livre très intéressant ;  l’auteur, allemand, se penche sur le meurtre non élucidé, en 1989 d’Anton Lubowski, blanc qui soutint la SWAPO ( mouvement de libération de la Namibie ).

Lire le communiqué de presse paru alors

http://europa.eu/rapid/press-release_IP-89-678_fr.htm

Certains noms, ceux des victimes du tueur, sont donc authentiques, et Jaumann utilise les questions qui se posent encore sur l’assassinat du célèbre avocat pour bâtir un roman politique sur fond de township écrasé de chaleur.

45606182_nam442_mMêlant ainsi, et de belle façon réalité et fiction, on découvre une partie de l’histoire de ce pays, la corruption des uns et des autres, juges, policiers et politiques, le tout en campant un sympathique personnage : Clemencia Garrise.

Cette jeune femme noire, pur produit de la « nouvelle » Namibie post-apartheid, doit, tout en affrontant , (faut pas exagérer non plus !) le racisme et le machisme, mener une enquête sans moyens à la suite d’une série d’assassinats, dont les victimes sont de riches hommes blancs qui furent soupçonnés du meurtre de Lubowski. Elle se penche donc elle aussi sur le sombre passé de son pays, dont elle ne connait que ce qu’on lui en a raconté.

C’est elle que j’ai aimé dans ce livre, parce qu’elle a ce qu’on peut appeler un caractère de cochon, mais sa liberté et son indépendance en dépendent ! Les scènes dans son township, entre ses tantes, son frère et les voisins sont très drôles par le décalage entre un pays aux allures modernes où les coutumes et le caractère local persistent, fort heureusement pour sa personnalité. Clemencia, se bat tout le temps, pour sa chambre, fermée à clé et où elle doit se protéger des « envahisseurs » prompts à accaparer son territoire, pour le respect de la qualité de son travail de policière, pour son indépendance de femme face au journaliste allemand qui lui fait la cour…Une vraie battante ! Elle a pour ça toute son intelligence, qui va la mener au dénouement, sans toutefois parvenir à éviter les meurtres.

L’écriture et la trame restent classiques, à mon goût un peu trop, dans un style plus proche du reportage que du suspense, je trouve que ça manque de force et d’énergie, mais néanmoins on lit ce roman avec intérêt pour cette histoire que nous connaissons mal, peu, ou pas du tout.

L’auteur en dit :  « L’heure du chacal est donc un roman. Il ne prétend pas reproduire la réalité historique, mais souhaite raconter une histoire qui comporte sa propre réalité. Il ne peut évidemment pas se substituer à une élucidation juridique des événements, mais s’il devait contribuer à remettre le meurtre d’Anton Lubowski à l’ordre du jour pour que, peut-être, justice puisse enfin être faite, j’en serais très heureux »

Et parce que c’est joli à voir et à entendre, ce jeune choeur de rue, namibien et métis

 

Ousmane Sow, reçu à l’Académie des Beaux-Arts

J’ai découvert Ousmane Sow à Lyon, un peu par hasard; une exposition de ses œuvres était présentée place Bellecour, dans un des pavillons…Un éblouissement total en rencontrant ces géants d’argile, indiens et africains… Immenses, bruns, tout de chair, de muscles, de mouvement, des regards qui transpercent…Il y avait longtemps que je n’avais pas vu ça dans des sculptures : de l’Homme à l’état brut, celui jailli de la terre et qui aussitôt se met en marche…

Interview à RFI pour son entrée à l’Académie des Beaux-Arts

http://www.rfi.fr/afrique/20131210-ousmane-sow-academie-beaux-art-n-est-pas-rien

Ousmane Sow est kinésithérapeute de profession ( comme on dit  ) et a donc le sens du corps dans les mains. Et il sait en faire de magnifiques et bouleversantes œuvres. Autant d’odes aux peuples et comme il le dit lui-même, « à ceux qui ne cèdent pas sans combattre », comme sa grande fresque sur Little Big Horn, une des plus belles choses que j’ai pu admirer.

Voici le lien vers son site où vous pouvez vous faire une idée de son travail, mais si une opportunité se présente à vous de rencontrer ses grands hommes, ne la manquez pas !

http://www.ousmanesow.com/mac/index.htm