« Les aubes sombres de Bacalan » – Valérie Terrien – Terres de l’Ouest – Polars du sud Ouest

Les aubes sombres de Bacalan

« Hey Oh, ici le Tiécar

En marge Pas la bonne page

De la frange à la fange

Y a qu’un R-Frontière

 

Sous l’eau marron

Sous le pont

Les cargos croisière

Crampent leurs amarres

mais ça va pas chémar

Gros, si tu fais le fier

Avec tes dollars tout verts

Ici les Princes du Tiécar

C’est moi et mes frères. »

Voici le nouveau roman de mon amie Valérie Terrien. J’ai la chance, l’honneur d’avoir été choisie pour être la première lectrice de ce « roman voyageur », et en ayant fini la lecture, Valérie me donnera l’adresse d’une autre personne, et ainsi de lieu en lieu ce roman voyagera pour être lu. Je ne vais donc pas en faire un compte rendu développé, vous en donner juste le sujet.
Bordeaux, plus précisément le quartier de Bacalan, populaire et marginal, un beau mélange – parfois un peu explosif – de vies soit à la marge soit dans l’air des temps ou les deux ensemble, et puis notre héroïne narratrice, Emma, attaquée par une « bestiole » comme elle la nomme, en fait Acanthamoeba, qui attaque son oeil. Très étrangement elle voit la nuit, mais presque plus rien le jour. Une flopée de personnages, travailleurs sociaux, marginaux, bourgeois pas très nets, truands et gosses délurés…

Bref, je ne vais pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette histoire que j’ai beaucoup aimée pour pas mal de raisons, l(a qualité de l’écriture n’étant pas la moindre. Mon rôle de passeuse n’est pas de vous raconter ce livre que sans une minute de répit Valérie nous adresse. J’ai découvert les quartiers marginaux de Bordeaux, que je ne connais absolument pas, on rencontre aussi là Jake, un Québécois qui veut creuser et comprendre une sombre histoire, celle de Bordeaux et de l’exploitation humaine, celle de l’esclavage.
Belle écriture, vive, tendre, mais aussi virulente, et puis l’humour, l’ironie de cette Emma qui pense perdre la vue, qui fulmine en découvrant une sombre histoire familiale. Je ne sais qui lira après moi, je l’enverrai dès que Valérie m’aura donné l’adresse. 

Statue de Modeste Testas, esclave africaine déportée au XVIIIe siècle par deux négociants bordelais et propriétaires de plantations. Située quai des Chartrons, à Bordeaux , cette œuvre du sculpteur haïtien Woodly Caymitte Filipo a été inaugurée en 2019.

Je me suis prêtée à cet « exercice » avec plaisir, et cette belle idée qui fait de moi une passeuse. Bonne lecture à celles et ceux chez qui ce beau roman aura  trouvé des yeux et un coeur pour le lire. 

Merci, ma chère Valérie!

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