La chanson du jour et bonus cinéma : Björk

Ce matin, extravagante Björk, glace et feu d’Islande. Islande dont j’aime déjà tellement la littérature, qui nous est arrivée ces dernières années; un univers, une poésie et une créativité inédits.  Les éditeurs qui ont su nous amener des auteurs comme Jon Kalmann Stefanson ou Audur Ava Olafsdottir, sans oublier le grand Indridason ont eu un sacré flair !

( je vous laisse la playlist, si vous en voulez encore ! )

Avez-vous vu le superbe film de Lars Von Trier ? Elle y est bouleversante, aux côtés d’une Catherine Deneuve qui a raconté que cette fille l’avait réellement déstabilisée…Björk a dit après ce tournage qu’elle ne ferait plus jamais de cinéma…On y a perdu…

Je ne mets pas cette vidéo en affichage direct, c’est la scène finale de l’exécution, bouleversante et d’un réalisme très dur à supporter si on a un truc dans la poitrine qui palpite

http://youtu.be/DWivulBg3w4

« Le coeur de l’homme » de Jon Kalman Stefansson, Gallimard, traduit par Eric Boury

imagesEt c’est la fin de cette trilogie durant laquelle nous avons suivi le Gamin dans ses aventures glaciales…

Je le quitte à regret, même si ce troisième roman présente quelques faiblesses, un peu long parfois, mais toujours de splendides fulgurances, une langue travaillée de manière superbe, un rythme très particulier à Stefansson…et une fois de plus, je salue le traducteur, Eric Boury qui réalise là un travail exceptionnel. Je vous invite à aller visiter son site et les liens qu’on y trouve, d’ailleurs ( littérature et lecture ).

ericboury.blogspot.fr

La poésie est toujours présente, mais la ( bonne ) surprise a été pour moi l’humour, comme dans cette scène de copulation canine dans l’église, tandis que quelques personnes veillent une morte, les cris d’horreur du curé et l’amusement du gamin…Mais aussi, encore, la profonde humanité de l’auteur, sa vision des hommes, de la vie et de la mort, l’importance de la nature et des éléments…Est-ce dû à l’ île, abrupte, rude, sauvage, ce sentiment qu’y ont les hommes d’être toujours entre rêve et réalité ? Entre ciel et terre ?

« Où s’achèvent les rêves, où commence le réel ? Les rêves proviennent de l’intérieur, ils arrivent, goutte à goutte, filtrés, depuis l’univers que chacun de nous porte en lui., sans doute déformés, mais y a t-il quoi que ce soit qui ne l’est pas , y a t-il quoi que ce soit qui ne se transforme pas, je t’aime aujourd’hui, demain, je te hais – celui qui ne change pas ment au monde. »

Roman d’aventure, roman introspectif, initiatique, philosophique, mais qui nous dépeint aussi l’Islande de la fin du XIXème siècle, la trilogie entière offre un merveilleux voyage, au coeur de l’homme.

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Pour ceux qui seraient tentés, je pense qu’il faut lire les trois romans : « Entre ciel et terre », « La tristesse des anges » et « Le coeur de l’homme », dans l’ordre.

Eric Boury est aussi le traducteur du grand Indridason ( sauf pour « Betty » traduit par Patrick Guelpa ), autant dire qu’il compte dans cet univers de la littérature nordique que nous savourons depuis quelques années…

Et ce site  toutelislande.fr  , beau et très complet dans son approche de ce pays.

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