« Les doigts coupés » – Hannelore Cayre, Métailié Noir

« …Un permis de construire?…Avec le maire écolo qui fait une fixette sur les piscines, je te dis pas l’usine à gaz! Non, j’ai fait descendre Winiarczyk et ses gars pour creuser ni vu ni connu. On ne peut pas voir le chantier de la route de toutes les façons, même si on fait bien attention.

En prononçant le mot « piscine », Laurence jette machinalement un regard sur ses trois ouvriers polonais en train de manier la mini-pelleteuse.

-…Je viens de t’envoyer le lien de l’annonce. Tu vois la troisième vignette? Voilà, celle avec les arbres…On croirait que la maison est juste à flanc  de colline, mais en fait, entre les deux, il y a comme un éboulis de pierraille. Si on déblaye tous ces rochers, on aura juste la place pour le bassin dont une partie sera à l’ombre, ce qui est génial vu qu’en Dordogne, l’été, ça cogne. Attends, ne quitte pas…Y a mon Polack en chef qui s’agite…

Elle ouvre la fenêtre du salon:

-Oui, Slawek?

-Venir voir…

-Je peux te rappeler? Je crois qu’il  y a un blème. »

Un immense bonheur de retrouver Hannelore Cayre dans ce roman noir, qui débute avec ce cynisme de la bourgeoise qui enfreint toutes les règles, sûre de son impunité. Le « blème « , c’est un squelette surgi sous les charges de la pelleteuse. En Dordogne, dans la vallée de la Vézère, je crois bien qu’il ne faut pas trop creuser, il y a sans doute des os très âgés, des peintures, des trucs vraiment pas de la veille qui surgissent sous les pelleteuses.

Ce petit dialogue à l’acidité charmante ouvre un roman réellement original, qui m’a souvent fait rire, mais aussi captivée dans les passages documentés.

Nous rencontrons Oli, jeune femme pleine de vie et d’intelligence, et sa communauté, 35 000 ans avant notre ère. Le roman alterne sans gêne de lecture la vie d’Oli et des siens et les rapports des anthropologues sur les découvertes surgies au fil des fouilles et des chantiers de construction illégaux . Oli, les siens et les autres:

« La dernière fois que les siens étaient tombés sur d’autres gens, elle était encore toute jeune, mais elle s’en souvenait comme d’un bouleversement de leur vie à tous. Comme si le fait, pour les membres de sa famille, d’être sortis pendant un  temps de l’étroitesse de la hutte avait suffi à changer en profondeur le caractère de chacun et les relations qu’ils avaient entre eux. […]. Ils avaient rencontré une autre tribu. Elle ne se rappelait plus combien ils étaient; au moins le double d’eux. Tout ce dont elle se souvenait, c’était d’avoir joué avec d’autres enfants qui n’étaient pas de sa famille pendant que les adultes se grimpaient dessus à longueur de journée. Les hommes avaient également profité de leur nombre pour aller chasser ensemble de grosses proies, jusqu’au jour où l’un d’eux avait été embroché par un rhinocéros laineux. »

Cette histoire est passionnante, en plus d’être drôle. Si Hannelore Cayre met en scène nos ancêtres avec un humour ravageur et beaucoup d’ironie – en particulier quand il s’agit des hommes – on apprend pas mal de choses sur ces personnes qui vivaient alors dans des abris sous roche ou des grottes. « Personnes », oui, pas des humanoïdes grognant comme des animaux. L’autrice a mis un vrai langage dans la bouche de ses personnages.

Oli est l’héroïne du livre, plus maline, plus intelligente, plus vive d’esprit, c’est elle qui fera avancer l’art de la chasse et l’amélioration des cerveaux.

« Comme ce jour où, après avoir observé immobile des glaçons en train de goutter du haut de l’abri sous roche, elle s’était écriée: « La glace, l’eau: c’est la même chose dans un état différent; seulement la température change! Pareil pour la graisse: dure lorsqu’elle est froide, liquide si on la chauffe. Ça doit donc être le cas pour tout, y compris pour la pierre. »

« T’as rien de plus utile à faire qu’à regarder fondre les glaçons? » lui avait rétorqué sa mère. »

Prenant des risques, maltraitée – on lui coupera le pouce, à d’autres d’autres doigts – c’est elle la meneuse et c’est elle qui est le pilier de ce livre remarquable . C’est un roman féministe au sens le plus beau du terme – oui, ça fait grincer en ce moment, ce mot – qui démontre via les recherches d’anthropologues, paléontologues, philosophes, sociologues et autres scientifiques citées ( oui, ce sont majoritairement des femmes ) à  la fin du roman, qui démontre donc que la femme a grandement contribué à l’évolution de l’espèce humaine, et ce malgré tous les barrages posés et malgré la domination masculine, expliquée en note de fin par Paola Tabet, anthropologue:

« À part de très rares exceptions, dans la totalité des tribus observées par les ethnologues du XXe siècle, les femmes ne peuvent fabriquer les armes ou l’outillage, même celui qui leur sert dans leur travail. Elles dépendent pour cela entièrement des hommes qui contrôlent les matières premières. C’est là, exactement, que se trouve le socle de la domination masculine. Sans ce sous-équipement et cette possibilité d’exercer violence et mutilation, les  hommes n’auraient jamais pu atteindre une appropriation aussi totale des femmes, une telle utilisation de leur travail et de leur corps. »

La procréation et l’enfantement sont aussi des sujets qui donnent des pages d’anthologie, des pages vraiment drôles, mais sur un sujet grave, qui ne finit pas d’exister encore de nos jours en ce bas monde.

Mais Oli , toute téméraire qu’elle soit, est avant tout une femme. Et au grand dam du vieil oncle, l’oncle aîné, le chef de la communauté, Oli est intelligente, astucieuse, bricoleuse et surtout chasseuse…Tout ce qu’une femme ne doit pas être. La chasse en particulier est réservée aux hommes et pour ça on coupe des doigts aux femmes, témoignage de ce fait avec les empreintes vues dans les cavernes. La femme est celle sur qui les hommes sautent à tout bout de champ, celle qui de fait met au monde des enfants ( plein ), et qui nettoie la grotte, et prépare les bêtes ramenées par les hommes. Mmmm ça nous rappelle quelque chose, non? Merci Oli ! Une éclaireuse en quelque sorte pour l’humanité.

« Elle pencha la tête sur le côté tout en l’observant sans dire mot, puis interrogea l’obscurité du fond de la grotte:

-Jusque là j’ai fermé les yeux en espérant qu’un jour les choses s’arrangent et qu’on arrête de me couper les doigts, de me frapper ou de me pénétrer de force…J’ai espéré comme toutes celles qui ont appliqué leur main sur les parois de cette grotte que quelque chose change. Tu as dû les voir, les pochoirs, non? Tu as vu comme elles sont nombreuses, ces femmes? Elles lui ont toujours parlé à elle, mais jamais à moi. Pas un mot. Jusqu’à aujourd’hui. Là, enfin, je les entends! Et tu sais ce qu’elles me disent? Qu’elles sont contentes de te savoir ici, auprès d’elles, toi qui es en bout de lignée des Oncles -aînés… »

Je n’ai qu’un conseil à vous donner, c’est de lire ce roman ô combien passionnant, documenté sans lourdeur, émouvant et réjouissant.

Les références données à la fin, je les ai toutes notées, parce que ça donne réellement envie de les lire.

Bref, vous aurez compris que voici un roman peu ordinaire, ça se lit d’une traite, ça se savoure, c’est brillant.

J’ai adoré cette lecture jubilatoire et instructive.

« Sous prétexte que les mots des habitants de la préhistoire ne se sont pas fossilisés au même titre que leurs os, il a été décidé de les représenter comme des êtres frustes ou grotesques communiquant entre eux par des grognements d’animaux. Or, nos ancêtres sapiens sont de  » vrais gens »; seuls les progrès techniques, le développement culturel et surtout leur intime connexion avec la nature expliquent nos différences.

Médire, raconter des histoires le jour, la nuit, à la chasse, autour du feu ou en taillant des pierres…Façonner le réel, transmettre des informations pour se faire des amis, pratiquer l’ironie, inventer sans cesse de nouveaux mots, créer des mythes pour expliquer l’inexplicable, sont les marques de fabrique de l’humanité. »

Un des livres les plus intelligents et drôles de ceux que j’ai lus depuis le début de cette année.

« Le café sans nom » – Robert Seethaler – Sabine Wespieser éditeur, traduit par Elisabeth Landes et Herbert Wolf ( allemand/Autriche )

Le Café sans nom par Seethaler« Robert Simon quitta l’appartement dans lequel il vivait avec la veuve de guerre Martha Pohl, à quatre heures et demie, un lundi matin. C’était la fin de l’été 1966, Simon avait trente et un an. Il avait petit-déjeuné seul – deux œufs, du pain beurré, du café noir. La veuve dormait encore. Il l’avait entendue ronfloter dans la chambre. Il aimait bien ce bruit, ça l’émouvait curieusement, et il jetait quelquefois un œil par la porte entrebâillée, dans l’obscurité où palpitaient les narines grandes ouvertes de la vieille femme. »

Ainsi débute ce beau roman, où flâne de la mélancolie, une ambiance particulière, celle des années 60, en Autriche. Robert Simon, le personnage principal prend un nouveau départ et décide de reprendre un café abandonné, un rêve de gosse. Ainsi avec ce café qu’il nommera le café sans nom – il n’en avait pas, ou plus –  va renaître un peu de vie dans le quartier. Simon est logé chez une vieille dame veuve de guerre, et il va embaucher la jeune Mila, couturière mise au chômage.

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De ce lieu, de cet homme, de ce quartier, l’auteur va nous plonger avec beaucoup de délicatesse dans la vie de ces gens ordinaires, petits commerçants – le boucher – , artisans, et sous cette plume fine va renaître un homme qui enfin dans sa vie atteindra son but. Ce sera parfois difficile, des petites choses lâchent, il faut les réparer, Mila devra apprendre le service, mais Simon est un homme placide, qui perd rarement son sang froid.

La vie va ressurgir, les gens vont se retrouver, se croiser à nouveau, se saluer, parler et bien sûr boire des verres.

beer-6678724_640« Un jour, un pasteur évangélique avait débarqué au café […]. Il avait traversé la salle au pas de course, ôté son surplis d’un même élan, annexé un tabouret de bar et éclusé six bières à la file. Après quoi il avait commencé à parler. Il se sentait seul. Seul au monde, seul dans sa peau et surtout seul au milieu d’une tripotée de catholiques. Car l’homme n’était pas un mollusque. Ni une baleine errant dans les mers glacées. L’Homme avait besoin de l’homme. »

Pourtant, tout n’est pas rose. Mais ce lieu va donner (re)naissance au quartier, et surtout à ses habitants. Ce fameux lien dont on parle sans toujours le trouver ni parvenir à le créer, Simon, avec ses petits moyens mais sa grande envie va y parvenir, et ce jusqu’à la fête finale du roman.

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Faite de petites choses, de gens ordinaires, de vies parfois difficiles, l’atmosphère du Café sans nom apporte de la chaleur l’hiver aux vapeurs du punch, et aux beaux jours on boit frais sur la terrasse. Ce simple Café sans nom va recréer une communauté. Les chapitres alternent des morceaux de vie des personnages principaux, comme Mila et son catcheur, le boucher et sa nombreuse famille, Micha le peintre avec la crémière. Beaucoup de choses se jouent et se nouent au café. Qu’on y bavarde ou qu’on se taise, on est avec les autres.

« Il y fait chaud, l’hiver les fenêtres ferment bien, on peut boire quelque chose et surtout on peut parler quand on en a besoin et se taire quand on en a envie. »

On sourit doucement à certaines scènes, tout est délicatement dépeint, c’est ce qui caractérise cette écriture fine, la délicatesse et l’affection qu’on ressent pour les personnages, même les plus bruts ( sans e ). L’ambiance peinte par touches est empreinte de mélancolie mais aussi d’une vraie joie à voir Robert Simon réussir, pour lui, et pour les gens de son quartier.

J’ai trouvé grand plaisir à cette lecture qui sans en faire des tonnes, au contraire dans une tonalité réaliste et pleine de justesse sur les habitants de ce quartier renaissant, par touches impressionnistes, m’a fait passer un beau moment dans ce Café sans nom, au chaud et en bonne compagnie, à siroter un punch.

hot-spiced-wine-79157_640« Les effluves de punch coiffaient la salle d’un odorant voile chaud qui, avec la fumée de cigarette, les odeurs d’oignon , de bière et de café moulu sur fond d’un brouhaha de conversations, produisait une douillette et brumeuse atmosphère familiale. »

Une très belle lecture empreinte d’une humanité chaleureuse dans la ville de Vienne où flâne la mélancolie.

« Trois âmes sœurs » – Martina Clavadetscher, éditions ZOE, traduit par Raphaëlle Lacord (allemand)

Editions ZOE / Trois âmes soeurs / Martina Clavadetscher« I

Tout le reste devient secondaire.

Iris chuchote dans le silence.

Seul le bruit des glaçons accompagne son récit.

C’est à ça qu’on reconnait le cœur d’une chose, poursuit Iris.

Et je suis sûre que pour Ada aussi tout passa instantanément au second plan: la soirée donnée par Babbage, les messieurs de la Royal Society, les murmures dans la salle richement ornée, la chaleur de la capitale, de même que les manèges ou les marchands affairés qu’elle avait vus cet après-midi-là au bord de la Tamise […] »

drink-7160595_640Voici un de ces livres que les éditions Zoe seules sont capables de nous dénicher. Une bien étrange histoire où l’on rencontre trois femmes. Trois âmes presque sœurs. Je dis « presque » parce que quand même… Ah il est compliqué de parler de cette histoire bizarre !

Tout d’abord, c’est Iris qui nous parle. Iris vit dans un appartement luxueux à New York. Elle s’y ennuie un peu. Ensuite, on va rencontrer Ling – ma préférée – qui elle vit en Chine. Ling fabrique des « poupées » à taille humaine, en fait elle fabrique des femmes, oui, on peut dire ça; elle est ouvrière et fabrique des femmes parfaites, lisses et douces et bien proportionnées. Ling et Harmony, scènes surréalistes:

cyber-5679784_640 » Ling, je savais que j’allais te revoir » commence Harmony.

Nous cherchons toutes des explications et nous les cherchons dans notre passé, car c’est le seul lieu où nous pouvons le faire. Le présent et le futur sont trop proches ou trop flous. Mais nous avons compris que les origines ne sont qu’une construction. L’identité elle-même est composée d’histoires qui nous ont été inculquées. Chaque individu est constitué d’une mosaïque de souvenirs. Ce sont les récits qui nous façonnent.

Ling traverse la pièce, s’approche de l’être parlant, pose sa main sur son épaule, et la proximité immédiate devient complicité. Un clic se fait entendre, puis encore un. Des clics de toutes parts. Les paupières artificielles se ferment, tous les yeux dans la pièce se ferment, comme si, bercées par cette complicité, les créatures jouissaient d’une soudaine assurance, comme si toutes possédaient un savoir commun. »

Enfin, l’improbable troisième femme, c’est Ada Lovelace, la fille de Lord Byron – oui, rien que ça ! – mathématicienne géniale mais malade. On se demande d’abord ce qu’elle fait dans cette histoire de XXIème siècle… mais on finit bien par saisir. Je reconnais que ce n’est pas une lecture toujours facile. Et puis si je vous dis mathématiques, intelligence, être humain…bon, le sujet est bien dans l’air du temps. Mais n’empêche que ces trois créatures vont déjouer tout ce qui était prévu pour elles. En quoi ce livre est aussi un roman puissamment féministe.

Je crois qu’il est impossible de résumer une telle histoire; ce qui fait une belle part de son intérêt et sa subtilité, c’est la façon dont il est écrit, construit et le fond du propos, à décrypter peu à peu. Ce roman parle beaucoup, je crois, de désobéissance. Et j’ai vraiment aimé ça. 

374px-Carpenter_portrait_of_Ada_Lovelace_-_detailSi déjà ça ne vous attire pas comme un aimant… Parce que moi je pense que ce roman est unique en son genre. Comment se relient ces trois créatures? Ces trois femmes? Il est très malaisé de parler de ce livre sans dévoiler son essence même. Je sais, cet article est presque muet sur le propos, juste quelques extraits que je me suis appliquée à choisir pas trop bavards non plus. Je suis gênée aux entournures, ce livre est compliqué à relater, encore plus à résumer. Vous vous dites que je me cherche des excuses, mais non. C’est réellement difficile et plutôt que de faire du remplissage, je préfère dire qu’il vous faut tenter l’expérience. Rencontrer Ada Lovelace, par exemple… incroyable ! Et dingue, elle est dingue et géniale,- elle a bel et bien existé – mais très très perturbante – ce qui fait incontestablement partie de son charme ! – :

« Une machine à penser! susurre-t-elle, et l’enthousiasme éclate en un gloussement d’enfant. Cette fois, c’en est fait d’Ada: elle se jette à corps perdu dans les théorèmes et formules. La penseuse passe des heures le nez enfoui dans ses papiers et ses livres. 

Et bien que les universités et les bibliothèques soient interdites aux femmes, elle accède à l’enseignement par des voies détournées. Des connaissances la fournissent en  manuels et modèles pour sa formation à distance. 

Adoptant une retenue toute appropriée, Ada entretient une correspondance quotidienne avec un certain Dr King, puis avec un chaperon de la première heure, Mister de Morgan, afin d’obtenir des réponses à des questions pointues. Elle désire rester sur un pied d’égalité avec Babbage, son allié, le devancer d’un cheveu. »

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Mise donc pas mal en difficulté par cette lecture que néanmoins je n’ai pas lâchée.

 Pour finir, ce livre explore avant tout des solitudes profondes, la solitude en général, et c’est ce qui m’a le plus touchée et beaucoup émue. J’ai presque failli ne pas ajouter cette phrase, alors que bien évidemment, c’est au centre de ce roman, la solitude. J’ai failli ne pas le dire, peut-être parce que c’est un point sensible, plus que d’autres. J’espère que ce roman ambitieux va trouver son public, car il le mérite.

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Un petit mot sur les éditions Zoe, éditions venues de Suisse et qui à chaque fois me surprennent, me déroutent, et apportent un souffle neuf avec des textes formidables. Je citerai  entre autres Anne-Sophie Subilia dont j’ai adoré les deux premiers romans, mais aussi le merveilleux petit livre de Michel Layaz , « Les vies de Chevrolet » et bien d’autres.

Bonne lecture !