« Sous la neige, nos pas » – Laurence Biberfeld – La manufacture de livres/ coll. Territori

« Août 1983

En rentrant, la Princesse s’était couchée en travers, les yeux exorbités, le souffle court. Des spasmes profonds, lourds, lui soulevaient le ventre. Elle avait l’air d’une outre écartelée. Lucien se dit qu’il vieillissait. Il se le disait chaque jour, et depuis si longtemps que la vieille était morte, il n’avait plus l’impression d’avoir été jeune un jour. Il remonta à la cuisine pour téléphoner à Pascal.

-J’aime autant que tu viennes maintenant. C’est son premier, elle est jeune.

-On a le temps, répondit Pascal. Je serai là dans une heure.

La Chiffe l’avait suivi. Pas un jour de sa vie sans que la jambe de sa culotte croûteuse de terre et de bouse tire dans son sillage ce vieux rideau à franges plein d’affection.-On va prendre la soupe,d’ici qu’il arrive. »

Que dire si ce n’est que ce livre est un coup de foudre ? Ce que j’écris ne saura dire tout le bien que je pense de ce petit livre, le bonheur qu’il m’a procuré, l’intelligence qui s’en dégage, ni tout ce que j’aurais à dire des lieux et des personnages, des idées qu’ils véhiculent.

Il m’attendait depuis un bon moment, patient comme le sont les livres. Et une envie m’a prise de me trouver dans cette Margeride annoncée en 4ème de couverture. La Lozère que j’aime tant. Bien m’en a pris, alors que fermé ce livre est là, encore là et pour longtemps…J’aurais voulu plus, qu’il dure plus et qu’encore je reste avec le merveilleux personnage qu’est Lucien, sa Chiffe, ses vaches, sous des pieds de neige ou dans l’exubérance du printemps. Avec la flamboyante Alice et l’intenable Juliette, enfin avec les âmes rudes et soudées de ce village du côté de St Chély d’Apcher.

« Un dimanche matin, le gel éblouissant déblaya la montagne jusqu’aux combles d’un ciel de faïence. Esther, exultant du paysage soudain libre dont on détaillait les lignes limpides d’un bout à l’autre de l’horizon, emmitoufla Juliette pour l’emmener en promenade. La petite, que sa longue claustration avait rendue à moitié folle, fusa comme un criquet multicolore sur la rampe cristalline de l’école. Elle glissa et fit un roulé-boulé qui lui écorcha le menton et lui fendit la lèvre sur la glace.

-Ça fait rien ! glapit-elle, essuyant sa barbiche de vermillon et s’en maculant jusqu’au coude.

Lucien, surplombant la scène, en put s’empêcher de rire. Esther pestait tout ce qu’elle savait. Elle ramena la petite à l’intérieur en la portant sans ménagement sous son bras comme un tonnelet hurlant et gesticulant.

-Non ! Ça fait rien ! Maman !

Il s’assit sur le bord du muret, écoutant les cris de la fillette brisés en mille morceaux par les éclaboussures du robinet de la cour. Toute la campagne était en habit de noce, blanche et parée de strass, hérissée de diamants. Le bleu coupant du ciel lui faisait mal aux yeux, il rabattit la visière de sa casquette jusque sur son nez. »

Difficile quand on a été si impressionné par une écriture d’écrire à son propos.

Je me suis rendue sur le site de Laurence Biberfeld et ça a confirmé la part autobiographique du roman à travers le destin du personnage d’Esther, jeune institutrice au parcours difficile qui arrive dans ces lieux isolés en compagnie de sa petite Juliette, enfant remuante du genre qui ne rentre pas dans les cases, un peu comme sa maman, dont on découvre au fil du récit le parcours chaotique mais qu’elle a su maîtriser et muer en façon de vivre simplement autrement. Cependant, elle traîne à ses basques quelques scories de sa vie passée qui vont perturber passablement la vie du hameau. Avec Esther, c’est la ville et ses faunes louches qui s’infiltrent dans les replis du plateau de la Margeride.

C’est là que la plume époustouflante de Laurence Biberfeld m’a subjuguée – je pèse mes mots – c’est là dans la peinture des lieux, de cette nature qui règne en puissance, c’est là que j’ai découvert cette écriture si précise, si sensuelle aussi, âpre ou d’une infinie douceur. Une totale découverte pour moi qui me laisse éblouie.

L’hiver, la Bise, la neige

« -Ça, c’était de la neige.

Elle tombait en un déversement oblique d’énormes flocons qui avalaient les bruits et ensevelissaient en un instant toutes les couleurs. Elle explosait en poussière piquante et vous criblait le visage, soulevée par la Bise. Elle se déplaçait follement, comme les dunes, formant des vagues et comblant les reliefs. Elle s’accumulait de plusieurs mètres, mollement, en certains endroits où elle cédait comme de la vase. Elle se fronçait en croûte écailleuse de quelques millimètres sur le sol gelé qu’elle faisait briller comme une pièce d’argent. »

« Le printemps dardait, avec une cruauté enfantine, ses fringales carnivores sur l’étendue du plateau. Le grand manège des amours débusquait les renards, d’ordinaire si discrets, les martres, les hermines encore en fourreau de neige avec leur courte queue trempée dans l’encre »

Je veux parler de Lucien, merveilleux Lucien décrit avec tant d’affection, il est âgé et il est beau Lucien, même s’il n’a pas son dentier; il a des yeux purs comme le ciel au-dessus de sa tête, avec les mêmes nuages qui les traversent quand ça se gâte; il a le cœur tendre même s’il essaye de faire le dur, il sait pleurer Lucien sans se cacher. Il est l’homme de la vie d’Alice, petite fille feu follet à la crinière rouge qui se jette sur lui et l’enlace de bras et jambes, il est son confident, celui qui console, celui qui bavarde, celui qui l’accompagne. Ils vont vivre elle et lui un moment effroyable relaté dans des pages absolument exceptionnelles, avec la vieille Finette qui étrille la fille debout dans une bassine au milieu de la cuisine où le poêle ronfle; en chantonnant, Finette…Lucien est vraiment mon coup de cœur du livre, il en est à mon sens le pilier, en duo avec la nature, éclatante de vie et d’énergie que ce soit sous la neige, le vent, le soleil, dans les congères ou au milieu des prés saturés de narcisses. Ce sont des forces.

Que ce que j’écris là ne vous trompe pas, il ne s’agit pas juste de jolies scènes champêtres, on en est même très loin souvent. C’est un monde bien réel dont nous parle l’auteure, il se passe plein de choses dans ce roman où les apports citadins produisent de moches effets, mais de bons aussi – Esther enseigne et bien peu acceptent de vivre dans un tel isolement, mais elle sait pourquoi elle est là. On verra passer Vanessa et des gars douteux, au Café de l’Univers de Langogne:

« Il n’eut pas de mal à la rencontrer le lendemain. Il lui suffit de se tanquer au café de l’Univers. Elle devait y aller le matin depuis quelques temps, avec son camarade, car elle se comportait en habituée. Les deux autres s’étaient fait tirer comme des lapins. Et celui-là, d’où sortait-il ? On pouvait être sûr qu’il ne valait pas mieux. Une petite gueule hâve, rétractée, une bouche mince et le regard méchant d’un chien peureux qui mord. Elle, elle lui fit  de la peine tant elle semblait malade et traquée. Ça ne lui allait pas mal, les cheveux courts. On aurait dit un petit garçon. Il attendit de les voir bien installés et se leva soudain en arborant son plus beau sourire. Cette fois, il avait mis son dentier. »

Pour ce qui me concerne ce qui est le plus saisissant dans ce magnifique texte, c’est la parole donnée aux gens d’en-haut comme moi je veux les nommer. Je connais ces endroits, je les aime et j’aurais bien voulu savoir en parler de cette façon. Des femmes se confient

« Moi, à douze ans, je me suis retrouvée seule avec mon vieux. Ma mère est morte en couche avec mon petit frère. Je l’ai remplacée. Je faisais tout à la ferme, du matin au soir, les bêtes, le lavoir, la cuisine, le jardin, puisqu’il faut servir les hommes après les bêtes. On se fait à tout comme ça. Mon vieux était une brute, il ne me parlait que pour me donner des ordres. Il me prenait sans me regarder, il avait besoin de se défouler pour dormir. J’ai remplacé ma mère, la pauvre vieille. Nous, les femmes, de ce temps-là, il fallait acheter à crédit tous les jours qu’on mangeait à la table des hommes. On leur devait tout ce qu’on avait. Pralong la Teigne, il était valet chez nous. Je le servais comme les autres. J’étais la seule femme sur le mas, un temps. Je m’en foutais. J’ai eu un petit à quatorze ans, ils l’ont donné aux cochons. Après, j’ai plus pris, jamais. Mon Dieu, toutes ces années où je rêvais d’un jour ou d’une nuit de repos.

Mais voyez, j’ai jamais essayé de partir. J’aimais la montagne, une goulée d’air, l’épais de la neige, la vacherie du froid, les narcisses, la rivière. En ville, je serais morte. Entre quatre murs à me cogner partout. Ici on respire, même écrasé on respire, le regard s’arrête pas et l’esprit non plus, on vole, on plane. Je regrette rien. A la mort de mon vieux, Pralong la Teigne a pris le mas. Son frère est venu s’y installer aussi avec sa femme. C’était une crème la Blandine, mais pas solide. Elle est morte d’épuisement, et pourtant, tout ce qu’on faisait, on le faisait à deux. Alors c’est reparti comme en quarante, moi toute seule à faire tout le boulot et à servir deux hommes, de nuit comme de jour.

Je m’en suis vu. Ça fait pas longtemps qu’ils me foutent un peu la paix, les deux frères, vous savez.La Teigne et la Gale, quand ils s’y mettaient à deux…Enfin ça a passé. Je meurs pas d’épuisement, moi. Quand on a la viande dure…[…]
-Ils étaient méchants? demandai-je dans un souffle.
-Oh? dit-elle, évasive. Oui. Des brutes, comme mon vieux. Vous êtes leur torchon. Ni cœur ni tête, les Pralong. »

et on voit bien que nous ne sommes pas là dans un monde enchanté, celui des hommes ne l’est pas très souvent; non nous sommes dans la rudesse, la brutalité, la cruauté, mais aussi et c’est très bien dit dans la solidarité, obligatoire si on veut survivre aux coups de colère du pays, à ses excès et à son isolement.

« Au fil des jours, je découvris que le village fonctionnait comme une entité primordiale. Que les gens s’aiment ou pas, qu’ils aient de l’estime les uns pour les autres ou non n’entrait pas en ligne de compte. J’étais exclue de ce mystérieux métabolisme social.J’étais en revanche – nous étions Juliette et moi – des éléments qui concernaient l’entité, dont il fallait s’occuper, qu’il fallait intégrer dans les préoccupations quotidiennes.

Au début, j’eus du mal à obtenir les papiers de la voiture que j’avais achetée. Le certificat de non-gage posait problème, je ne pouvais pas l’assurer. Lionnel, dès qu’il le sut, alla incontinent négocier avec le Capitaine de gendarmerie du coin. J’étais l’institutrice des Galinières, inutile de me demander mes papiers, le problème serait résolu, ou pas, un jour ou l’autre. Le Capitaine repéra ma 4L, mémorisa ma bouille et l’affaire fut réglée. »

Et aussi

« En touillant mes souvenirs, je me rends compte que jamais auparavant et plus jamais depuis, de toute ma vie, je n’ai été couvée, surveillée, protégée, entourée à ce point par une communauté humaine avec laquelle, par ailleurs, je n’avais rien de commun. »

Les hommes comme partout s’affrontent et les femmes subissent comme souvent. Mais les temps changent et le passage d’Esther, la jeunesse débordante d’Alice, la petite bombe Juliette au destin formidable marquent le pas d’un changement.

Je vais cesser là parce que ce petit livre, que j’aimerais bien vous lire à voix basse,  il faut l’ouvrir et se laisser aller au bout – moi je n’ai pas pu faire autrement -. L’écriture de Laurence Biberfeld m’a apporté un plaisir intense dans les peintures des paysages comme dans celles des personnages; ce Lucien merveilleux, Alice comme une flamme et Juliette la tornade, une plume impressionnante et riche sans afféteries pour un propos inépuisable sur le meilleur et le pire chez l’être humain, sur la générosité de la nature qui aussi rude soit-elle peut offrir le réconfort, un refuge pour réfléchir et où retrouver les choses essentielles à la vie. Une fin en demie-teinte, mi-triste mi-lumineuse. 

Je termine avec la scène du petit cimetière de Galinières où repose Lucien:

« Bientôt, dans quelques semaines, la neige recouvrirait les tombes. Elle tendrait sa toile épaisse et douce sur les murets, les rochers, les arbres, les toits. Elle emmitouflerait dans son silence feutré le chagrin, les rires, les rêves, le labeur, le souvenir.

« Mais il est où, Lucien ? demanda Juliette, le cherchant des yeux.

-Il est là-dessous, dit Lionnel.

-Sous les fleurs ?

-Oui, sous les fleurs.

Elle n’arrivait pas à se le figurer. Elle s’agenouilla brusquement entre des capitules rouges et entreprit de gratter la terre avec ses ongles. Lionnel l’attrapa par le milieu du corps et la souleva dans les airs comme s’il voulait la lancer au loin.

-Arrête ! vociféra-t-il à voix basse, tu vas le réveiller. Faut le laisser se reposer, maintenant.

-Alors je reviendrai plus tard, chuchota Juliette.

-Oui, enchaîna Lionnel sur le même ton. Pour le Jugement.

-Tu me diras quand c’est ?

-Je te le dirai.

Nous nous éloignions déjà. Un rossignol de muraille vit se percher sur le mur et s’envola aussitôt, dessinant un arc lâche en travers du cimetière. Au milieu des tombes, celle de Lucien paraissait neuve et pimpante. Il était né en 1920, le jour des Morts. Je ne savais rien de lui. Juliette, dans les bras de Lionnel, pleurait silencieusement. »

Vraiment lisez ce texte magnifique, d’une poésie pleine de vitalité, dans cette collection Territori, dirigée par Cyril Herry et où on trouve entre autres Antonin Varenne et Franck Bouysse.

Une de mes plus belles lectures de l’année.

Je remercie Langogne Tourisme ainsi que le café de l’Univers à Langogne pour leur contribution photo et sympathie ! 

« Scalp » – Cyril Herry – Seuil / Cadre noir

« Sur l’image satellite, la forêt avait l’aspect d’une vaste composition de mousse et de lichen que des veines ocre prenaient d’assaut. Les chemins de terre s’élançaient dans les quatre dimensions, se déployaient, se ramifiaient souvent, mouraient parfois.

Hans avait trouvé à l’étang qui crevait la mousse comme une vulgaire flaque la forme d’un crâne de ragondin. Teresa avait dû incliner la tête dans un sens puis dans l’autre pour voir ce que l’enfant voulait dire. »

Nous arrive ici un roman très noir, un de ces livres qui donnent la chair de poule; en tous cas, ça m’a donné cette sensation.

Voici l’histoire de Teresa et de son fils Hans, 11 ans. Teresa a décidé de présenter à Hans son père biologique dont elle ne lui a parlé que depuis peu. Hans est un petit garçon intelligent, plutôt mûr, qui a aimé Jean-Loïc, un des membres de la colocation dans laquelle il a vécu avec sa mère. Jean-Loïc le père de substitution qui lui a appris la pêche entre autres choses, et qui s’est jeté du haut d’un viaduc.

Dès le début du roman, et malgré les apparences d’un statu quo entre l’enfant et sa mère, on sent bien que le gamin exige une vérité qu’on lui a cachée. Alors Teresa emmène Hans dans une forêt au bord d’un étang où le père, Alex, vit dans une yourte. Seules quelques bribes sur lui nous arrivent, et point d’Alex près de la yourte.

Commence ainsi une quête, une recherche à travers les objets abandonnés là, des carnets, des notes, Hans explore, Hans rêve et joue à l’explorateur, à l’Indien, à l’aventurier, Hans veut son père mais Teresa souhaite partir; l’enfant l’obligera à rester par tous les moyens. Après ça je ne dis plus rien, mais voici une histoire très très sombre, très très noire, une histoire comme je ne doute pas une seconde qu’il en survienne dans certains lieux, une histoire qui fait froid dans le dos.

La forêt est ici une entité inquiétante avec sa vie propre, ses habitants furtifs, ses rumeurs, ses bruissements, et ses parasites quand l’homme en fait un cimetière de voitures. La forêt peut protéger, cacher, ou abriter, mais aussi piéger, retenir et égarer. Enfant, j’ai passé des journées entières en forêt, à faire des cabanes et inventer des histoires devant quelques pierres d’une maison en ruine couvertes de mousse. Je connais pas mal de gens que la forêt effraie, angoisse par son côté obscur, mystérieux.

L’auteur rend avec beaucoup de talent cette atmosphère bruissante et pourtant silencieuse où la lumière joue entre les branches, avec l’étang aussi dans lequel Hans pêche comme Jean-Loïc le lui a appris:

« Jean-Loïc avait souri et tiré de sa besace une vieille boîte en fer de pastilles Valda. Dedans se trouvaient un fil, un bouchon, un hameçon. Ça ne pesait rien, ça ne prenait pas de place. En l’espace d’une heure, ils avaient sorti huit perches qu’ils avaient nettoyées et fait griller au-dessus d’un petit feu de camp allumé avec une poignée de fougères sèches. C’était magique, simple comme bonjour. C’était cette vie que Hans voulait mener. »

Mais tout ça, cette vie de liberté entre l’étang et la forêt, cette vie d’aventure, c’est compter sans les hommes qui n’aiment pas ceux qui sortent des rails. Teresa et Hans en cherchant à savoir où est passé Alex en feront l’expérience.

Je connais, aime et comprends je crois plutôt bien ce qu’est la nature, la campagne, j’y suis née, j’y ai grandi et j’y vis encore. Loin de la vision édenique, cette forêt est belle mais d’une grande indépendance, c’est âpre et cruel souvent, la loi de la vie y est resplendissante qui fonctionne en binôme avec celle de la mort. Il n’en va jamais autrement. Et c’est bien ici une histoire de vie, de cruauté, de beauté et de mort, c’est une histoire violente, comme le sont les hommes, comme peut l’être la nature.

J’ai aimé la relation assez compliquée entre Teresa et Hans, les secrets de Teresa et le portrait en filigrane d’Alex, personnage hors normes et attachant. 

« Il n’entendit pas sa mère crier son prénom. Elle ne s’éloignait pas suffisamment de la yourte pour ça, ou pas dans la bonne direction. Hans la savait déterminée à s’en aller, et en colère. En colère te aussi inquiète, certainement. Il allait devoir retourner là-bas pour lui faire savoir d’une manière ou d’une autre que tout allait bien, qu’il ne courait aucun  danger. Lui faire entendre néanmoins qu’il n’était toujours pas question de s’en aller tant que son père ne serait pas de retour, ou tant qu’il n’aurait pas une idée de l’endroit où il se trouvait. Au coucher du soleil,il s’approcherait du campement. Sa mère ne tenterait pas de le capturer pour l’enfermer dans la voiture et prendre la route : elle détestait conduire la nuit. »

Que vous aimiez la nature ou pas, que la forêt vous attire ou vous effraie, bonne lecture, atmosphère réussie, angoisse soutenue, univers magique de l’enfance, j’ai bien aimé.

« La forêt n’est le territoire de personne. »