Mes lectures de ces derniers jours…

Après le beau roman de Pete Fromm dont j’ai parlé dans un précédent article, « Je ferai de toi un homme heureux » de Anne B. Ragderagde ( Balland, traduit par Hélène Hervieu )  m’a paru un peu fade. On retrouve la verve acidulée de Anne B.Ragde, mais il y a une espèce d’indolence qui enlève le mordant auquel elle nous a habitués. J’avais beaucoup aimé la trilogie de « La ferme des Neshov » et « Zona frigida », le ton assez irrévérencieux de la dame et son côté décalé. Ici, bien sûr, on sourit de cette galerie de portraits, de la vie de cet immeuble, quotidienne et routinière. Mais bon, je trouve qu’elle ne s’est pas trop forcée ! Peut-être bien que l’éclatant « Comment tout a commencé » de Fromm est un peu responsable de la  perception  que j’ai eu de ce petit roman, agréable au demeurant. Alors, pour retrouver ce plaisir qu’on ressent quand on est en phase avec un auteur, une écriture, je lis « Avant la nuit », de Pete Fromm encore ( Gallmeister, traduit par Laurent Bury ) et je me régale de ce recueil de nouvelles.

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Je voudrais aussi revenir sur « Impurs » de David Vann , et simplement dire que les  » âmes sensibles » peuvent être heurtées par certains passages de ce roman. Je l’ai dit, j’ai trouvé certaines scènes insoutenables, et en littérature, je supporte beaucoup de choses assez atroces ! Mais là, franchement, c’est dur !

Alors : on s’accroche ou on renonce !

« Comment tout a commencé » de Pete Fromm, éd. Gallmeister, traduit par Laurent Bury

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C’est un livre qu’on m’a prêté après avoir lu ça :

http://lecoindelalimule.blogspot.fr/2013/05/comment-tout-commence-pete-fromm.html

Je viens juste de terminer ce très beau et très sensible roman. Le titre évoque l’histoire que des parents  racontent depuis toujours à leurs deux enfants, Abilène et Austin, 20 ans et 15 ans, ainsi nommés du nom de la ville où ils auraient été conçus.Sur fond de désert texan, Austin nous narre la lente descente aux enfers de sa famille, causée par la maladie de  sa soeur, atteinte de troubles bipolaires. Le baseball, auquel elle entraîne son frère, sera le catalyseur de  l’ énergie terrifiante que va déployer Abilène dans ses phases maniaques, entraînant toute sa famille dans un immense chagrin. Austin est en adoration devant sa soeur, il refusera de voir, dans ce qu’il admire chez elle, les symptômes de sa maladie. baseball-83507_640

Ce roman est totalement bouleversant parce qu’il est  juste  dans son expression, émouvant par ses personnages pour lesquels on ressent empathie, compassion, attachement…C’est l’histoire d’une famille « ordinaire », dont les différents membres s’aiment, mais qui va se retrouver  dans la tourmente qu’entraîne le trouble mental .

L’évocation de la maladie est impressionnante, certains passages font vraiment peur, et l’écriture laisse monter lentement la crainte de ce qui va arriver, crainte qui frôle l’angoisse parfois, comme la scène de chasse à l’hirondelle, totalement marquée de démence…landscape-77458_640

Une magnifique histoire d’amour, avant tout, entre ces quatre personnages, dont Abilène la jolie rousse est le pivot. Un livre marquant, qui m’a beaucoup touchée par son humanité.