Patrick Modiano, prix Nobel de littérature 2014

pour que tu ne te perdes front_coverPour cet écrivain si réservé et touchant, j’imagine très bien les semaines difficiles qui s’annoncent avec les médias qui le mettent si mal à l’aise, mais au demeurant inévitables. Un Nobel une fois de plus attribué avec discernement.

Lisez, écoutez, ici sur France Culture

 

Jour de deuil : Gabriel Garcia Marquez est mort…

cent-ansIl est pour moi l’auteur du chef d’ œuvre du XXème siècle. Il est lui-même un personnage de roman. J’attendais la suite de son autobiographie « Vivre pour la raconter », qui s’interrompt quand Marquez prend l’avion pour recevoir son prix Nobel.

« Cent ans de solitude » est le livre que j’emmènerais sur une île déserte, c’est le livre, le seul dont j’ai dit à mes enfants ( dans une injonction qui ne m’est pas coutumière ) : Il faut lire ce roman…

Je suis infiniment triste, c’est un maître qui s’en va, parce qu’il y a aussi « L’amour au temps du choléra », ou l’extraordinaire « Mémoires de mes putains tristes », et encore « Les funérailles de la grande Mémé « …

Voici ICI le Monde qui retrace cette vie exceptionnelle et la genèse de cette oeuvre tout aussi exceptionnelle.

« Cent ans de Solitude«  , la dernière phrase

 « C’était l’histoire de la famille, rédigée par Melquiades jusque dans ses détails les plus quotidiens, avec cent ans d’anticipation. […] Mais avant d’arriver au vers final, il avait déjà compris qu’il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l’instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre de seconde chance. »

 La phrase que je retiens dans l’article du Monde :

« Je suis un romancier,disait-il, et nous , les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. ceci n’arrive pas aux Etats-Unis, et c’est une chance. Je n’imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait de l’économie de marché. »