« Sans traces apparentes » – Elisa Tixen, éditions de la Rémanence.

elisaEh bien voici ma lecture terminée. Pas facile d’écrire sur le travail de quelqu’un qu’on connaît un tout petit peu, mais je suis à l’aise parce que ce roman a été agréable à lire. Je ne dis pas que c’est mon genre préféré, parce que vous qui me connaissez, savez comme mon âme de lectrice est noire et tordue…

Attention, je dis bien: mon âme de lectrice (pour peu que l’âme existe ! ), parce que dans la vie, j’ai un cœur en sucre qui fait de moi la victime idéale de tous les abuseurs – mais bon, je le sais, c’est déjà ça – .

Mais trêve de digressions !

 Élisa livre ici son premier roman, un suspense très bien maintenu qui met en scène une famille partagée entre les parents de l’héroïne Charlie, bourgeois de Bordeaux, et Simone, la grand-mère qui continue à vivre sur la propriété landaise familiale. Un de mes points préférés de ce livre est sans conteste les scènes de cuisine où canard gras, garbure et autres délices mitonnent et embaument. Le décor de landes boisées, d’océan iodé et de dunes ajoute encore à une ambiance de grand air, dans laquelle on ne se sent jamais confiné. Ce qui enferme les personnages de ce livre, c’est plutôt l’histoire familiale bien embrouillée, pleine de secrets, de vilenies et de chagrins. Charlie va s’atteler à défaire les nœuds serrés par plusieurs générations afin de se libérer. Sorcières et croyances rurales viennent donner un petit côté étrange à l’histoire ( ce n’est pas ce que j’ai préféré, j’avoue ), mais au fond, ces rituels et incantations relèvent plus de la psychothérapie, une enquête psycho-généalogique donc.

Vous savez que je n’en dirai pas plus, à vous de lire !

dune-899552_960_720De nombreux personnages sont mis en scène, chacun ayant un sens dans le scénario, et dont la face cachée émerge au cours du récit. La grand-mère est le phare pour tous, et on prend plaisir à la belle renaissance de la mère, Françoise, étouffée sous un carcan de convenances et de principes, et pas que… La jeune Charlie, héroïne impétueuse, va remonter le temps tout en reconstruisant sa vie amoureuse et son histoire. Ce roman plaira à tous ceux qui aiment ces tortueuses histoires familiales sur fond de traditions rurales. Bordeaux apparaît aussi, avec sa bourgeoisie locale guindée, on pense alors un peu à Simenon, en un peu moins noir. La plume d’Élisa, comme son héroïne, virevolte et sans temps mort mène son histoire avec brio. Je n’ai pas été très sensible à l’histoire d’amour qu’on devine dès le début, comme obligée, mais n’empêche, l’écriture est bien là, avec une vraie personnalité, un sens de l’humour également pas négligeable; malgré quelques défauts, le roman d’Élisa est souvent bien mieux ficelé que pas mal de choses éditées : pas mal du tout ! 

Si cette histoire m’a distraite – ce qui n’est déjà pas si mal -, j’ai été absolument séduite par une nouvelle qui a valu deux prix à Élisa, aussi je vous mets le lien vers « Fenêtre sur la lande », un texte plein de force dans lequel on sent le potentiel de l’auteure, et j’espère la retrouver un jour dans ce registre plus à mon goût. On y trouve l’enfance, la vertu de la lecture et ce sur quoi elle ouvre l’esprit…Bien ! 

Les éditions de la Rémanence sont basées à Vénissieux, créées en 2014 par Mathilde Palfroy qui a prénommé sa petite fille Simone…Et Élisa travaille à son second roman.

Jolie rencontre avec Elisa Tixen

elisaJ’ai rencontré hier au petit salon du livre de Villefranche sur Saône une blogueuse dont je suis les écrits, Elisa Tixen, qui présentait en compagnie de son éditrice ( éditions de la  Remanence, basées à Vénissieux), son premier roman « Sans traces apparentes ». Je l’ai acheté depuis un bon moment en numérique, il m’attend sur ma liseuse. Elisa est une femme charmante, nous avons discuté un bon moment. Je pense qu’on se reverra. Quant à son éditrice, elle m’a fait plaisir. Cette jeune femme m’a dit qu’elle avait une petite fille de 4 ans qu’elle a prénommée…Simone! Moi qui déteste mon prénom, de ceux dont je pense qu’on devrait les mettre aux oubliettes, et qui font croire à tout le monde qu’on a 60 balais même quand on en a 20…Elle m’a dit qu’effectivement tout le monde croyait que c’était une blague quand elle disait que sa fillette s’appelait Simone…Mais elle trouve que c’est un prénom plein de force ! Ah oui ! Je ne l’ai jamais envisagé sous cet angle, juste comme un prénom impossible à porter ! Bon, moi, je me sens moins seule, en compagnie d’une petite Simone de 4 ans !!!
Ici, présentation de la maison d’édition
et ici, le blog d’Elisa
Mais elle est dans mes liens depuis longtemps. Je l’ai rencontrée au hasard de mes recherches sur l’immigration au Canada, sujet sur lequel elle a une page, et cette personne, dans ce qu’elle écrit, dégage une vraie humanité. Son métier ( dont je ne vous parle pas )  dénote d’ailleurs ce tempérament empathique. La rencontrer a confirmé mon ressenti, et ce fut, oui, un bien joli moment. Me reste à finir son livre, déjà commencé.