Bien étrange livre…Prêté par mon amie Chantal ( il est un peu son livre de chevet, et j’ai tout à fait compris pourquoi…), c’est un livre dont on pourrait dire qu’il est fait » de rien », et pourtant non, évidemment. Je n’ai lu ni la 4ème de couverture, ni la postface, ni rien du tout avant de l’ouvrir. J’ai juste écouté Chantal me dire : « Tu me diras, tu vas voir, il ne se passe rien, mais… ». Vous voyez, ce silence qui en dit long sur le livre, long sur la personne qui vous le conseille…Cette si belle relation qui se noue entre les gens qui lisent et se parlent à travers leurs lectures, quand ils ne savent pas toujours le faire autrement.
Peut-être construisons-nous chacun -ou plutôt en l’occurrence : chacune- ce mur de verre avec ce qui nous exclue ; enfermement, isolement, incompréhension, dépression, religion, contraintes sociales, … il y a tant de murs de verre ! Autant que de lectrices …
En lisant ton texte, j’ai senti ma curiosité éveillée par ce livre, et en même temps, un peu d’appréhension à m’y confronter. Que découvre-t-on de soi entre ces lignes ? …
Plus qu’une découverte, une confirmation…Comme toi, une appréhension avant de lire ce livre en tenant compte de qui me l’a prêté. Mais c’est vraiment un bouquin bien foutu; on croit qu’il ne se passe rien d’autre que ces jours qui passent, à couper du bois, à faire les foins, à soigner Bella, à prévoir l’hiver…mais on est poussé par la curiosité, et par les remarques de la femme, ses pensées, simples, claires, lucides…Et il y a quelque chose de lumineux qui apparaît…Enfin, comme tu dis, il y a autant de lectrices que de murs invisibles ( ou vice-versa )
Eh bien, j’aime les livres comme ça. Ca fait très « nature writing », je pense que je pourrais aimer. Merci pour cette jolie découverte.
C’est vrai, ça a un côté nature writing », mais – est-ce du à la génération à laquelle j’appartiens – j’y ai trouvé bien d’autres choses, sur les femmes, sur la solitude intrinsèque à de nombreux êtres, j’ai aussi pensé à Mary Bee Cuddy, tu vois…C’est un livre où la douleur est présente, physique, morale, mais il y a une grande beauté dans les relations de cette femme avec ses animaux, c’est très émouvant.
J’ai souvent eu cette drôle de réflexion : que mes filles adultes n’étaient pas les mêmes personnes que les fillettes que j’avais tenues dans mes bras. J’en ai même eu quelquefois la nostalgie…et pourtant j’aime ce qu’elles sont devenues.
Oui, c’est quelque chose à quoi une mère peut penser, c’est sûr ! Je suis comme toi ! Je ne sais pas ce que je ressentirais si je n’aimais pas c eque sont devenus mes enfants…De la culpabilité, peut-être…sûrement même, comme souvent les mères.
Encore un que je n’ai pas lu et qui m’intrigue. J’aime l’idée de cette solitude soudaine et absolue.
« C’est un livre qui parle de la réappropriation, toute douloureuse qu’elle soit, de soi-même. »
Cette phrase me donne la chair de poule car en effet est-on vraiment soi-même avec les autres? Surtout pour nous les femmes lorsque nous mettons au monde nos enfants et oublions souvent nos désirs et rêves pour les leurs.
ça, oui, c’est un bon roman! Beaucoup de questions se posent en lisant ce bouquin, que j’ai trouvé non seulement plein de force et de personnalité, mais très intelligent et fin, dans une belle écriture, fluide, paisible et pourtant qui porte le tourment; celui-ci, je te le conseille, oui !
Rebonjour Simone, le roman m’avait beaucoup plu: lu il y a au moins 10 ans. Et le film n’est pas mal non plus. Je le conseille. http://dasola.canalblog.com/archives/2013/03/26/26736079.html Bonne journée.
Eh bien on se retrouve ! j’irai voir ça demain, je vais faire ma tournée des librairies lyonnaises aujourd’hui ! bonne journée !
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Une de mes meilleures lectures de 2014, dans le fond … Un livre que l’on oublie pas
je crois que c’est au fond un livre violent dans ce qu’il dit sur le sentiment de solitude, et sur la résistance. Non, un tel livre ne s’oublie pas…
Quelle écrivaine ! Je l’ai connue grâce au film et j’ai lu le livre ensuite, ce que je n’ai pas du tout regretté ! J’ai enchaîné avec « La mansardé » et « Nous avons tué Stella ». J’ai été touchée par ses histoires et par son écriture !
Oui, et ce livre-ci est devenu le livre de chevet de nombreuses femmes. Pour moi, c’est une métaphore parfaite et terrible de ce qu’est la solitude. Un grand livre.
mais oui, c’est le mur qui est métaphorique, je n’ai jamais rencontré de « mur de verre » qui m’isolerait du reste du monde. C’est bien une métaphore, non ? Il n’y a pas de « vrai » mur, si ? Ce mur, c’est le trouble de cette femme qui le dresse. Sa méfiance et sa peur, enfin, sauf si je suis complètement idiote, je crois que je peux le lire comme ça. C’est ma lecture, on peut bien en faire une autre, sans problème ! 🙂
Je me reconnais pleinement parmi les « lecteurs ont vu dans cette histoire une forme féminine de Robinson, un exemple de survie après un cataclysme [nucléaire] ». On pourrait aussi songer à une sorte de « mise sous observation » depuis l’extérieur, un peu comme dans le roman pour adulescents « Le labyrinthe ». En tout cas, c’est dasola qui m’avait ait découvrir ce roman il y a des années, et j’en ai « mis en circulation » un exemplaire dans le système de prêt de livres existant au sein de mon AMAP, et il a été classé sous le thème « robinsonnade » ou « éco-féminisme ». On pourrait aussi le rapprocher de « Dans la forêt » (de Jean Hegland): roman plus récent (1996 en anglais), qui décrit la « survie » de deux soeurs après la mort de leurs parents…
(s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola
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