« Trop humain »- Anne Delaflotte Mehdevi, éditions Buchet-Chastel

Trop humain par Delaflotte Mehdevi« AVE

Suzie étend sa lessive dans le jardin qui donne sur la ruelle derrière, distraite par le manège que mènent une pie et un geai perchés sur le sapin bleu. Sur leur branche, là-haut, le geai a beau se grossir, la pie avance. Un peu inquiète, Suzie va s’en mêler, quand elle distingue la voix de monsieur Peck qui vient de tourner au coin, il vient vers elle.

C’est l’heure de sa promenade, l’homme est ponctuel. »

Un roman plein de charme qui aborde un sujet très intéressant. Qui accompagne le vieux Mr Peck ce jour-là dans sa promenade ? Eh bien c’est son AVE, Tchap.  AVE pour Assistant de Vie Electronique. Tchap est charmant, c’est un humanoïde à visage et corps humain, Tchap est beau ! Et Tchap va faire basculer la vie du paisible, mais un peu mort village de Tharcy. On jase au passage de Tchap, on jase à propos de Mr Peck, mais aussi à propos de Suzie qui passe de plus en plus de temps avec Tchap, trouvant en lui une oreille attentive et sans aucun préjugé.

 » Mais à la fin, c’est à se demander ce qu’on craint, la comparaison? Qui a esclavagisé et esclavagise encore le monde à la première occasion? Qui viole, détruit et pille? Les AVE? Mais le pillage et l’abus, mes enfants, mais c’est à nous qu’il vient comme le goût du miel à l’abeille! Un miel qu’elle produit, et qu’on pille, comme de bien entendu! Toutes ces sociétés fondées sur l’abus, c’est les robots peut-être? Tchap? Un gentleman à côté, je vous dis! Bon, j’arrête là, sinon je vais faire monter ma tension. »

Très intéressant sujet dans l’air du temps mais à Tharcy, avec Suzie et l’oreille attentive de Tchap, on va repartir à rebours du temps. Suzie, cette femme sans âge qui tient le seul café, ex hôtel- restaurant du village, café nommé « Le Bal ». Suzie va trouver en Tchap une écoute – puisqu’il enregistre tout, pour construire sa base de données en quelque sorte-. Le roman, sans négliger l’environnement, intégrant peu à peu des personnages – comme ces jeunes gens qui viennent repeupler un peu le village, rêvant d’une autre vie et d’un autre monde –  le livre donc est prétexte pour Suzie à dire l’histoire de sa famille et plus précisément celle de sa mère à la Libération; les ignominies commises, couvrant de honte, par la suite, ceux qui les commirent . Tchap va devenir pour Suzie une sorte de confident à l’oreille toute neuve, au « jugement » tout neuf aussi, Tchap qui lui sert du « chère Suzie » et nous devient très sympathique par sa vraie capacité d’attention. Mais surtout il pose des questions inédites qui peu à peu amènent Suzie à entrer dans le détail. On lira ainsi l’histoire de cette femme pleine de colère envers certaines personnes, mais qui continue sa vie sans faire de bruit.

« Derrière le comptoir, la vieille essuie les verres. Quelque chose dit à Marius que c’est elle qui se coupe les cheveux. C’est plutôt pas mal, c’est juste que comme les tartes Tatin, ça sent le fait maison.

Elle vient de servir un porto à ce Monsieur Peck. Et rien à « l’autre ». Tchap le marin ne boit pas? C’est en le dévisageant attentivement que Marius comprend. C’est un assistant de vie électronique! Dans ce bled paumé! Ils sont déjà là? C’est pas vrai… »

Un des personnages les plus importants, selon moi, est Marius, ce jeune homme qui quitte l’université où un doublon administratif lui rend la vie impossible – enfin, surtout à la secrétaire de l’établissement –  et Marius est vraiment un chouette garçon qui va s’installer à Tharcy .

« Marius Berthelot en vrai laisse la place à Marius Bertelot en faux. Tout ça pour ça. Un malheureux « h », et muet encore. Ça me fait rire. C’est nerveux. Il veut la place? Qu’il la prenne. La numérisation est à l’administration ce que la guerre est à la politique: son paroxysme. Tu vois, j’en peux plus, maman. C’était la fois de trop. »

Mais Le Bal? Oui, autrefois, une salle adjacente au café était salle de bal pour les gens du village. Vous en saurez plus à la fin de votre lecture. Mais c’est réellement Tchap qui va peu à peu semer un certain mais nécessaire désordre jusqu’à la fin. Moi j’ai aimé ce Tchap, et puis forcément Suzie, une femme forte, qui ne se déstabilise pas aisément, qui ne renonce à rien, pas non plus à sa mémoire des faits qui la blessèrent . La salle de bal ouvre à nouveau ses portes:

« La pièce mesure dans les quinze mètres de long, sept de large. Trois mètres cinquante sous plafond. À intervalles réguliers, six panneaux étroits de papier peint couleur chocolat, barrent verticalement les murs bleu paon. Ces panneaux imitent des piliers, chapeautés « pour de vrai » d’appliques en opaline bleue, qui renvoient la lumière vers le plafond cuivré. Le lustre central , de la même opaline, clignote, crépite, envoie comme un appel, réfléchi sur le parquet de bois noir. Noir fossile. Lac sacré. Suzie, éblouie, est un peu sonnée de se retrouver au seuil de cette pièce dans laquelle elle n’a pas pénétré depuis longtemps. »

Le village sous l’impulsion de cette sorte de « nettoyage » des mémoires, sous le coup de vent frais amené par la jeunesse qualifiée de néorurale, de bobo et même encore parfois hippie ( mais oui mais oui ! )  qui va doucement trouver sa place en amenant du sang neuf, Tharcy, qui en a grand besoin, va sinon renaître au moins vivre encore.

C’est un très joli roman, qui rend justice à une femme, qui recadre également certains préjugés .

Si le fond du livre semble être Tchap et l’intelligence artificielle, la mémoire et ce qu’on en fait en est le cœur, avec ce que livre Suzie peu à peu.

J’ai beaucoup aimé cette lecture aisée, fine, qui bien que parfois vraiment très drôle, garde un fond grave, dans un bel équilibre . Un bon moment de lecture intelligent et jamais ennuyeux. Vous découvrirez avec plaisir la vie de Mr Peck, celle de Suzie, tout ce qui va secouer Tharcy, une jolie écriture, et la mémoire, toujours, en fil conducteur; un beau sujet. Un livre qui plaira à beaucoup. Et cet épilogue de l’autrice, très émouvant:

« Que reste-t-il de cette histoire puisque la mémoire de Suzie est perdue? À moins que les ingénieurs…

Que me reste-t-il à moi, sinon cette fiction, sinon d’avoir considéré le temps d’un roman la tension insoluble qui nous constitue, nous autres, qui vivons un pied sur terre, avides de déchiffrer ce monde physique que nous ne savons pas habiter autrement qu’en fabriquant des outils pour entrer en contact avec lui, le dominer, le façonner, nous arrimer à la réalité, et l’autre pied, ailleurs, un ailleurs fait de représentations, de subjectivité, de fantasmes et d’illusion.

« Pas étonnant que ça marche mal. »

Il me reste le personnage de Suzie, son excentricité, sa lucidité, et d’avoir ressuscité cette salle de bal plongée dans la pénombre, où ma tante, épicière et tenancière du café du village, entreposait ses cagettes de fruits parfumés. Un bal où je n’ai jamais dansé. »

Vous pouvez écouter l’autrice. Elle dit ce que je n’ai pas écrit ici, sans trop dévoiler, et j’aime cette voix:

« Le café sans nom » – Robert Seethaler – Sabine Wespieser éditeur, traduit par Elisabeth Landes et Herbert Wolf ( allemand/Autriche )

Le Café sans nom par Seethaler« Robert Simon quitta l’appartement dans lequel il vivait avec la veuve de guerre Martha Pohl, à quatre heures et demie, un lundi matin. C’était la fin de l’été 1966, Simon avait trente et un an. Il avait petit-déjeuné seul – deux œufs, du pain beurré, du café noir. La veuve dormait encore. Il l’avait entendue ronfloter dans la chambre. Il aimait bien ce bruit, ça l’émouvait curieusement, et il jetait quelquefois un œil par la porte entrebâillée, dans l’obscurité où palpitaient les narines grandes ouvertes de la vieille femme. »

Ainsi débute ce beau roman, où flâne de la mélancolie, une ambiance particulière, celle des années 60, en Autriche. Robert Simon, le personnage principal prend un nouveau départ et décide de reprendre un café abandonné, un rêve de gosse. Ainsi avec ce café qu’il nommera le café sans nom – il n’en avait pas, ou plus –  va renaître un peu de vie dans le quartier. Simon est logé chez une vieille dame veuve de guerre, et il va embaucher la jeune Mila, couturière mise au chômage.

623px-Jean_Béraud_Au_Bistro

De ce lieu, de cet homme, de ce quartier, l’auteur va nous plonger avec beaucoup de délicatesse dans la vie de ces gens ordinaires, petits commerçants – le boucher – , artisans, et sous cette plume fine va renaître un homme qui enfin dans sa vie atteindra son but. Ce sera parfois difficile, des petites choses lâchent, il faut les réparer, Mila devra apprendre le service, mais Simon est un homme placide, qui perd rarement son sang froid.

La vie va ressurgir, les gens vont se retrouver, se croiser à nouveau, se saluer, parler et bien sûr boire des verres.

beer-6678724_640« Un jour, un pasteur évangélique avait débarqué au café […]. Il avait traversé la salle au pas de course, ôté son surplis d’un même élan, annexé un tabouret de bar et éclusé six bières à la file. Après quoi il avait commencé à parler. Il se sentait seul. Seul au monde, seul dans sa peau et surtout seul au milieu d’une tripotée de catholiques. Car l’homme n’était pas un mollusque. Ni une baleine errant dans les mers glacées. L’Homme avait besoin de l’homme. »

Pourtant, tout n’est pas rose. Mais ce lieu va donner (re)naissance au quartier, et surtout à ses habitants. Ce fameux lien dont on parle sans toujours le trouver ni parvenir à le créer, Simon, avec ses petits moyens mais sa grande envie va y parvenir, et ce jusqu’à la fête finale du roman.

come-1334437_640

Faite de petites choses, de gens ordinaires, de vies parfois difficiles, l’atmosphère du Café sans nom apporte de la chaleur l’hiver aux vapeurs du punch, et aux beaux jours on boit frais sur la terrasse. Ce simple Café sans nom va recréer une communauté. Les chapitres alternent des morceaux de vie des personnages principaux, comme Mila et son catcheur, le boucher et sa nombreuse famille, Micha le peintre avec la crémière. Beaucoup de choses se jouent et se nouent au café. Qu’on y bavarde ou qu’on se taise, on est avec les autres.

« Il y fait chaud, l’hiver les fenêtres ferment bien, on peut boire quelque chose et surtout on peut parler quand on en a besoin et se taire quand on en a envie. »

On sourit doucement à certaines scènes, tout est délicatement dépeint, c’est ce qui caractérise cette écriture fine, la délicatesse et l’affection qu’on ressent pour les personnages, même les plus bruts ( sans e ). L’ambiance peinte par touches est empreinte de mélancolie mais aussi d’une vraie joie à voir Robert Simon réussir, pour lui, et pour les gens de son quartier.

J’ai trouvé grand plaisir à cette lecture qui sans en faire des tonnes, au contraire dans une tonalité réaliste et pleine de justesse sur les habitants de ce quartier renaissant, par touches impressionnistes, m’a fait passer un beau moment dans ce Café sans nom, au chaud et en bonne compagnie, à siroter un punch.

hot-spiced-wine-79157_640« Les effluves de punch coiffaient la salle d’un odorant voile chaud qui, avec la fumée de cigarette, les odeurs d’oignon , de bière et de café moulu sur fond d’un brouhaha de conversations, produisait une douillette et brumeuse atmosphère familiale. »

Une très belle lecture empreinte d’une humanité chaleureuse dans la ville de Vienne où flâne la mélancolie.

« Les samaritains du bayou » – Lisa Sandlin – Belfond noir, traduit par Claire-Marie Clévy

samaritains du bayou« Elle avait fait le tour des offres d’emploi.

L’ébéniste d’âge mûr au tablier couvert de sciure qui s’était essuyé les mains pour serrer la sienne et lui avait dit: « Désolé, mademoiselle » en la regardant dans les yeux – il avait été correct, plus qu’acceptable. En fait, son attitude avait même agréablement surpris Delpha.

L’assistante de direction qui avait secoué la tête d’un air pincé, la jeune femme qui avait bafouillé, l’expert comptable qui avait repoussé son certificat de formation commerciale de Gatesville en décrétant: » pas pour nous », le gérant de magasin de chaussures qui n’avait pas pu s’empêcher de glousser nerveusement pendant qu’il l’éconduisait – elle s’était attendue à ces refus, mais ça ne voulait pas dire qu’ils ne l’avaient pas affectée. Au contraire. »

Très bon et beau roman, avec une femme que j’ai aimée, Delpha. Ce personnage est remarquable, et l’écriture de Lisa Sandlin ( c’est un premier roman), fait mouche. Très agréable surprise que ce livre assez noir mais sans excès, « policier » si on le regarde sous l’angle du détective privé Tom Phelan, mais plutôt social et psychologique sous l’angle de Delpha. Un roman « tout court » qui mêle tout avec beaucoup de finesse.

Dans le vieux Sud, Delpha vient de sortir de 14 ans de réclusion à la prison de Gatesville. Elle a en quelque sorte été punie pour s’être défendue – fatalement –  d’une horrible agression. Et 14 ans, c’est long. Et 14 ans de taule, ça vous colle bien à la peau. Delpha est en liberté conditionnelle, avec des comptes à rendre. 

« Il y a des mots vrais pour chaque endroit et chaque moment – des mots pour les enterrements, les promesses, les remerciements, des mots d’excuse. « Remords était un mot de commission de libération conditionnelle. Si ces deux hommes avaient eu une arme à feu, Delpha aurait passé ces quinze dernières années au fond du bayou. Rien dans le monde n’était plus vrai que ça. »

Big-Cypress-Bayou

Jay Carriker (User:JCarriker)

L’attachement au personnage de Delpha a été instantané. Elle est jeune , un peu égarée dans la ville à sa sortie, et elle doit « faire ses preuves » de bonne citoyenne repentie de ses « fautes » – Misère ! Écrivant cela, je trouve le monde bien cynique ! -. Alors Delpha, plus épaulée que surveillée par son conseiller d’insertion Joe Ford, va chercher un emploi et un toit.

20210911_183250« Elle accepta la clé d’Ashley Avenue, la clé de sa chambre et une invitation à se faire un sandwich.

Oscar, le jeune cuisinier, la retint alors qu’elle s’apprêtait à ouvrir un bocal de gelée au raisin industrielle sorti de l’immense frigo. Il alla chercher uen verrine dans le garde-manger.

« Gelée d’aubépine, dit-il. Préparée par ma grand-mère l’été dernier. »

La mère de Delpha aussi faisait de la gelée d’aubépine. L’odeur de thé sucré des baies lui monta aux narines. Ses yeux s’emplirent de larmes. Baissant la tête pour les chasser d’un battement de cils, elle marmonna: « Merci. »

Contre des soins à une vieille dame, elle aura un logement dans une pension hôtel,  mais elle trouvera un véritable emploi quasi inespéré chez Tom Phelan, un cajun en reconversion qui plus est connait Joe Ford. Celui-ci arrivera à le convaincre d’embaucher Delpha, et on peut dire que le détective novice ne regrettera pas d’avoir accepté la jeune femme, secrétaire modèle, pleine d’initiative, autonome et très fine. 

« Et puisqu’elle abordait le sujet…

« Vous aviez écopé de combien?

-Quatorze ans. »

Phelan retint un sifflement. On pouvait écarter les chèques en bois, l’usage de faux, les détournements de fonds et l’herbe. Il s’apprêtait à poser la question qui fâche quand elle lui offrit la réponse sur un plateau.

« – Homicide volontaire.

-Et vous avez purgé la totalité de votre peine? 

-Il était extrêmement mort, monsieur Phelan. »

Delpha a tout à prouver, tout à servir net et propre, sa conduite, son application au travail, sa précision, sa fiabilité…Après avoir purgé sa peine de prison, elle doit encore se montrer sage et obéissante.  Bref, un duo parfait se met en mouvement sur les traces de toutes les perversions, mensonges, trahisons des personnes « ordinaires » envers leur prochain . Tom Phelan a déniché la perle rare, lui qui débute dans son nouveau job de détective avec Delpha, organisée, pertinente, précise et très intelligente. Oui, je trouve moi que Delpha a toutes les qualités. Elle va redevenir perturbatrice à cause d’une histoire d’amour avec un jeune homme – plus jeune qu’elle – Isaac, ça la rendra vulnérable. Et c’est une belle histoire, une éclaircie bienfaitrice dans sa vie.

 » J’ai adopté des gens comme s’ils faisaient partie de ma famille, j’en ai supporté d’autres que je ne voulais pas connaître. Et puis j’ai croisé ton chemin, et il n’était ni dur ni misérable. Il était agréable. Je savais que ce ne serait pas pour toujours, Isaac. Mais je ne jouais pas. C’est la meilleure explication que je puisse te donner. »

On se laisse embarquer directement dans les pas de ces deux-là, on arpente le bayou texan avec eux, Tom Phelan est parfois drôlatique, rentre dedans, et c’est un brave homme. Ce serait peut être juste une belle histoire si…si Delpha intérieurement ne sentait pas monter en elle un désir de vengeance. En retournant avec Tom sur les pas de personnes viles, malhonnêtes, menteuses et violentes, Delpha se dit que peut-être elle est encore en danger. On fait des rencontres improbables et dangereuses.

640px-TB_Culture

Je ne vous dis là strictement rien de tout ce qui se déroule dans ce roman plein d’action, d’enquêtes, d’alcool et de gens douteux, ceux qui en ont l’air et ceux qui le sont sans que ça se voie. Non, je voulais parler de Delpha, magnifique personnage et de Tom Phelan, généreux et malin, un homme bon, en fait. C’est ainsi que je voulais parler de ce beau livre où l’humanité se fait jour, le meilleur et le pire.

« Juste.

Juste quatre ans de plus, juste trois heures avant l’extinction des feux, laisse-le juste passer devant toi, évite juste de te prendre le bec avec cette fille, il faut juste que tu te taises. Juste que tu dormes. Voila le genre de juste que Delpha connaissait. Celui qui signifiait: « Fais cette toute petite chose et tu éviteras de gros ennuis. »

Delpha est une femme qu’on a rencontrée un jour, une douleur qui marche, un feu qui couve. Et je veux ici saluer l’écriture sobre et tendre pour cette Delpha, jamais outrancière… C’est là un excellent roman, une plume à suivre sans aucun doute. Un coup de cœur que je conseille vraiment à tout le monde.  Dernières phrases:

« Elle s’est endormie, pensa-t-il au bout d’un moment. Elle a besoin de sommeil, et moi, je l’empêche de dormir. Sa main planait au-dessus de celle de Delpha, l’effleurant à peine.

Delpha tourna la tête sur l’oreiller pour le regarder en face. Il n’y avait pas un nuage dans les yeux gris-bleu qui rencontrèrent les siens. L’horizon était dégagé.

« Je vais vous dire pourquoi elle l’a fait, mais d’abord… éteignez cette lumière. »

Tom Phelan tira sur le cordon de la lampe. »