« Morte la bête » de Lotte et Søren Hammer – Actes Sud, actes noirs, traduit par Andreas Saint – Bonnet

morte la bêteJe viens de finir ce polar danois, lu sans déplaisir, mais sans y trouver non plus de quoi s’emballer. C’est bien écrit, mais de façon assez conventionnelle, les personnages sont sympas, il y a de l’humour, pour alléger un peu cette sombre histoire de pédophilie, de vengeance…Il est beaucoup question aussi de l’instinct grégaire des hommes et de ce que ça peut avoir de dangereux. Vous savez, ces effets bêtifiants que les foules peuvent générer, et qui entraînent sur des pentes glissantes… Les thèmes assez durs renvoient le lecteur à une réflexion intéressante, mais ici un peu schématique. Bon, c’est pas mal quand même, on ne s’ennuie pas, attendons la suite des enquêtes de Konrad Simonsen, car elles sont prévues, et on verra !

« Sincères condoléances » de Erling Jepsen ( éd.Sabine Wespieser )

PHOTOS :  http://www.bourlingueurs.com 

        J’avais écrit  en Juillet 2010 un article sur le premier roman traduit chez nous de cet auteur danois : « L’art de pleurer en choeur ». Et voici que Jepsen nous replonge dans l’univers un peu glauque de cette famille pour le moins perturbée. Allan, le fils cadet, devenu écrivain, revient dans son Jütland natal après des années d’absence, car son père le laitier est mort. Il ne sait pas encore vraiment à quoi il s’expose, et ce retour vers sa mère va le mener dans une quête de la vérité, enquête sur ce qui s’est passé entre les murs de la maison familiale en son absence, et  sur les circonstances de la  mort de son père…Et je n’en dis pas plus !

Jepsen a l’art du burlesque et de la dérision pour parler de choses atroces. On retrouve ici ce qui nous faisait  rire dans le premier livre, nous sentant un peu coupables de rire de telles choses. C’est ce qui constitue la force de cette écriture et du discours qui dénonce le silence de toute une communauté devant des faits inqualifiables : en fait, Jepsen est sans pitié avec la lâcheté, la cruauté de gens « ordinaires » qui ont bonne conscience, même devant les plus flagrants symptômes du désespoir et du chagrin.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                

Je conseille de lire « L’art de pleurer en choeur » avant « Sincères condoléances ».          

Et je vous invite à écouter ce qu’a dit Erling Jepsen de son livre .                                    

http://youtu.be/t7Xlinglsfs

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                    

 

« L’art de pleurer en choeur » de Erling JEPSEN ( éditions Sabine WESPIESER )

Voici un de nos coups de coeur du mois. Ecrit par un auteur danois, connu en son pays mais qui n’avait pas encore été traduit, ce roman, dont le narrateur est le fils cadet d’une famille un peu particulière ( c’est un euphémisme ! ) nous a tour à tour fait rire , émues, mises en colère mais a fait l’unanimité. Rarement la voix de l’enfance a été si bien rendue, avec sa naïveté, son ton direct et sans tabous, mélange de candeur et de lucidité, dur passage vers l’âge adulte, brutalité et violence feutrées par des mots simples et par l’amour de ce garçon pour les siens. Nous n’en dirons pas plus, il faut lire ce petit bijou et plonger dans son univers.

A signaler que l’éditrice est une « chercheuse » de vrais talents et son logo sur un livre est gage de qualité.

http://youtu.be/t7Xlinglsfs