« Caledonian Road » – Andrew O’Hagan – traduit par Céline Schweller ( anglais- Ecosse ), éditions Métailié

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« Picadilly

Grand et vif, Campbell Flynn était à cinquante-deux ans une poudrière dans un costume taillé sur mesure dans Savile Row, un homme qui croyait à son enfance si loin derrière lui que toutes ses menaces s’étaient évanouies. Il avait des secrets et des problèmes, pourtant par la fenêtre du taxi la cathédrale St Paul brillait dans Ludgate Hill et les anges de Londres étaient de son côté. En arrivant dans Shaftesbury Avenue, il huma son propre parfum, les discrètes fragrances de pêche de Mitsouko, et leva les yeux vers les immeubles. »

C’est ainsi que commence ce roman fleuve, que j’ai refermé ce matin dans une angoisse difficile à maîtriser. 647 pages brillantes et tellement en phase avec l’ambiance des jours que nous vivons, que de nombreuses personnes à travers le monde vivent en ce moment…En silence parfois ou avec fracas, à grands coups de discours angoissants pour qui les écoute, à grands coups de mensonges aussi de temps en temps. 

Bref, ce roman est magistral du début à la fin, par les sujets traités, par leur actualité, par le talent d’écrivain ici déployé. Pour moi, c’est un terrible réquisitoire sur une société hypocrite, lâche souvent, aveugle et sourde. Des snobs qui se la jouent bienveillance et empathie, dans la meilleure foi qui soit, je parle ici des érudits, des gens aisés, des gens connus dans leur société, des gens pleins de belles idées…alors que bienveillance et empathie chez eux restent souvent des abstractions et ne leur vont pas si bien. Tout ici frise la comédie, la supercherie, on regarde ailleurs et tout va bien. 

Mais j’ai fini ce matin ma lecture dans un état désastreux : désarroi, incompréhension, peur, chagrin aussi, et en me disant que je ne saurai pas mettre en mot, clairement, tout ça, ou plutôt que psychologiquement je n’y arriverai pas. Parfois, dans nos vies, on a des temps morts, des temps fragiles; cette lecture m’a envahi le cerveau de façon immodérée. 

Bon. Mais ce livre est sans doute un des plus grands de 2025. Il faut en parler.

En étant incapable, j’ai demandé à ma camarade blogueuse Flore Delain qu’elle m’autorise à partager ce qu’elle en a dit et bien dit, de façon développée, comme elle sait le faire. Vous verrez en lisant Flore ce que je dis en résumé. 

Vous trouverez de nombreux articles sur ce livre époustouflant, avec des points de vue différents. Moi, j’y ai vu un reflet sidérant du monde actuel, et ça m’a terrifiée. Eh bien oui, c’est un fait.

Parce qu’il faut parler de ce livre magistral, il le faut par les temps qui courent. Je vous remercie de votre compréhension, et ce sera l’occasion de faire connaissance avec Flore, si ce n’est déjà fait. Pour la lire, suivez ce lien:

Caledonian Road de Andrew O’Hagan

A bientôt et merci Flore.

5 réflexions sur « « Caledonian Road » – Andrew O’Hagan – traduit par Céline Schweller ( anglais- Ecosse ), éditions Métailié »

  1. Mais ta réaction à l’issue de ta lecture suffit à dire la force de ce roman… pas besoin d’en dire plus ! J’ai lu Les éphémères, de cet auteur, dont la thématique est a priori très différente de celui-ci, que j’ai beaucoup aimé.

    • je n’avais jamais lu cet auteur. Ce roman est un sacré livre, mais qui m’a beaucoup affectée. C’est personnel, on ne réagit qu’avec qui nous sommes, ce que nous sommes et comment nous sommes. Je le conseille donc vivement si on a l’esprit serein.

  2. Vos deux billets sont plus que convaincants ! Merci de m’avoir poussée à noter ce roman (je sens que je ne le regretterai pas) et de m’avoir fait découvrir le blog de Flore 😊.

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