Dernier jour d’Octobre

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Ce matin, en face de la maison, la petite troupe que nous avons pour voisins, dans la jolie brume de ce bel automne

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« Matin d’octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or. »
 
François COPPÉE (1842-1908) Le Cahier rouge

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Octobre dans le brouillard

Voici l’ambiance depuis ma fenêtre ce matin

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 C’est ça, le val de Saône à cette saison, souvent…ça colle bien avec Verhaeren, poète que j’aime…

 Fin d’année

Sous des cieux faits de filasse et de suie,

D’où choit morne et longue la pluie,

Voici pourrir

Au vent tenace et monotone,

Les ors d’automne ;

Voici les ors et les pourpres mourir.

O vous qui frémissiez, doucement volontaires,

Là-haut, contre le ciel, tout au long du chemin,

Tristes feuilles comme des mains,

Vous gisez, noires, sur la terre.

L’heure s’épuise à composer les jours ;

L’autan comme un rôdeur, par les plaines circule ;

La vie ample et sacrée, avec des regrets sourds,

Sous un vague tombeau d’ombre et de crépuscule,

Jusques au fond du sol se tasse et se recule.

Dites, l’entendez-vous venir au son des glas,

Venir du fond des infinis là-bas,

La vieille et morne destinée ?

Celle qui jette immensément au tas

Des siècles vieux, des siècles las,

Comme un sac de bois mort, l’année.

Emile Verhaeren

Ah ! ça met en forme, de bon matin, pas vrai ?

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Salut, Georges…

Quand la nostalgie s’empare de nous, à la disparition d’un homme poète dont les chansons ont accompagné des passages de notre  vie. Un adieu mélancolique à notre jeunesse, adieu et merci, Georges…

 

Murs des villes et talus des champs…

A Narbonne, cette semaine, le soleil n’avait rendez-vous avec personne. Mais les murs de la ville sont pleins de l’esprit des poètes…

Un précision sur les photos : les murs peints sont à Carcassonne, dans la ville basse.

Très jolie ville en tous cas

Et les Corbières, même sans soleil, pleines de la lumière des fleurs des champs…

https://plus.google.com/photos/101917036196162552397/albums/5874534922339820497?authkey=CLug8J70uZL7hwE

Très impatiente…

…de lire « Le coeur de l’homme » de Jon Kalman Stefànsson

Gallimard, traduit par Eric Boury

( voir son blog : http://ericboury.blogspot.fr/ )

imagesJe viens de lire, dans le numéro de Janvier de  – l’excellente –  revue de littérature contemporaine   « Le matricule des anges », le dossier consacré à cet écrivain islandais dont les deux premiers romans, « Entre ciel et terre » et « La tristesse des anges », m’ont enchantée. Dans le sens de l’ envoûtement que peut provoquer une formule magique, ces deux livres ont un pouvoir magique, en tous cas sur  mon imaginaire…Et bientôt, quand les achats seront effectués, je pourrai lire la suite des aventures du gamin…

Je vous incite à acheter ce magazine, si comme moi vous aimez cet auteur et son écriture si poétique; ce que dit cet homme à propos de la littérature, de la poésie, de l’homme, du monde et de l’amour…même s’il semble que tout soit déjà dans ses livres, l’entendre s’exprimer est un bonheur pour l’intelligence. 

Quelques mots tirés de cette excellente interview  réalisée par Thierry Guichard :

« L’un des rôles de l’écriture est de jeter un pont entre la vie et la mort, de nous offrir un accès et de nous permettre de contempler des mondes que nous ne comprenons pas. »

« Je crois […] que la poésie habite beaucoup plus de lieux que ne le soupçonnent la plupart des gens, tout le monde ne la décèle pas. […]. Il suffit de lever les yeux vers le ciel étoilé par une nuit tranquille pour connaître l’expérience du poétique, de regarder le lever du soleil, de voir la nuit tomber sur les montagnes, de voir un sourire sur un beau visage. »

Et la fin de l’interview (qui est vraiment dense et passionnante ) :

« Il m’a fallu six ans pour écrire cette trilogie et, au cours de ce voyage, j’ai découvert telles et telles choses, en tant qu’être humain et en tant qu’écrivain. Je suis en revanche incapable de les toucher du doigt, et je ne suis pas sûr que cela m’intéresse. J’écris des livres pour changer le monde, c’est un travail de Sisyphe et je sais que c’est une affirmation stupide, mais nous devons tous, toujours, nous efforcer de changer le monde, d’en faire un lieu meilleur : la vie est vaincue à chaque fois que nous nous laissons décourager. A chaque fois que nous laissons un sourire moqueur nous arrêter. Le monde est en grande partie dirigé par les grandes entreprises, l’injustice, les intérêts, l’argent  – cette puissance à quatre têtes gagne en vigueur à chaque fois que quelqu’un se décourage dans sa lutte pour un monde meilleur, pour la justice et pour ce à quoi, dans nos rêves, nous osons donner le nom de beauté. »

traduction de Hanna Steinunn Þorleifsdottir et Eric Boury

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