Pour ma fille, et les premières neiges à Montréal

Ma fille m’a annoncé les premiers flocons sur Montréal, elle les attendait avec impatience…Ici, pas encore, mais je pense à elle. Alors, un poème et une chanson québécoise, pour elle.

 

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Il a neigé

Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
Le toit, les ornements de fer et la margelle
Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc
Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
Le grésil a figé la nature, et les branches
Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.
Mais regardez. Voici le coucher de soleil.
À l’occident plus clair court un sillon vermeil,
Sa soudaine lueur féérique nous arrose,
Et les arbres d’hiver semblent de corail rose.

François Coppée

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Soleil d’hiver

Promenade , dimanche, à Avenas…Enfin la lumière et un peu de chaleur ! La chansonnette des ruisseaux nourris de la neige qui fond, les oiseaux soûls de soleil qui gonflent leur plumage en pépiant, la blancheur, le bleu du ciel et le vert des prés gorgés d’eau :  mieux que des vitamines !

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« Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d’un jour d’hiver ? »

Henri David THOREAU


Février…

Common_Blackbird_by_Marco_Hebing_mFévrier (Le merle)

 

Un oiseau siffle dans les branches

Et sautille, gai, plein d’espoir,

Sur les herbes, de givre blanches,

En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,

Ignorant du calendrier,

Qui rêve soleil, et module

L’hymne d’avril en février.

Lustrant son aile qu’il essuie,

L’oiseau persiste en sa chanson ;

Malgré neige, brouillard et pluie,

Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse

De rester au lit si longtemps ;

Et, gourmandant la fleur frileuse,

Met en demeure le printemps.

A la nature il se confie,

Car son instinct pressent la loi.

Qui rit de ta philosophie,

Beau merle, est moins sage que toi !

 

 Théophile Gauthier

crocus neige

 winter

Février

Aux pans du ciel l’hiver drape un nouveau décor ;

Au firmament l’azur de tons roses s’allume ;

Sur nos trottoirs un vent plus doux enfle la plume

Des petits moineaux gris qu’on y retrouve encor.

 

Maint coup sec retentit dans la forêt qui dort ;

Et, dans les ravins creux qui s’emplissent de brume,

Aux franges du brouillard malsain qui nous enrhume

L’Orient plus vermeil met une épingle d’or.

 

Folâtre, et secouant sa clochette argentine,

Le bruyant Carnaval fait sonner sa bottine

Sur le plancher rustique ou le tapis soyeux ;

 

Le spleen chassé s’en va chercher d’autres victimes ;

La gaîté vient s’asseoir à nos cercles intimes…

C’est le mois le plus court : passons-le plus joyeux

 

Louis-Honoré Fréchette

Courage ! Bientôt le printemps !

fleurs neige

 » Hiver vous n’êtes qu’un vilain… »

 » Dans le silence de l’hiver, je veux revoir ce lac étrange

Entre le cristal et le verre, où viennent se poser des anges. »

(« Je reviendrai à Montréal » Robert Charlebois- paroles Daniel Thibon )

               

 

Hiver 1788

« L’hyver a été très rigoureux. Le froid a commencé le 20 novembre 1788 et a tous les jours augmenté jusqu’au 13 janvier, à l’exception du jour de Noël que l’on crut être arrivé au dégel, et de deux autres jours où il tomba de la neige. Le vent du nord qui domina pendant tout le temps à la suite des brouillards qui avoient tenu pendant 15 jours au moins et qui avoient occasionné une épidémie connue sous le nom de Brienne, ne permettoit presque aucune communication d’une paroisse à une autre. Les chemins remplis de glace étoient impraticables et causèrent beaucoup d’accidents. La farine devint si rare même dans les villes, que le dimanche 4 janvier, M. le lieutenant général de Villefranche et M. le procureur du Roi firent perquisition dans les maisons de Saint-Georges et firent enlever, au profit de leur ville, 14 sacs de farine qu’ils payèrent et qui n’étoient pas absolument nécessaires aux propriétaires. M. Rey, lieutenant général de police de Lyon, fit des prodiges en procurant du pain à cette ville et 800 bennes de charbon de terre qui arrivaient tous les jours. Le Rhône et la Saône gelèrent dans le courant de décembre et les glaces ne partirent que le 17 janvier depuis midy et demi jusqu’à 4 heures, ce qui fut répété au départ des glaces de Mâcon le 18, 19 et 20. Le pont de Sereins fut entièrement emporté, ainsi que tous les moulins qui étoient sur le Rhône, à l’exception de deux et plusieurs plattes, malgré toutes les précautions. On n’a pas idée du ravage que le dégel occasionna et cet hiver a surpassé celui de 1709. Il y eu beaucoup de malades et de morts. » (Registres paroissiaux de Charentay)

 

« La fin de l’année 1788 a été remarquable par un froid continuel et très rigoureux, depuis le 10e novembre ; la Saône et le Rhône ont été gelés ; les arbres dans la montagne ont été très endommagés par du verglas dont la pesanteur a cassé des branches qui avoient plus de six pouces de diamètre. Le thermomètre est descendu le 31 décembre à 16 degrés 1/3 au- dessous de la glace, étant exposé au nord dans la maison de La Chaux de cette paroisse. Le blé vaut 7 francs ; il est défendu de sortir du bois, du charbon et de la farine de la ville de Lyon parce que les deux rivières qui l’approvisionnent n’ont pu fournir ni dans l’automne par défault d’eau ni dans l’hyver par rapports aux glaces. Les moulins d’eau ne peuvent moudre, de sorte que les pauvres ouvriers de Lyon auxquels le travail  manque encore sont dans la dernière misère. Ce jourd’hui 7 janvier 1789 le thermomètre est encore à 12 degrés au- dessous de la glace. De mémoire d’homme on ne se rappelle d’avoir eu un hyver aussi constamment rigoureux. C’est peut-être parce que l’hyver précédent a été des plus doux et des plus courts. » (Registres paroissiaux de Lentilly)

http://meteolyonnaise.pagesperso-orange.fr/lyon/dec1788.htm