« Sœurs d’hier » -Wilfried N’Sondé, Musée des Confluences, éditions Cambourakis

Sœurs d'hier – Wilfried N'Sondé« En une époque où le niveau des mers était inférieur de cent vingt mètres à celui d’aujourd’hui, la dernière glaciation sévissait sur la Terre. Du dioxyde de soufre, de carbone et du sulfure d’hydrogène s’échappèrent des cheminées d’un supervolcan immergé dans l’immense océan de l’hémisphère Sud. »

À la suite de quoi, une onde de choc va se propager, créant des mouvements du relief, des territoires accidentés, et sur l’un d’eux:

« un groupe d’hominidés hauts à peine d’un mètre, nus, possédant les caractéristiques de l’Homme de Florès, une espèce naine d’Homo erectus disparue il y a une trentaine de milliers d’années, fut frappée de plein fouet par la catastrophe. Peu avant le cataclysme, Flora, une jeune femme du clan, avait refusé de prendre part au repas collectif; sa grossesse touchait à son terme et des contractions de plus en plus régulières lui torturaient le bas-ventre. »

C’est avec Flora que commence ce petit livre qui m’a beaucoup émue. Il m’a mise en présence de Flora – Florès -, de Kai – Sapiens-  et de Salia  – Néanderthal – et à livre court, article court, pour ne rien dire qui ne le soit déjà, mais ce fut un étonnant périple avec ces trois sœurs de nous toutes, très touchantes, solidaires, tendres, elles souffrent de leur féminité, mais se réchauffent les unes aux autres par cette même féminité, elles sont trois femmes différentes, physiquement, mais semblables au cœur de leur être.

Dans cette petite collection, dont j’ai lu un certain nombre d’exemplaires, celui-ci restera plus profondément en moi, je crois, pour y avoir croisé ces sœurs d’un autre âge, si lointain qu’on ne parvient qu’à peine à l’imaginer ( si on veut éviter certains clichés nuls du cinéma ou de la littérature, genre grognements et stupidité ), car ces trois femmes, vous le saurez en les accompagnant, sont de vraies héroïnes, intelligentes, sensibles, braves, mes sœurs d’un autre temps.

Un petit bijou.