« Chasse gardée » – François PIERETTI – Viviane HAMY éditions

« On a retrouvé le corps de Flora dans les ronces, pas très loin de la casse. De la poussière plein ses jambes nues; autour, des traces de lutte. Je n’ai pas été étonné. Comment imaginer que la petite tornade que j’ai connue enfant ait laissé filer sa vie et ses affaires sans se battre avec la fureur d’une chienne qui défend sa portée ? Et puis ce genre de destin n’est pas inhabituel dans la corporation violente qu’elle avait, comme son père, fini par adopter. J’ai eu le cœur brisé en apprenant la nouvelle et j’ai replongé la tête la première dans le bouillon de ces quelques saisons lointaines, tapies au fond de ma mémoire, où j’ai connu Flora, Baleine, Sébastian et les autres. »

Ainsi commence le roman avec ce narrateur, fils d’une famille au sang bleu mais désargentée. L’histoire commence par la fin tragique de Flora. Et on lit pour savoir ce qui lui est arrivé. 
Ce jeune homme de bonne famille va plonger dans un monde à des années lumière du sien, par le biais de Stefan, gardien du domaine. Il recherche sa petite-fille Flora, et va charger le jeune homme de partir à sa recherche .

« Sur la façade d’un grand hangar de tôle, on avait peint à la va-vite l’inscription « Casse Auto Réparation » mais la peinture écaillée ne laissait désormais deviner que le contour des lettres évidées. Passé la grille ouverte, on empruntait un chemin de gravillons mêlés de bris de glace qui crissaient sous le pas. Où que se pose le regard, la vue était encombrée: de petits monticules d’enjoliveurs, des engins de chantier, d’impressionnantes carcasses de voitures posées les unes sur les autres en un équilibre hasardeux, certaines à moitié brûlées, sur les restes desquelles on avait inscrit ce qui ressemblait à une date d’arrivée suivie du numéro d’une plaque, d’un coup de bombe fluo. »

Et le voici donc, ce jeune homme aventureux, emporté dans un monde si loin du sien, dans des péniches mal en point, avec des gens marginaux, j’imagine du côté des canaux du sud. Là il rencontrera Sébastian, et Flora, sa fille, veillée à chaque instant par Moloch un grand et gros chien, fou d’amour pour la petite et qui est je pense l’être qui veille le plus sur elle. C’est une des plus belles choses du roman, ce duo fillette revêche et touchante et gros chien pattu.

« J’ai claqué la porte du coffre d’une main, la pile de livres dans l’autre.-« Je suis allé me promener, comme toi. Tu m’aides? Il faudrait rentrer ça dans le bureau.J’ai désigné la pile de livres à son intention. Flora a grimacé en jetant un rapide coup d’œil aux couvertures plastifiées vert pomme, rouge et bleue, promesse de longues heures d’ennui et d’une éducation dont elle semblait à des lieues de se soucier. Elle a sifflé Moloch et le gros chien a trotté jusqu’à elle. Une main sur le poitrail de l’animal, elle a murmuré: « -Quand j’étais petite, j’essayais de lui monter dessus comme un cheval, mais Moloch n’aimait pas ça. Vous n’êtes pas en colère pour tout à l’heure?

-Si. Il faut respecter les rendez-vous qu’on te donne. La grimace, de nouveau.

-Moi, je respecte les gens qui me disent des secrets. Vous voulez que je vous montre un secret? Vous pouvez porter les livres? Je suis vraiment très petite, même pour mon âge. Il faudra me suivre. »

Ce qui m’a plu, beaucoup, dans ce roman, c’est l’univers très spécial qui règne dans ces péniches déglinguées, avec leurs habitants marginaux, les trafics et bons coups, une espèce de vie vraiment dans les marges de notre société. Ce qui n’exclut pas une véritable organisation et un réseau solide.
Dans cette ambiance grandit vaille que vaille Flora flanquée du chien. En fait, c’est sans difficultés que le narrateur va trouver la fillette, c’est sans beaucoup de peine qu’il va intégrer ces marges. Et puis il doit éduquer Flora, qui ne fréquente pas l’école. Baleine, un des piliers de cette communauté, y tient quand même, et ainsi le jeune homme va rencontrer Valentine l’institutrice qui acceptera de donner des cours à Flora. Elle acceptera aussi les yeux doux du jeune homme.

Je n’ai pas trop l’intention d’en raconter plus, mais ce qui est beau dans cette histoire, au fond, c’est que Flora, à mon avis, s’éduquera seule au contact d’un monde plein de pièges, plein de dureté, mais aussi, pour elle, plein de joies comme celle d’être libre -très libre -, celle de baguenauder comme elle l’entend, flanquée de Moloch, son meilleur et plus fiable ami. Cependant, Valentine va faire la différence. Car une question alors se posera, y compris dans l’esprit de la fillette, sans que ce soit énoncé clairement: où est la mère de Flora et qui est-elle? Où est ma mère et pourquoi m’a-t-elle abandonnée?

Ce sera cette quête, enquête que mènera le narrateur, aidé de Valentine, emmêlés dans les dires et suppositions des uns et des autres. Ceux qui se taisent, et puis Baleine ( pour moi un des plus sympathiques du lot ), Sébastian, quelque peu inconséquent – nul en éducation « classique » en tous cas.

Je trouve que cette histoire, si on la regarde de près, est complexe parce qu’elle pose pas mal de questions perturbantes. En effet, qu’est-ce que l’éducation ? Quelle est la « bonne » ? Que nous apprend la vie quand on est livré à elle seule, sans véritable « phare » pour nous guider, lorsque nous sommes des enfants? Valentine est à mon sens le déclencheur de quelque chose de douloureux pour Flora, cette question de la mère…et de l’amour maternel.

L’auteur nous promène dans les pas – dans les roues – de ces trafics d’un peu tout, dans la bonne ambiance des fêtes et soirées collectives, sur les bateaux décatis sur le canal. Tout ça, pour moi, est une petite ballade en marge pour nous distraire du terrible destin de Flora, qui a retrouvé son père. Mais qui n’a pas de mère connue d’elle. Les questions que ça doit soulever dans son cœur d’enfant.

Je n’en dis pas plus, sinon que l’écriture est belle et porte la lecture; elle est belle et adaptée au sujet – à la première personne, c’est le jeune homme qui raconte – et la fin est magnifique, Flora m’a atteinte droit au cœur, quand personne ne voit vraiment qu’elle grandit, qu’elle s’interroge – sur sa mère en particulier -, Flora est en rage parce qu’elle est emplie de chagrin et qu’elle n’aime pas ça , c’est un signe de « faiblesse »- et Flora est un éclair, une flèche, une cocotte-minute, que personne ne voit grandir. Sauf Valentine.
Voici un beau livre, qui mêle le destin d’une enfant à demi-orpheline à celui d’une communauté marginale, qui mêle l’insouciance de l’enfance et la douleur de la quitter .
Quant au narrateur, il sort de cette histoire transformé de multiples façons.

Les mots de la fin, un extrait assez long:

« Voilà comment vivre heureux au pays du mensonge. Pour s’y épanouir, il faut se résoudre à aimer cette manie étrange qu’ont les vivants et les morts d’habiter ensemble, les villes où le neuf le dispute aux ruines, les panneaux des boutiques disparues qui rouillent et s’inquiètent de leurs propriétaires, la lueur entêtée du souvenir  dans le jour éternel. Tout se change en sable, désormais: le soleil tape là-dessus et s’en fout. À mon tour, je me sens envahi d’herbes folles. Il suffit de continuer, malgré la chaleur et le chagrin. »

Un beau livre, une lecture facile et très émouvante. Je n’oublierai pas Flora.

 

« Somnambule » – Dan Chaon, éditions Albin Michel « Terres d’Amérique », traduit par Hélène Fournier

Somnambule par Chaon« Trois fois

La première fois que ça arrive, on est en octobre, et je traverse l’Utah dans mon camping- car avec ce jeune philippin qui s’appelle Liandro. On se passe et repasse un joint au-dessus de la tête de Flip, le chien, qui dort entre nous, mais on ne parle pas vraiment. Liandro est vexé car il a les chevilles menottées.

J’étais passé le prendre au chef Cheng, un restaurant chinois d’Elko, Nevada, et je lui avais expliqué que je faisais ça dans les règles de l’art, que je n’avais rien contre lui personnellement. Je lui avais demandé de s’asseoir sur le siège passager, de retirer ses chaussures et ses chaussettes, et je lui avais passé les menottes.

« Mec, avait-il dit en pliant les orteils. C’est franchement inutile.

-Je sais bien. »

Ma dernière lecture de cet auteur inclassable fut « Une douce lueur de malveillance », et je retrouve ici l’incroyable talent qui m’avait fait frémir alors.

Dan Chaon a une plume très personnelle, une prose qui oscille entre l’ironie, la tendresse, et une brutalité terrible planquée sous des airs de rien. L’écriture fascine, hypnotise même, on entre dans le cerveau quand même assez dérangé de Will et on quitte notre sol pour entrer dans ce voyage durant lequel on ne sait pas trop ce qui va arriver, c’est une dérive entre délire du LSD et réalité de la route. La brutalité, c’est celle du personnage principal, Will Bear, envers lui-même, envers les autres, brutalité noyée dans des vapeurs de défonce, dans un désespoir profond, une sorte de quête métaphysique de lui-même, de son histoire et essentiellement dans l’histoire de sa potentielle nombreuse descendance. Seul Flip le chien, l’ami, celui de confiance qui jamais ne trahit, Flip fidèle compagnon, est l’objet de toutes les attentions de Will. Ci-dessous, un passage que j’aime particulièrement:

« Il faut s’interroger sur les colons des Grandes Plaines. Ces Blancs qui, jadis, ont tué les Indiens et revendiqué cette terre sans jamais en démordre; qui ont abandonné à leurs enfants et petits-enfants ce legs de poussière. Un ensemble de baraques en bois avec, à l’arrière, des jardins envahis d’amarantes, de carcasses d’autos, de balançoires abandonnées, d’arbres assoiffés et rabougris. Le génocide en valait-il la peine?

Voilà ce que je me dis et puis je me ressaisis. J’exagère un peu quand même. Le service client de l’aire de repos de Campo est excellent. Il y a, à la caisse,  une adolescente au visage rond, très polie, et qui sourit gentiment à mes compliments. Un manager chauve, accablé de soucis, est penché sur son ordinateur portable. Qui suis-je, après tout, pour prendre ces gens de haut, même s’ils sont les descendants d’assassins?

Tout compte fait, nous sommes tous, assurément, des descendants d’assassins, vous ne croyez pas? Sinon, nous ne serions sans doute pas là. »

Will a été un grand donneur de sperme et se lance dans une course recherche de sa descendance, chemin chaotique qui le mènera à Cammie. Qu’il ne verra ni ne rencontrera physiquement jamais. Cammie sera une voix sur internet, au téléphone, et dans un drone à la fin de la course. Cammie aux mille visages va rester pour la lectrice que je suis une supposition, dirais-je, peut-être juste une hallucination vocale du héros, ou bien elle existe vraiment? La 4ème de couverture semble dire que oui, elle existe, c’est elle qui appelle un jour Will. Mais est-elle réelle? En tous cas, une chose est sûre et indéniable, Dan Chaon, par le biais de Will, pose les questions essentielles sur le monde, sur l’environnement, sur notre finitude avec celle de notre planète.

« Je ne sais pas trop ce qui tombe du ciel. peut-être des détritus emportés par le typhon en provenance du Nord-Ouest, au large de la côte, ou encore de la  cendre en provenance du mont Silverthrone au Canada.[…]. Ça va être le moment pour l’humanité de rendre des comptes, j’en suis sûr, et pourtant même chez ceux d’entre nous qui acceptent l’inéluctabilité de la mortalité massive chez l’homme, il reste un espoir prudent; On attend de voir comment l’Armageddon va se dérouler, guettant tout ce qui pourrait faire qu’il tourne à notre avantage. Même dans le pire des cas, il y a des chances qu’au moins certains des nôtres se battent suffisamment longtemps pour devenir des créatures capables de s’adapter à tout nouvel environnement. Je ne suis pas biologiste de l’évolution, mais j’ai foi en la ténacité de notre espèce.

Je baisse la tête et continue de conduire, penché sur le volant pour voir le mieux possible à travers la traînée de vase translucide laissée par les essuie-glaces. Je ne dois pas dépasser les quinze kilomètres à l’heure, mais je suis bien déterminé à arriver à destination. »

Voilà la force de ce roman que je trouve inclassable. J’aime cette dérive dystopique dans le van de Will à travers les USA, avec malgré tout un attachement à ce personnage plein d’ambigüités, parfois touchant, parfois repoussant. Le talent à mettre le lecteur, la lectrice en position délicate par ces ambigüités, la complexité à tenter de cerner Will et son univers. Je ne juge pas utile d’en dire plus, mais il y a là de belles pistes de réflexions sur notre monde, et sans aucun doute de la philosophie. Il est question de famille, de solitude, d’abandon . Bien évidemment que je ne dis qu’une infime partie de ce qui remplit ce roman très unique où on croise aussi Ward, Patches, Experanza, Tim Ribbons et d’autres. Ce livre est un voyage dans plusieurs dimensions, j’ai adoré cette lecture, y compris pour ses difficultés (d’ailleurs je crois que je vais le lire sans contrainte de temps une seconde fois ). Excellente lecture, tout un monde à explorer par cet auteur inclassable. Les mots de la fin:

« Les gens sont fous, voilà ce que je veux dire. Du moins, la plupart d’entre eux. Il est tellement plus facile de tuer que de connaître le tourment de l’empathie, et jusqu’au bout nous ne pourrons pas nous empêcher de nous diviser en tribus, même quand nous ne serons plus qu’une poignée. Même le jour du Jugement dernier, nous calculerons nos profits et nos pertes et penserons gaiement à ce que nous accumulerons le lendemain.

Las, comme on disait autrefois. Comme le monde serait heureux si nous tous, l’humanité entière, pouvions nous réveiller complètement amnésiques sur une île déserte. »

Coup de cœur !

Une chanson

« Archives de la joie – Petit traité de métaphysique animale » – Jean-François Beauchemin, éditions Québec Amérique

 NOTE DE L’AUTEUR

Archives de la joie par BeaucheminUn vieux chevreuil au museau grisonnant vient tous les deux jours, depuis le début de l’été, perdre rêveusement dans mon jardin un peu du temps qu’il lui reste. La lumière autour de lui pivote de quelques degrés, aménage ses photons comme pour le préparer au passage prochain vers l’au-delà. Je pense que, son corps lui échappant un peu plus chaque jour, il se tourne petit à petit vers une explication du monde plus abstraite, et comme épurée. On dirait que son subconscient désormais n’est plus d’accord avec lui, avec sa vie forestière si complexe et si passionnée de réel. De son regard, et de l’espèce de bilan qu’il semble établir, émerge néanmoins une chose demeurée extraordinairement concrète: la joie. Je connais cette joie. C’est celle que j’éprouve chaque fois que, comme mon chevreuil, je me retourne et que j’aperçois les quelques grandes constructions inébranlables de mon passé. C’est en songeant à ces choses-là, et à cette joie, que j’ai écrit ce livre, qui n’est ni roman ni poésie, ni essai, ni journal ou récit autobiographique, mais, puisque les animaux y sont si présents, une sorte de bestiaire de la mémoire. »

Article court pour ce recueil impossible à résumer, et dont ce préambule définit très bien à lui seul ce qu’il en est. Donc, la relation de cet auteur hors du commun avec la nature, avec le monde animal. Son chien s’appelle Camus, ça me plait beaucoup, ça ! Plus qu’une relation, c’est une appartenance entière au monde qui l’entoure, une connivence profonde, une compréhension implicite, une amitié. À propos des chiens et de la mort:

« Je ne crois pas une seconde que ces bêtes soient des êtres inférieurs, indignes de notre altruisme. Ce que j’observe chaque jour, c’est qu’ils vivent comme nous une vie jamais complètement déchiffrable, moins mystique que la nôtre, mais pas moins mystérieuse. Et cependant je résistais à la tentation de m’arrêter pour leur caresser la tête et échanger avec eux, comme je l’ai tant fait plus tard. Je courais, je courais. On m’affublait de surnoms comme Le Sprinteur, ou l’Autruche. On admirait par ailleurs la fermeté de mes mollets, l’aérodynamisme outrancier de mes muscles ischio-jambiers. Mais on ne remarquait pas que, presque à chacune de mes foulées, je jetais un œil par-dessus mon épaule pour voir si la mort était ou non en train de me rattraper. »

Le chapitre « L’indifférence », où l’auteur se met sous l’œil de son chat est des plus réjouissants, extrait  (je m’empêche de mettre le chapitre entier (…) :

« Le dimanche, après avoir bien mangé et bien bu, mon chat Scooter passe l’essentiel de la journée à m’observer. Ce regard sévère posé sur moi est celui d’un juge impitoyable. Si je l’ai bien compris, il souhaiterait que je ressemble davantage à Humphrey Bogart, et que je réfléchisse aussi lucidement que Jean-Paul Sartre fréquentant dans les années quarante les cafés enfumés de Saint-Germain- des -Prés. Mon penchant de toujours pour l’abstraction et les concepts difficiles ne lui plaît guère. Il préférerait me voir défendre plus concrètement les causes qui me tiennent à cœur, et ne me pardonne pas d’avoir plutôt choisi comme instrument de combat l’écriture de livres poétiques, c’es-à-dire ambigus. Mon intérêt pour les chiens le laisse perplexe. Il n’aime pas leur soumission à un maître, équivalente pour lui à une espèce d’obéissance au destin. »

J’ai déjà parlé d’autres livres de Jean-François Beauchemin, et ma découverte au fil du temps de ses écrits me ravit à chaque fois, j’aimerais vraiment qu’il en soit de même pour d’autres, tant le lire est apaisant et enrichissant. Je termine avec cette conversation avec un lièvre (qu’auparavant l’auteur a sauvé d’un collet ) en fin du recueil:

« Un soir, tandis que j’arrosais le jardin, je sentis derrière moi une présence. Mon lièvre était là, son cou portant encore les marques des blessures, ses longues oreilles aérodynamiques pointant le ciel. « On m’a beaucoup demandé, me dit-il, de quoi était faite cette mort où je me suis attardé un moment, le temps en somme de faire plus ample connaissance avec elle. J’ai trouvé compliqué d’expliquer qu’il n’y avait rien, ni objets ni images, ni souvenirs ni pensées, ni sentiments ni conscience, ni Dieu, ni bêtes, ni personne. Mais le plus difficile reste encore de dire sans passer pour fou que j’ai néanmoins rapporté de ce séjour l’impérissable conviction que ma vie n’est pas inutile, et qu’il me faut pour la mener à bon port écouter, bien regarder, tisser des liens avec des inconnus, réfléchir et m’étonner, ne pas me décourager et persister quand tout semble me résister. Ce n’est pas que quelque chose m’attende tout au bout, puisqu’il n’y a rien. Mais je pense que d’ici là ma petite contribution est requise. »

J’ai trouvé que ces extraits, plus que ce que je pourrais rajouter disent qui est Jean-François Beauchemin, poète, vivant, drôle, et tellement fin et intelligent…L’amour de la vie et des êtres vivants, l’amour de la nature, conçue comme notre lieu évident et naturel pour exister. Un regard sur lui-même plein d’humour. Je n’ai pas plus de mots pour dire comme j’aime ce qu’il écrit, ce qu’il nous dit. Beaucoup beaucoup d’émotions.