« Le village aux Huit Tombes  » de Seishi Yokomizo – Folio Policier, traduit par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura

product_9782070456512_195x320Eh bien , eh bien ! Après le « Cool » décoiffant, rock’n roll et hors des clous de Don Winslow, voici une lecture bien sage de cet auteur japonais, mort en 1981,vénéré au Japon ( un musée lui est même consacré ).

« Le village aux Huit tombes » met en scène le détective Kôsuke Kindaichi, qui va enquêter sur des meurtres multiples, dans un petit village de montagne. Mais le narrateur et personnage qu’on suit tout au long du récit est Tatsuya, qui après avoir eu des révélations sur ses origines, revient au village. Il se verra vite accusé des meurtres et pourchassé par la haine des villageois. Ajoutez une légende sanglante qui dit qu’un trésor caché par des god-164166_1280samouraïs au XVIème siècle est caché quelque part, des conflits et des secrets familiaux, un mystérieux labyrinthe souterrain et vous avez à peu de choses près la trame de ce petit roman avec lequel je me suis un peu ennuyée. Il a cependant quelques atouts, comme ce qu’on y voit de la vie japonaise à cette époque (années 40, 50) dans les villages de montagne, les résidus de superstitions, les mentalités . Je ne suis pas familière de la culture japonaise (sauf un peu le cinéma), donc c’est bien là que j’ai trouvé le principal intérêt du livre, mais c’est un pays qui me reste assez étranger.

 

asian-240911_1280On peut lui trouver aussi un charme désuet, avec ce langage policé qui nous parait un peu artificiel, comme les poses et les attitudes des jeunes femmes du livre, légèrement outrées dans la confusion, le regard énamouré, les larmes les mains jointes, vous voyez ce que je veux dire ? Un côté démodé, et donc ce côté vieillot qui  ne m’emballe pas plus que ça. Je préfère le survoltage des personnages de Don Winslow, la dépression de Wallander, l’humour mélancolique de Walt Longmire devant les grands espaces du Wyoming ou bien encore Ed Cercueuil et Fossoyeur Jones à Harlem…ça manque de verve, tout est trop bien rangé, quoi ! 

Ceci dit, c’est un avis personnel, ça se lit sans déplaisir, mais sans grande avidité non plus. Seulement trois titres de Seishi Yokomizo ont été traduit en français.