J’aime, j’aime pas chez les Britanniques

Juste comme ça, pour conclure ce séjour au Pays de Galles, ce que j’ai aimé, qui m’a fait rire, ou fait envie et puis les quelques trucs qui m’ont déplu, énervée, enquiquinée. Bon, il n’y en a pas tant que ça, mais tout de même.

IMG_2090J’ai adoré, dès l’arrivée à l’aéroport John Lennon à Liverpool, les femmes qui sortent au supermarché avec d’énormes lunettes noires et d’aussi énormes bigoudis sur la tête, sans complexe ! Les cheveux multicolores, les piercings et tatouages, les chaussures à plateforme hautes comme la tour Montparnasse, la totale indifférence des gens à l’apparence. Un vrai bonheur – bon , je vis à la campagne où le moindre clou dans la narine fait se retourner, mais à part à Paris, et quelques grandes villes, ici c’est encore difficile de se vêtir comme on veut…Là-bas, c’est partout et c’est bien!

SAM_4703 IMG_1989 J’ai aimé les boutiques, très jolies, y compris les alimentations. J’ai aimé que les produits soient moins chers et meilleurs dans les petits commerces des villages que dans le supermarché de la ville (d’où on ressort avec la nausée après des rayons de pain de mie, autant de chips et encore de sauces à perte de vue). J’ai aimé avant tout les paysages de ce pays, son côté entretenu et en même temps sauvage, les près si verts, pointillés de moutons blancs, noirs, mouchetés, les landes mauves de bruyère et les vastes forêts aux essences variées, avec des spécimens si vieux, si beaux de chênes ! Toutes les rivières qui dévalent en cascades ou s’étirent, vives et bruissantes entre les berges, sous les frênes et les charmes. J’ai adoré le don de ces gens pour les fleurs et les jardins, don qui ne va pas sans amour, et me suis extasiée devant des ifs vieux de 1000 ans, impressionnants.

  J’ai aimé la liberté  laissée au marcheur de traverser les pâturages parmi de paisibles moutons, avec des passages adaptés, sans craindre de se faire lâcher les chiens aux trousses comme ça arrive parfois ici et dans une relation confiante. J’ai aimé, là où nous étions, l’élevage comme seule activité agricole et donc la presque totale absence de tracteurs et autres engins bruyants, sans parler de l’absence de pollution (on le sent en respirant). J’ai aimé, toujours dans les villages, la serviabilité des gens, leur gentillesse et leur courtoisie (même si le gros beauf existe aussi, hein, celui-ci est assez universel, vous serez d’accord avec moi, non ? ). J’ai aimé les beaux bœufs noirs gallois, l’herbe d’un vert aveuglant. J’ai aimé les moutons sur la lande et sur la route, qui regardent tes pneus en mâchouillant et qui royalement se lèvent et vont voir ailleurs si l’herbe est meilleure.

Defaid, Brenin Cymru

Defaid, Brenin Cymru

On a aimé aussi deux petits restaurants, les deux tenus par des jeunes filles dynamiques et souriantes, qui ont servi des plats frais, sains, et pas trop chers. Des hamburgers avec de la viande locale, sans sauce (servie à côté), avec plein de légumes et des graines germées autour ( pas du M…o, quoi ) ou du poisson frais et bien cuisiné. Et de très bons desserts. Je ne vous parle même pas du repas pris le dernier soir dans le Shropshire, à l’hôtel, digne des meilleurs chefs, un vrai bonheur pour les papilles. Et évidemment, on a aimé et dégusté la bière galloise !

Passons à ce que je n’ai pas aimé, hum hum ! Je n’ai pas aimé du tout, mais alors pas du tout la petite pimbêche qui nous a reçus pour louer notre voiture. Un emplâtre de fond de teint mal posé sur son visage fermé, pianotant sur son ordinateur et sans réponse à notre bonjour, alors que nous étions à deux pas d’elle. Quand elle a daigné nous voir ( « What ? ») on n’a pas compris un mot de ce qu’elle nous a dit (ou presque, mais l’accent de Liverpool est croquignole, on dirait qu’ils ont un énorme chewing- gum dans la bouche et qu’ils vont s’étouffer avec ), elle a rétorqué à ma stupide question « Do you speak a little french? » ( ben oui, stupide !) « Not at all » d’un ton péremptoire. Après l’avion qui avait eu plus d’une heure de retard, ça ne nous a pas arrangé les nerfs !

Pays-de-Galles-1Mon mari n’a pas aimé le volant à droite, la conduite à gauche, la priorité à droite sur les rond-points, mais on s’y habitue. Les routes étroites de campagne, jusque là, d’accord, très jolies les routes, mais sans bas-côté, des haies très hautes à ras le bitume, un relief de colline ( très joli aussi d’ailleurs ) mais sur lequel on n’a aucune visibilité, et des croisements… chauds chauds chauds ! On s’est fait quelques frayeurs ! Et on a compté les cadavres de blaireaux et d’écureuils. On n’a pas aimé du tout l’absence de parkings gratuits – sauf quelques rares et bienveillantes exceptions comme le village de Llanrwst, vraiment agréable – et en tous cas le plus souvent des tarifs prohibitifs, qui font hurler la population locale. Ou alors stationnement gratuit une heure, après il faut changer de place et comme de place, il n’y en a pas, il faut s’en aller ! Les parcmètres ne prennent pas la carte bancaire et en plus ne rendent pas la monnaie, youpi ! Prévoir des tas de pièces ! Tout ça s’apparente à du racket, c’est plus simple à prélever que l’impôt, et c’est quotidien (ça c’est pour ceux qui trouvent chouette que chez les Britishs, il y a moins d’impôts ); du coup les grands parkings sont vides!

IMG_2009 Dans les lieux où l’on vient pour voir un château  (c’est surtout ça qu’on visite au Pays de Galles, de beaux châteaux forts ), on fait sa visite en regardant sa montre, parce que là-bas ça ne rigole pas, le contractuel est présent absolument partout, sans parler des caméras, alors aussitôt terminé, on se sauve au lieu d’aller boire une pinte ou un mug of tea en mangeant des muffins ( bon, toujours ça de gagné sur les hanches !

muffin-774875_1280Voyons le bon côté des choses, n’est-ce pas ? Il y a toujours la solution de se garer le long des rues ou des routes, comme tous le font, s’il n’y a pas de lignes jaunes qui l’interdisent. Ce qui donne des traversées de villages bien acrobatiques aussi. Et je vous jure que ce n’est pas juste la française réputée bougonne qui le dit, la population en a assez.

Autre chose que nous n’avons pas aimé, c’est que si on fait une visite guidée, eh bien vu notre niveau d’anglais et le débit du guide, on comprend un mot sur…5 disons ! Parce qu’il n’y a pas d’audio-guide en plusieurs langues, aucune, tout en anglais et gallois. On a pu lire avant les documents imprimés dans ces deux langues, pour avoir une idée de ce qu’on allait voir; la lecture, ça va, mais suivre un discours ou une conversation, difficile. On nous l’a bien fait comprendre, l’anglais est international, point-barre et puis c’est tout, t’as qu’à naître du bon côté de la Manche ou de l’Atlantique ou avoir pratiqué la langue non-stop depuis que tu as quitté le lycée. Ce qui n’est hélas pas notre cas. Et c’est nulle part, ni à l’aéroport, ni dans les offices du tourisme (et en plus, au Pays de Galles, ils n’aiment pas l’anglais, sont obligés de le parler pour les touristes, majoritairement anglais, alors ils y mettent pas mal de mauvaise volonté ).

SAM_4472Bon, on a écouté la télé en gallois parce que c’est joli, et en anglais pour se mettre ça dans l’oreille; on s’en est sortis, et sommes arrivés à communiquer avec d’aimables personnes qui faisaient l’effort de décoder notre anglais boîteux ! Bon souvenir d’une dame qui tenait le salon de thé à la boutique de la filature de laine de Trewill, elle nous a indiqué un joli sentier pour rejoindre notre point de départ.

Enfin dernier point négatif, la livre sterling damned ! Mince alors, pas d’euros ! Chère, la livre, et tout est très cher au Royaume-Uni, tout. Et pas d’euros ça veut dire frais de change et commissions bancaires (chères aussi, la vache de banquier!). Ensuite : jamais, je dis bien jamais je n’ai vu autant de personnes en si peu de temps avec les dents cassées, noires, manquantes; et vous savez pourquoi, non? Parce que c’est chouette de payer moins d’impôts, mais après, il faut les payer tout seul, avec tes petites économies, tes dents neuves, sans un penny d’aide…Sauf que pour faire des économies…pas facile ! Et puis aussi le guichet de la poste, coincé au fond de l’épicerie, entre le loto, la vente de bière et les chips. Ça, ça ne m’a pas plu.

IMG_1877Comme on avait décidé que c’était les vacances et que tout ça ( sauf les dents ) il fallait en rire, le bilan est qu’on a beaucoup aimé ce vert Pays de Galles, tout de même bien empli de velléités indépendantistes que nous avons bien ressenties. Nous avons aimé y traîner nos guêtres, béer devant la beauté des paysages, rêvasser au bord de la rivière et de l’océan, près des dunes de Harlech. Et boire une pinte à notre santé. On a imaginé la joie dans le pub de Penmachno quand les Anglais ont été éliminés de la coupe du Monde de rugby ! 

Joli voyage, dépaysant et bénéfique pour le moral.

ôl o Gymru, bore da !

moutonsAh ah ! Intrigant, non ? De retour de 8 jours au Pays de Galles, comme promis quelques photos et quelques mots, avant les chroniques des deux bons livres que j’ai lus durant ces vacances. Nous avons séjourné au nord du Pays de Galles, au pied du massif du Mont Snowdon (Yr Wyddfa) , point culminant à 1085 m je crois. Séjour de marches dans ce pays où le mouton est roi, pays des trains aussi ( transports en commun très développés ), de la bonne bière, des paysages qu’on ne se lasse pas de contempler, des arbres plusieurs fois centenaires, chênes, charmes, hêtres et ifs ( comme j’adore les arbres, j’ai été comblée ! ) et puis le temps nous a été clément et doux. Dans ce comté de Conwy, la population parle au quotidien le gallois à plus de 85 %, enfants compris; tout est bilingue, mais le gallois est la langue pratiquée. Et autant vous dire que ça n’a pas grand chose à voir avec l’anglais…Ni rien de ce que nous connaissons car les lettres ne se prononcent pas comme les nôtres, et même une même lettre se prononce de diverses façons, bref, très très exotique .

 

Une semaine dans le minuscule et charmant cottage Ty Crwn à Penmachno, puis une nuit dans une auberge superbe, en rase campagne dans le Shropshire ( à la limite de l’Angleterre ), The Hand of Llarnarmon, hantée, par plusieurs fantômes. Moi, je n’ai rien entendu dans mon lit de 2 mètres de large au matelas épais et moelleux, après un repas exceptionnel, qui fait mentir tout ce qu’on peut entendre sur la cuisine anglaise , ambiance très chaleureuse, tablée de convives joyeusement émoussés par le bon vin et la bière galloise, délicieuse.

Dans un prochain article, je vous dirai ce que nous avons aimé, mais aussi ce qui nous a déplu. En attendant, quelques photos.

Hwyl fawr a gweld chi cyn bo hir!

Pour celles et ceux qui n’arrivent pas à charger le diaporama…et les autres, voici un lien vers un album, plus de photos ( et je m’excuse pour la piètre qualité de ces photos, mon appareil est mourant )

https://goo.gl/photos/4YFpo6moSE9M9mtf9

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