« Nulle part sur la terre » – Michael Farris Smith – Sonatine Editions, traduit par Pierre Demarty

« Le vieil homme avait presque atteint la frontière de la Louisiane quand il les aperçut qui marchaient de l’autre côté de la route, la femme avec un sac-poubelle jeté sur l’épaule et la fillette derrière elle traînant les pieds. Il les regarda quand il les dépassa puis il les regarda dans le rétroviseur et il regarda les autres voitures les ignorer comme de simples panneaux de signalisation. Le soleil était au zénith et le ciel limpide, et s’il ne savait rien d’elles il devinait au moins qu’elles devaient avoir chaud, alors il prit la première sortie, traversa le pont de l’ autoroute I-55 dans l’autre direction, vers le nord. Il les avait vues quelques kilomètres plus tôt et il continua de rouler en se demandant ce qu’elles pouvaient bien fabriquer là. Il espérait qu’elles avaient une foutue bonne raison. »

Ce sont Maben et Annalee, mère et fille, qui marchent sans trop savoir où elles vont. Sous la chaleur étouffante du sud, avec un piètre bagage, la faim au ventre et une petite poignée de billets, de quoi tenir à peine quelques jours, elles marchent.

Dès les premières pages, ce roman m’a frappé par son écriture. Le rythme choisi et l’atmosphère qui s’en dégage. Langueur, lenteur, des phrases le plus souvent assez courtes, et puis une plus longue comme une expiration. Un souffle, une respiration et la chaleur. Et en avançant au fil des pages, on se rend compte que cette écriture crée en même temps une extraordinaire tension, dans le récit et le suspense. Enfin  « suspense », le terme n’est pas tout à fait le bon peut-être bien pas assez fort, plutôt « tension » , comme une attente de quelque chose dont on ignore tout, mais qu’on redoute; on se pose beaucoup de questions en découvrant l’histoire, celle de Maben qui forcément va converger avec celle de Russell, sorti de prison après avoir purgé une peine de 11 ans. Il faut du temps pour que tout s’emboîte, pour qu’on comprenne le drame qui a tissé ces destins, les injustices et les humiliations. On suppose, on cherche à comprendre, on est maintenu dans une attente vraiment formidable pour le lecteur. Maben passe son temps à fuir, sa condition de femme engendre des violences, quelque chose d’inéluctable qui n’en finit pas.

Pour Russell c’est bien différent. Il a causé la mort du jeune Jason – on ne sait comment qu’à la fin  – , il a purgé sa peine et il rentre chez lui où il retrouve son père, Mitchell, avec sa compagne Consuela, une femme elle aussi blessée par la vie et à qui Mitchell a donné la paix:

« Elle avait mis tout ce qu’elle possédait au monde dans une taie d’oreiller et puis elle était montée dans le pick-up avec Mitchell et ils étaient repartis vers le Mississippi, laissant derrière eux le soleil qui se couchait dans un ciel limpide, comme poussés par la nuée des lueurs rouges et rose pâle. Entre eux, le silence. mais un silence pas comme les autres. Un silence partagé. »

Russell retrouve un toit, de l’affection – son père l’accueille avec beaucoup de pudeur mais ils s’aiment, ça se sent – et un métier. Cependant, restent Larry et Walt, les frères de Jason et Larry en particulier va accueillir Russell à sa façon. Même si la prison est violente au quotidien, Russell va devoir se prémunir de Larry. C’est un homme en colère; son petit frère est mort et la femme de sa vie l’a quitté, son fils l’ignore. Là, une scène sidérante sur le terrain de foot, où l’on comprend à quel point Larry est atteint et se sent déchu de tout, dépossédé et dans une rage meurtrière – où on peut saisir aussi le fait qu’il soit seul et rejeté de son fils, Larry inspire la pitié – pas de l’empathie, de la pitié –  car au fond, il n’a que la violence pour langage. Son fils refuse de lui parler, réaction ( exemple de rythme, phrases brèves puis une phrase longue, sans ponctuation comme une expiration, un souffle ) :

« Il alla ramasser son gobelet. Le vida d’un trait et sentit l’alcool lui brûler la gorge. Puis il donna un grand coup de batte contre le grillage et le bruit résonna en écho sur tout le terrain et l’arbitre et les coachs et les gamins en place et les gamins dans la fosse et les spectateurs sur les gradins et les gens en train de fumer à l’écart tournèrent tous la tête vers la droite du côté du type à la batte. Il la brandit et frappa de nouveau le grillage et gueula et maintenant on va voir si tu me parles pas nom de Dieu. »

 Russell constitue donc un excellent défouloir, rendu responsable de tout ce qui va mal dans la vie de Larry. Une scène extraordinaire de brèves retrouvailles entre Russell et sa promise d’avant le drame, de bons croquis des soirs au café, beaucoup d’alcool et des rencontres…

Enfin dans les personnages importants, il y a Boyd et j’ai aimé Boyd car il est par excellence le personnage qui tient les destins de Russell et Maben entre ses mains;  Boyd est un homme bon, un policier qui fait ce métier par sens de la justice, parce qu’il défend certaines valeurs. Il a celle de l’amitié et Russell était et reste son meilleur ami. On en rencontre de bien pires dans ce livre, des policiers, dont un qui déclenche réellement le début de l’intrigue. Boyd est bon et juste et il a un rôle essentiel dans le déroulement de l’action, et grâce à Boyd l’auteur nous offre une fin superbe où le policier se remet profondément en question. Une réelle réflexion à propos de ce qui est bien ou mal à ses yeux d’homme, pas qu’à ceux de l’homme de loi qu’il est, une réflexion intelligente et sensible parce que son ami Russell est impliqué, parce qu’il le connait bien et qu’il l’aime. Quelle belle fin cela donne ! Inattendue peut-être, sûrement, et le moment qui clôt en beauté ce magnifique roman.

« Il avait toujours aimé l’insigne. et la loi parce que cela lui permettait de savoir où était le bien, où était le mal, et désormais il était perdu, flottant entre ces deux notions, et ce n’était pas sa faute mais peu importait. Il en était là. […] Il laissa son bras dehors et garda sa main ouverte et puis il ralentit et s’arrêta. Coupa le moteur. Éteignit les veilleuses. L’obscurité silencieuse devant lui et derrière lui et autour de lui. Il frotta ses mains l’une contre l’autre. Se frotta le visage. Se laissa aller contre l’appuie-tête. et il demeura là, hébété par le poids de la couronne qui lui avait été donnée. »

Je ne peux pas finir ce petit article sans parler de la paix qu’on ressent chez Mitchell, de l’amour qui bien que ne se disant pas flotte entre les gens dans cet endroit où la petite Annalee retrouve la joie d’une enfant de son âge, ses petites jambes reposées des kilomètres avalés sur le bitume, son estomac satisfait mais plus que tout son cœur délivré de la peur, ce lieu où l’on pêche et où l’on contemple le soleil couchant et la beauté de la nature, belle, mais un rien inquiétante aussi :

« Dans les marais du sud du Mississippi on peut regarder le monde s’éveiller quand les rayons d’or pâle du soleil s’immiscent entre les arbres et la mousse et les grues aux larges ailes. Les libellules bourdonnent et les ratons laveurs sortent de leur tanière et crapahutent le long des troncs d’arbres effondrés. Les tortues vont se percher sur des souches qu’inondera bientôt la chaleur du jour et mille autres créatures cachées frétillent sous les eaux noires, armées d’une patience et d’une agilité meurtrières. Des branchages accablés par le temps, incapables de soutenir leur masse, ploient et se brisent tels des vieillards se résignant à rejoindre leur tombeau marécageux. Les reptiles ondoient et les merles criaillent dans le paysage zébré parla lumière de l’aube venue prendre la relève de la nuit profonde et paisible. »

Je ne sais pas si c’est une volonté de l’auteur, mais je vois ici une assez belle métaphore de ce qui se passe hors du marais, parmi les hommes; en tous cas la même tension augmentée par la chaleur qui monte et les yeux aux aguets de toute cette faune.

Vous aurez compris que ce roman est un coup de cœur; l’écriture, le style sont remarquables, la façon de traiter le sujet est assez shakespearienne –  et j’adore Shakespeare – ; j’ai supposé souvent, envisagé beaucoup et ai été surprise toujours. J’ai rencontré des personnages complexes et crédibles, avec des femmes dont la vie tient dans un sac poubelle ou une taie d’oreiller. Un roman fort, touchant et captivant.

Ici, l’interview de l’auteur par mes amis de Nyctalopes, qui m’ont invitée à y participer

On entend Lynyrd Skynyrd à l’Armadillo

« Là où les lumières se perdent » – David Joy – éd. Sonatine, traduit par Fabrice Pointeau

david-joy-lumieres-se-perdent« J’ai caché le pick-up derrière un long enchevêtrement d’herbes des pampas qu’il aurait fallu brûler depuis au moins un an. La police n’aimait pas qu’on escalade le château d’eau, mais la police, je ne m’en étais pas trop soucié. J’étais un McNeely et, dans cette partie des Appalaches, ça voulait dire quelque chose. Enfreindre la loi était aussi génétique que la couleur des cheveux et la taille. » 

Ce premier roman d’un très jeune auteur – David Joy a 33 ans –  est de ces pépites qu’il serait dommage de manquer et j’en sors bouleversée. Je me suis dit que ces Appalaches sont une région du monde bien particulière, mais qui en tous cas inspirent la littérature. On pense très fort à Daniel Woodrell , « Un hiver de glace » avec ses pauvres gosses bien sûr, à Ron Rash évidemment, mais David Joy est bien une nouvelle plume originale, avec une sensibilité et un sens de la dramaturgie puissants, une voix déjà ferme et construite. 

Jacob, tout juste 18 ans, est le fils de Charlie McNeely, sale type qui règne sur le trafic de drogue de la région, répandant la mort en se faisant assister par son fils auquel il prétend constituer ainsi un magot pour l’ avenir. Grandi dans ce milieu, entre ce père qui le mêle à ses basses œuvres et une mère rongée par les métamphétamines, Jacob n’a connu que ça et semble admettre qu’il a hérité des gènes de son père. Il est amoureux de Maggie, jeune fille aussi mal lotie que lui familialement, mais brillante, et qui voit s’éloigner peu à peu sa petite chance d’aller à l’université. Jacob, lui, est convaincu qu’il n’échappera pas à son fatal destin.

« Il était impossible d’échapper à qui j’étais, à l’endroit d’où je venais. J’avais été chié par une mère accro à la meth qui venait juste d’être libérée de l’asile de fous. J’étais le fils d’un père qui me planterait un couteau dans la gorge pendant mon sommeil si l’humeur le prenait. Le sang est plus épais que l’eau, et je me noyais dedans. Je sombrais dans ce sang, et une fois que j’aurais touché le fond, personne ne me retrouverait.

Je me disais que certaines âmes n’étaient pas dignes d’être sauvées.

Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir à faire. »

On assiste ici au drame de ce garçon coincé dans les griffes de ce père ignoble desquelles il veut s’arracher, assailli parfois d’une haine féroce, autant pour l’odieux personnage que pour son pouvoir d’emprise sur lui. J’ai été saisie et touchée par cette écriture magnifique qui parvient si bien à nous faire entrer dans l’esprit de Jacob qui est le narrateur du roman. La violence à laquelle il assiste et participe n’est rien pour lui, il la connait, la vit depuis toujours comme allant de soi, mais on le découvre à un point de rupture, à l’instant de sa vie où ses yeux s’ouvrent, où il atteint une maturité qui le met face à sa vie et le tournant qu’elle va prendre, face aux actes affreux qu’il a déjà commis pour un père égotique et sans états d’âme. 

Sa mère perpétuellement  floue, entre périodes de défonce et tentatives de décrochage, sa mère, le regard vague, contemple une image au mur :

« L’Indien était assis, droit et puissant, sur le cheval tacheté, son dos cambré et son torse bombé dénotant une fierté intrépide. Rien dans ce monde ne l’effrayait. Il était là, au bord du ravin et regardait au loin, où brillait le soleil. Il ne semblait pas avoir le moindre doute. Quoiqu’il advienne, cet Indien atteindrait les plaines. »

Jacob se questionne sans cesse, désespéré entre la fatalité dressée comme un mur infranchissable et son envie d’échapper à cette fatalité, l’envie d’aimer Maggie, l’envie d’être comme l’Indien, face à la lumière avec la certitude d’éviter la chute, on le perçoit comme un animal traqué, acculé, et qui cherche une issue avec effarement. Mais il n’y croit pas une seconde, je pense.

Puis sa mère meurt, il réfléchit durant la cérémonie, contemplant le grand christ sur la croix, espérant comme dans son enfance une lumière, une réponse, l’espoir qu’il y ait « quelque chose ». Il a déjà vu mourir des êtres vivants, vu cette lumière qui s’éteint dans les yeux, comme quand on appuie sur un interrupteur.

 

« Et alors j’ai pensé à ma mère, à la lueur dans ses yeux cet après-midi où nous avions discuté, et au fait que cette lueur s’était depuis longtemps évanouie quand je l’avais découverte, yeux ouverts, bouche béante, la cervelle explosée. Il existe un endroit où se perdent les lumières, et je suppose que c’est le paradis. C’était ce lieu lumineux que l’Indien observait sur le tableau qu’aimait ma mère, et je suppose que c’est pour ça qu’elle voulait tant y aller. L’endroit où toutes les lumières se rejoignaient et brillaient était dans mon esprit ce qui se rapprochait le plus de Dieu.

Sur le banc où j’étais assis, cependant, il n’y avait pas une once de foutue lumière. Elle ne brillait jamais sur les types comme moi, c’était certain. »

Ce  superbe livre est un roman noir déchirant, d’une grande violence tant physique que mentale, où quelques beaux moments, ceux que Jacob partage avec Maggie, soudain émergent dans un rai de lumière. On a mal pour Jacob, si jeune et déjà plongé dans les ténèbres.

J’ai adoré cette lecture, la fin est splendide, dans le même ton que toute l’histoire. Je vous invite vivement à lire la belle interview réalisée lors du Festival America par Clete du blog Nyctalopes.

Un auteur dont il faudra tenir compte dans les années qui viennent, c’est certain.

« Viens avec moi » – Castle Freeman Jr. – éditions Sonatine, traduit par Fabrice Pointeau

castle-freeman-jr-viens-avec-moi« Milieu de l’été : les longues journées commencent dans une brume lumineuse qui s’élève du sol, et n’en finissent pas. Leurs heures s’étirent, elles s’étirent. Elles s’étirent jusqu’à contenir tout ce que vous pouvez y mettre; elles prendront tout ce que vous avez. Action, inaction, bonnes idées, mauvaises idées, conversation, amour, ennui, toutes sortes de mensonges – elles contiendront tout. Travail ? Personne ne travaille plus. Bien sûr, avant, oui. Les fermiers travaillaient. Pour eux, les journées du milieu de l’été étaient les meilleures pour travailler, mais les fermiers sont partis. Ils travaillaient, ils bâtissaient, mais ils sont partis. Qui viendra ensuite? »

Lecture rapide pour ce petit polar, original surtout sur sa forme et son écriture ( et on notera la belle traduction de Fabrice Pointeau, d’ailleurs). Intéressant pour l’instantané d’une région en déclin, également.

Dans un coin paumé du Vermont autrefois agricole et forestier, Blackway sème la terreur. Lillian, une jeune femme de caractère, va trouver le shérif Wingate parce que Blackway la harcèle et a tué son chat prénommé Annabelle. Le shérif envoie la jeune femme têtue au moulin, lui disant qui demander pour trouver de l’aide. 

« -Cette fille a la tête dure, déclara D.B.

-C’est qui ? demanda Conrad.

-Elle a les cheveux qui lui descendent jusqu’au cul, observa Coop. Vous avez vu ses cheveux ?

-Et elle se prend pas pour de la merde, pas vrai ? dit D.B. « C’est quoi votre problème à vous autres? »

-Elle a bien plu à Whiz, observa Coop.

– C’est vrai? demanda Conrad à Whizzer.

-Pour sûr, répondit-il.

-Whiz aime les cheveux, observa Coop.

-Parce qu’il voudrait en avoir plus sur la tête, ironisa D.B.

-C’est quoi le problème avec ses cheveux? demanda Whizzer.

« Vous autres ? »dit D.B.. Un chat qui s’appelle Annabelle. Elle se prend pas pour de la merde. Elle se croit…Comment ça s’appelle ?

-Ça s’appelle de l’arrogance, dit Conrad. »

Et c’est ainsi que débute ce livre curieux, constitué essentiellement de dialogues aux réparties brèves, voire laconiques entre une bande de vieux amis qui tuent le temps en buvant de la bière dans un vieux moulin aménagé à cet effet. Ces dialogues sont comme des échanges au ping-pong, ça claque et ça rebondit, c’est le plus souvent comique, bien qu’empreint de mélancolie . Les lieux respirent quelque peu l’ennui des jours qui passent et se ressemblent. Alors, la venue de la jeune Lillian et de sa tête dure réveille la compagnie.

L’intrigue est une course- poursuite à travers la région pour mettre la main sur Blackway, menée par Lillian flanquée du vieux Lester armé d’un tromblon et du jeunot Nate, géant d’une force physique impressionnante.

old-mill-489971_1280Plus que l’intrigue, prétexte à une promenade dans ces endroits désolés, c’est la vie au ralenti d’une région mourante qui est dépeinte ici, à travers les souvenirs des compères qui tuent le temps en discutant d’hier, et un peu d’aujourd’hui. Hors des dialogues, les passages narratifs sont très bien écrits, jamais d’emphase, juste ce qu’il faut de mots pour dire la désolation et l’abandon.

« Après le virage, le sentier s’enfonçait dans une cuvette peu profonde au milieu des montagnes. Sur la droite, la forêt; sur la gauche, une grande zone infertile, l’un des vieux vestiges de scierie, un hectare de désert couvert de sciure compactée: brune, chaude, formant des pics et des monticules, pratiquement dénuée de végétation si ce n’étaient quelques mauvaises herbes, quelques tiges desséchées qui se dressaient ici et là, agitées par le faible vent qui soufflait sur la zone désolée. »

Un plaisir de lecture distrayant sans idiotie que ce premier roman, de cet auteur à suivre je pense.

Palpitant : R.J.ELLORY « Les anges de New York  » – éditions Sonatine – traduit par Fabrice Pointeau

Si vous n’avez pas peur du noir, des ténèbres qui habitent certains hommes, si vous n’envisagez pas un été de lecture rose bonbon, alors vous pouvez essayer Ellory. Je l’ai essayé, je l’ai adopté ! ( si c’est pas un argument choc, ça !!! )

Je viens de refermer ce roman : palpitant est le mot.

  Depuis quelques jours, je commençais des livres sans parvenir à y entrer, jusqu’à ce que j’ouvre celui-ci. C’est exactement ce qu’il me fallait. Vous connaissez tous, lecteurs, ces périodes creuses où rien ne nous satisfait, et où on ressent un manque parce qu’on n’a pas entre les mains le livre qu’on ne peut pas lâcher. Quant à moi, j’ai retrouvé là avec bonheur le grand talent de R.J.Ellory qui peint un tableau de la police de New York tout en nuances.

Franck Parrish appartient à la grande famille de ces flics qui font le succès du polar contemporain; ces héros déglingués par l’alcool, par les échecs personnels, par l’horreur qui les habite après des années de contact avec ce qu ‘il y a de pire en l’humanité. .Ellory est un écrivain au terme précis, qui arrive à faire froid dans le dos en nous mettant face à certaines réalités de notre monde et de ses institutions.

 Je l’ai découvert avec « Les anonymes » ( traduit par Clément Baude ) dans lequel il entrait dans les coulisses de la CIA, dont il démontait les rouages par le biais de ses personnages, véritablement pris au piège de ce système, qu’ils en fassent partie ou qu’ils en soient les cibles.

Puis j’ai lu « Seul le silence » ( traduit par Fabrice Pointeau ) sans doute mon préféré. Livre très très noir, souvent bouleversant, l’histoire d’une longue quête qui finira mal, très mal…

Je me suis acheté « Vendetta » ( traduit par Fabrice Pointeau )  qui comme le titre l’indique, met en scène la mafia.

Mais je m’attend au même plaisir de lecture qu’avec les autres livres.

R.J.Ellory est édité par les éditions Sonatine

A lire, cette interview

http://www.lexpress.fr/culture/livre/r-j-ellory-quand-on-etrangle-quelqu-un-c-est-qu-on-le-connait-bien_1121353.html