Petit aperçu de mon état du moment, par les mots des autres

En attendant le prochain –  très prochain – article sur ma dernière lecture, voici ce qui peut expliquer mon relatif silence ces derniers temps.

J’ai préféré les mots des autres, au point où j’en suis de douter de l’intérêt des miens.

« Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Commencez vous à voir quelle sorte de monde nous créons ? C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes qu’avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice, la nôtre est fondée sur la haine. . Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout. »

« 1984 » 
 George Orwell 

Et ceci en guise de message à ceux qui se reconnaîtraient s’ils lisaient ( ce blog ou autre chose ! )

« La seule intelligence qui vaille la peine, c’est celle qui nous permet de nous mettre à la place de l’autre – de ressentir ce qu’il ressent sous la douleur et l’humiliation. »

« L’art presque perdu de ne rien faire » 
Dany Laferrière 

Et enfin, parce que ça ne peut pas faire de mal, un peu de philosophie ICI

 

Comme aux plus beaux jours de l’Inquisition, dites-donc !

Je n’écrirai pas sur ce sujet, je laisse la parole à cet article, d’une part et à cette réflexion ( 2008 ) toujours d’actualité. Mais…Je suis très très énervée et en rogne, nom de Dieu !!!

Alors festival chanson et humour, dédicacé à Boutin, Copé, Le Pen et toute la clique de suiveurs aux mains jointes :

 

Lui, il ne chante pas, mais qu’est-ce qu’il balance ! Allez, deux ! 

 

La livrophage crève la dalle !

Deux livres, deux sources de déception et d’ennui, du coup je suis en colère!

absolution« Absolution » de Olafur Jóhann Olafsson ( Seuil ) , qui ne m’a pas intéressée DU TOUT ! Je passe , donc.

lackberg« L’oiseau de mauvais augure » de Camilla Läckberg…

Franchement, je ne comprends pas ce qu’on lui trouve. C’est gentillet, propret, on ne ressent pas grand chose : ni inquiétude, ni angoisse, pas d’humour, pas de poésie; c’est plat, tranquille, les personnages sont lisses, on n’a pas de surprise…Erica prépare son mariage et déprime à cause des kilos de sa grossesse qui vont gâcher la robe et Patrik Hedström mène une enquête, voilà, quoi…

Et puis quelques clichés avec la télé – réalité qui vient perturber la vie tranquille de la petite ville, des jeunes déphasés, du fils à papa à l’orphelin …Pfffff ! Rien de plus profond dans la réflexion, rien de creusé… Franchement ! Si Actes Sud se met à nous servir de la soupe tiède! Et de toutes façons, quand je vois qu’ils vont nous sortir le tome 4 de « Millénium », ce qui veut dire que peu importe l’auteur, pourvu qu’on ait les ventes…Ecœurant !

colère

Je suis arrivée à dénicher un Annie Proulx qui va me réconcilier avec ce que j’appelle la littérature, et les livres offerts par mon copain – celui qui sait ce que j’aime – que je vais me dépêcher de lire, parce que là, franchement, la barbe ! ( et je reste polie, je ne sais même pas pourquoi  ! )

« La mauvaise fréquentation », à lire sur le blog de J.B.Ferrero

graffiti-83724_640Après avoir appris hier deux ou trois choses sur ce qui se profile pour les élections municipales dans le coin où je vis , je n’ai qu’une envie, c’est de vous envoyer lire ce billet du détective Thomas Fiera, personnage vindicatif et plein de verve de J.B.Ferrero; passez par là

Il dit très bien ce que je pense…le café passe mal ce matin, la nausée… Et ce n’est sans doute pas mieux en élargissant le cercle vers toutes les communes voisines.

Le monde est beau!!! : le Brésil, sa bonne humeur, son foot-ball, ses pauvres et…Jorge Amado

Brésil  !  Rio, Copacabana, belles filles, soleil, plage et samba…

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Je te présente tout de suite mes excuses, petite lutine Kali, ça risque encore de gâcher ton café ( le mien est amer..), après la vodka de ta nuit, mais, bon…

A lire…

http://blogs.lexpress.fr/chica-de-paris/2013/05/03/au-bresil-on-se-debarrasse-des-sans-abri-avant-le-mondial-2014/

« Tereza Batista«  de Jorge Amado, très célèbre écrivain brésilien, originaire de la ville de Bahia.

« Le malheur est un arbre au bois dur ; vous le fichez en terre, il ne demande pas de soins, il grandit seul, s’étoffe, on le trouve sur tous les chemins. »

Bahia telle qu’a dû la connaître Amado enfant, et telle qu’on l’imagine en lisant ses livres

SalvadorBahia1900

Relire Jorge Amado, qui a enchanté mes années lycée, quand je l’ai découvert et que j’ai dévoré ses romans : »Tieta d’Agreste » ( peut-être bien mon préféré, mais c’est dur de choisir ), « Gabriela, girofle et cannelle », « Dona Flor et ses deux maris », « Tereza Batista », « Tocaïa Grande »…

« L’humour, cela ne s’acquiert qu’avec le temps, avec l’âge. Pour ma part, ce n’est que lorsque j’ai été près de mes quarante ans, c’est-à-dire que j’avais déjà vécu la moitié du temps de vie que j’ai vécu jusqu’ici, que l’humour a fait son apparition. Il s’est mis à exister dans mon oeuvre et à être utilisé comme une arme, la plus efficace de toutes, pour dénoncer le présent et défendre les intérêts du peuple, une constante de tous mes livres… »

Car si Amado a été un auteur militant pendant de nombreuses années ( ses livres, comme « Bahia de tous les saints » sont tragiques ), un virage s’est amorcé dans son oeuvre plus tard et croyez-moi, il m’a beaucoup fait rire ! Autre aspect non négligeable pour moi – c’est un  goût personnel – ses romans regorgent de scènes de cuisine et de repas; car c’est un écrivain de la sensualité, pour qui les plaisirs de la chair et du corps en général sont essentiels, un grand épicurien.

« Bahia de tous les saints » de Jorge Amado

« L’homme au pardessus s’est levé au milieu du bar. Il interpelle un ouvrier :
– Pourquoi faites-vous la grève ?
– Pour améliorer les salaires.
– Mais de quoi avez-vous besoin ?
– Ben, d’argent…
– Vous voulez donc être riches vous aussi ?
L’ouvrier ne sait que répondre. À vrai dire il n’a jamais pensé être riche. Ce qu’il voudrait c’est un peu d’argent pour que sa femme ne réclame plus tant, pour payer le médecin, pour acheter un autre habit que celui qu’il porte et qui est usé jusqu’à la corde. »

Suivez ce lien :  « Authologies« , une page bien fichue lui est consacrée et sur Babelio, vous trouverez trois vidéos de l’INA, Amado face à Bernard Pivot et Jacques Chancel, ainsi que de nombreux extraits de son oeuvre. Sans oublier « Bourlingueurs« … que je ne me lasse pas de recommander, pour un petit voyage.